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Le dépôt de bilan de Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, assombrit considérablement l'avenir du nucléaire aux ...

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2017/03/3009:05
La Bourse de Paris stable dans un marché calme

La Bourse de Paris était stable jeudi matin (+0,06%), le marché restant à des niveaux élevés, peu perturbé par le lancement officiel du Brexit mercredi.

A 09H21 (07H21 GMT), le CAC 40 grignotait 3,21 points à 5.072,25 points, continuant de progresser sur ses plus hauts depuis août 2015. La veille, l'indice avait fini en hausse de 0,45%.

Les investisseurs restent essentiellement tournés vers les Etats-Unis, dans l'attente d'éclaircissements sur les futures mesures de l'administration Trump, qui a échoué la semaine dernière à faire passer sa réforme de la loi sur la santé +Obamacare+.

"Force est de constater que le momentum haussier est toujours bien présent, ce qui a notamment évité aux marchés américains de perdre pied hier soir malgré l'incertitude des investisseurs quant à la capacité de Donald Trump de mettre en place ses réformes", ont estimé dans une note les experts de Mirabaud Securities Genève.

Par ailleurs, la question de la vitesse du resserrement monétaire aux Etats-Unis revenait sur le devant de la scène. Mercredi, Eric Rosengren, un membre de la Réserve fédérale américaine connu jusqu'ici pour ses positions ultra-accommodantes, a en effet estimé que la Fed devrait relever les taux quatre fois en tout cette année, un rythme plus rapide que celui prévu par l'ensemble des participants au Comité monétaire.

- Inflation -

Le Brexit, officiellement lancé mercredi, ouvrant ainsi la voie aux négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, semblait en revanche peu peser sur le moral des investisseurs.

"Tout ceux qui s'attendaient à un feu d'artifice pour le déclenchement de l'article 50, hier, ont dû être plutôt déçus par les événements", a ainsi commenté Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

Du côté des indicateurs, la publication de la confiance économique en zone euro en mars est à l'agenda.

En Espagne, l'inflation a connu un net recul en mars, les prix à la consommation progressant de 2,1% sur un an. L'inflation en Allemagne sur la même période est également attendue.

Les Etats-Unis publieront de leur côté la troisième estimation du PIB au quatrième trimestre, ainsi que les demandes hebdomadaires d'allocation chômage.

Sur le front des valeurs, Airbus grignotait 0,07% à 71,67 euros. L'Indonésie a signé une lettre d'intention avec le constructeur aéronautique en vue de l'acquisition d'avions de transport militaire A400M. Par ailleurs, les pays partenaires de ce programme se réunissent ce jeudi à Madrid avec Airbus pour évoquer les difficultés de l'avion.

Soitec gagnait 1,73% à 40,64 euros. Le fabricant français de matériaux semi-conducteurs et Silicon Genesis Corporation (SiGen) sont parvenus à mettre un terme au litige les opposant concernant l'importation et la vente aux Etats-Unis de certaines plaques de silicium sur isolant (SOI) par Soitec, a communiqué Soitec mercredi.

Veolia s'appréciait (+1,50% à 17,30 euros), poussé par un relèvement de recommandation à "surperformer" contre "neutre" auparavant par Exane.

Comme la veille, Neopost continuait d'être dopé (+3,59% à 35,45 euros) par ses résultats supérieurs aux attentes.

Areva reculait (-0,52% à 4,42 euros), après avoir bouclé la cession d'une filiale de propulsion nucléaire, Areva TA.

TF1 était mal orienté (-2,46% à 11,08%), souffrant de l'abaissement de sa recommandation par Natixis à "neutre" contre "acheter" précédemment.

Le Noble Age était soutenu (+1,54% à 42,90 euros) par le doublement de son bénéfice net en 2016, notamment porté par les ouvertures de lits.

Séché environnement prenait 2,27% à 26,99 euros. Le groupe a annoncé l'acquisition auprès du groupe Befesa de deux sociétés spécialisées dans les déchets dangereux des secteurs des mines et de l'énergie en Amérique Latine, confirmant sa stratégie d'expansion à l'international.

SFR cédait 0,21% à 29 euros. Le nombre de plaintes de consommateurs des télécoms a bondi de 50% en 2016, selon l'Association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) qui désigne pour la deuxième année consécutive l'opérateur SFR comme le mauvais élève.

AB Science s'envolait (+8,10% à 17,81). La société pharmaceutique a annoncé mercredi le succès de l'analyse de non-futilité à deux ans de son étude du masitinib dans les formes primaires et secondaires de sclérose en plaques progressive.

Stallergenes Greer gagnait 2,33% à 32 euros, sans sembler être pénalisé par une perte nette sévère de 60,5 millions d'euros en 2016, victime des déboires de son usine d'Antony, dont la production avait dû être suspendue plusieurs mois durant.

Naturex baissait de 0,47% à 83,85 euros. Le groupe d'ingrédients naturels d'origine végétale a publié un bénéfice net annuel de 17,9 millions d'euros, contre à peine 0,6 million en 2015.

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    2017/03/3008:56
    Le marché du cannabis en pleine croissance aux Etats-Unis

    A peine a-t-on ouvert la porte du dispensaire de cannabis médical de Brett Vapnik à Los Angeles que l'odeur entêtante de la petite feuille étoilée vous accueille.

    A l'intérieur, on passe devant les plantations maisons de Vapnik, copropriétaire, avant d'entrer dans la boutique à la propreté clinique où sont exposés des jarres de fleurs de cannabis, des pipes et accessoires, du chocolat ou des biscuits au cannabis pour ceux qui ne fument pas, et des cosmétiques.

    Pour acheter, il faut montrer une pièce d'identité et un permis délivré par un docteur spécialement habilité à certifier que le "patient" a des raisons médicales (douleurs, anxiété, insomnies, etc) de consommer.

    Le cannabis aux Etats-Unis

    Le va-et-vient n'arrête pas dans le dispensaire, fréquenté chaque jour par près de deux cents personnes de tous âges, et dont le chiffre d'affaires annuel avoisine 4 millions de dollars.

    Brett Vapnik compte sur un triplement de ses ventes à partir de l'an prochain grâce à la légalisation de la marijuana à usage récréatif, votée en novembre et qui va encore dynamiser ce marché en pleine expansion.

    Seule ombre au tableau: les incertitudes générées par l'élection du président républicain Donald Trump.

    Près de 60% de la population américaine vit à présent dans un Etat où la vente et la consommation de marijuana a été au moins partiellement légalisée: 29 Etats plus la capitale fédérale Washington DC. Le gouvernement fédéral, toutefois, ne considère toujours pas l'herbe euphorisante comme une substance licite.

    "Selon eux, je suis un trafiquant de drogue", s'offusque M. Vapnik, interrogé par l'AFP.

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    Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a notamment affirmé ces derniers jours qu'il "y a des lois fédérales qui doivent s'appliquer quand on parle de la marijuana récréative".

    A-t-il laissé entendre que le gouvernement fédéral allait lutter contre la légalisation au niveau local ?

    "Difficile à dire", répond Brett Vapnik, 44 ans, qui juge toutefois peu probable que l'agence de lutte contre les stupéfiants (DEA) se lance dans des opérations contre les centres de prescription et vente comme le sien car le Congrès a interdit des actions des forces de l'ordre dans les Etats où la marijuana a été légalisée.

    - Asphyxie -

    Il craint plutôt que l'administration Trump ne tente de les asphyxier en augmentant encore les impôts sur les bénéfices, qui atteignent déjà jusqu'à 70% sur les activités liées aux "ventes illégales de drogues". Une contorsion fiscale, et légale, du gouvernement qui fait lever les yeux au ciel les entrepreneurs du secteur.

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    "Ils sont bien contents de nous taxer à un taux plus élevé que toute autre activité, donc techniquement le gouvernement fédéral est notre partenaire dans le commerce de la drogue", argumente M. Vapnik.

    M. Trump s'était déclaré pendant sa campagne favorable à la marijuana à usage thérapeutique et respectueux des lois locales mais des membres de son cabinet, dont le très conservateur ministre de la Justice Jeff Sessions, sont en guerre ouverte contre la petite feuille étoilée.

    Troy Dayton, cofondateur et directeur du cabinet d'études spécialisé dans le marché du cannabis Arcview, se veut cependant optimiste: il anticipe d'ici 2021 un triplement du marché, qu'il évalue pour l'instant à 6,9 milliards de dollars.

    "A court terme, le pronostic est incertain mais, à long terme, ça n'a jamais été meilleur", résume-t-il, ajoutant qu'il est "raisonnable de penser que d'ici 2021 le Congrès aura levé l'interdiction fédérale" au vu des emplois et des impôts qui peuvent être générés.

    Il remarque que dans les Etats pionniers de la légalisation comme le Colorado, l'Oregon, et l'Etat de Washington, l'impact a été "très positif".

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    Il insiste que 60% des Américains soutiennent la légalisation et qu'il "va devenir de plus en plus difficile pour tout politicien, démocrate ou républicain, de soutenir la prohibition d'une substance plus sure que l'alcool", insiste M. Dayton.

    Avant l'entrée en vigueur de la légalisation l'an prochain, certains font déjà la fête en Californie, comme dans ce club de consommateurs de cannabis VIP. Ses membres paient jusqu'à 1.000 dollars par mois pour avoir accès à des soirées où fumer des "joints" top-qualité et recevoir des boîtes de produits luxueux à base de cannabis, notamment des boules effervescentes pour le bain ou des lotions.

    "Maintenant que nous pouvons sortir du placard vert (...) nous voulons éduquer les gens et leur montrer comment passer du bon temps" avec la petite plante controversée, explique la créatrice du club, "Mama" Sailene Ossman.

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    2017/03/3008:51
    L'UE et Londres en ordre de bataille pour négocier le Brexit

    En déclenchant le Brexit, le Royaume-Uni a dévoilé en partie son plan de bataille. Mais les deux années de négociations à venir avec l'UE s'annoncent très difficiles tant les priorités des uns et des autres sont éloignées, selon des analystes.

    La Première ministre britannique Theresa May a fait savoir mercredi, dans une lettre de six pages remise au président du Conseil européen Donald Tusk, que son pays déclenchait la procédure prévue par le Traité de Lisbonne pour quitter l'Union, conformément au résultat du référendum du 23 juin 2016.

    "Nous voulons rester des partenaires engagés et des alliés pour nos amis de tout le continent", a voulu rassurer Mme May.

    Mais elle a aussi pris le contrepied de l'UE à 27 en insistant dans sa missive sur la nécessité de mener en parallèle les discussions sur les modalités du retrait et celles sur le "partenariat étroit et spécial" qu'elle souhaite arracher pour la suite.

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    "C'est un vœu pieux", estime Janis Emmanouilidis, analyste à l'European Policy Center (EPC) à Bruxelles. "Ce qu'elle demande là est tout bonnement impossible".

    Comment, en effet, négocier avec le Royaume-Uni, qui restera membre à part entière de l'UE jusqu'au 29 mars 2019, un accord commercial et de coopération en matière sécuritaire comme s'il était déjà un pays tiers?

    Cet accord sans précédent devra être approuvé par l'ensemble des 27 Etats membres, et ratifié par leurs parlements nationaux et certaines assemblées régionales, soit près de 40 feux verts à obtenir, ce qui pourrait prendre des années, rappelle l'analyste.

    Angela Merkel a en tout cas immédiatement rejeté cette perspective. "Il va falloir d'abord clarifier dans les négociations comment délier les étroites imbrications" de l'UE et du Royaume-Uni, a dit la chancelière allemande, "et seulement une fois cette question clarifiée nous pourrons ensuite, (...) si possible assez vite, parler de notre relation future".

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    Les Européens veulent régler auparavant trois sujets "prioritaires": la facture à solder par Londres, les futurs droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques dans l'UE, ainsi que la question de la frontière nord-irlandaise.

    La missive de Mme May passe d'ailleurs complètement sous silence la question du "reste à liquider", la facture que le Royaume-Uni devra solder pour quitter l'UE, estimée autour de 55 à 60 milliards d'euros par la Commission.

    "C'est probablement un choix tactique", estime Vivien Pertusot, chercheur associé à l'Institut français de relations internationales (Ifri). Ce "sera un sujet extrêmement litigieux", y compris au sein du Parti conservateur de Mme May, abonde M. Emmanouilidis.

    - 'Trop tôt' -

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    Le négociateur en chef de l'UE, le Français Michel Barnier, a expliqué la semaine dernière qu'il était "trop tôt" pour négocier un "nouveau partenariat", tout en se montrant ouvert pour en "esquisser les contours" et élaborer des "arrangements transitoires".

    Pour Vivien Pertusot, Mme May semble surtout vouloir "ne pas perdre de temps" alors que l'accord de sortie doit être bouclé avant octobre 2018 pour laisser le temps aux capitales et au Parlement européen de le valider.

    Dans sa lettre, Theresa May semble aussi mettre en garde les Européens. Face aux "signaux d'une hausse des instincts protectionnistes dans le monde", comme aux Etats-Unis, et alors que "la sécurité en Europe est plus fragile aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été depuis la fin de la Guerre froide, affaiblir notre coopération pour la prospérité et la protection de nos citoyens serait une erreur coûteuse", écrit la Première ministre conservatrice.

    L'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt n'a guère apprécié, dénonçant une tentative de "marchandage". "La sécurité de tous les citoyens est un sujet bien trop grave pour que l'un soit troqué contre l'autre", a réagi M. Verhofstadt, le référent du Parlement européen pour les négociations du Brexit.

    Mais selon M. Pertusot, ce langage "vif" de Mme May traduit aussi la position de force de Londres, premier budget militaire européen de l'Otan et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. "On a bien compris des deux côtés de la Manche que le Royaume-Uni est un partenaire indispensable dans la lutte contre le terrorisme et pour défendre la place de l'Europe au sens large dans le monde", souligne-t-il.

    Les négociations risquent d'être un "processus exténuant", prévient Jonathan Eyal, du centre de réflexion londonien RUSI. Mais, dit-il, "les Britanniques pourraient s'y montrer plus flexibles que ce que l'on croit et les Européens moins fermes que ce que l'on prédit".

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    2017/03/3008:27
    La Caisse des dépôts: le bénéfice net annuel a bondi de 30%

    La Caisse des dépôts (CDC) a enregistré un bénéfice net en 2016 en hausse de 30% à 1,8 milliard d'euros, un résultat essentiellement tiré par la progression des contributions de ses filiales, selon un communiqué publié jeudi.

    Le résultat récurrent, qui exclut les éléments exceptionnels mais reflète la performance économique du groupe, est ressorti en hausse de 2,7% à 1,6 milliard d'euros.

    Les filiales de la CDC ont largement participé au bond du bénéfice du groupe, leur contribution ayant progressé de 42% à 1,2 milliard d'euros contre 864 millions en 2015.

    CNP Assurances, premier assureur de personnes en France, a apporté 459 millions d'euros, suivi par Bpifrance (317 millions d'euros) et La Poste (225 millions d'euros).

    Poursuivant sa politique de rotation du portefeuille de participations, la CDC a dégagé l'an dernier d'importantes plus-values, la principale ayant été réalisée en septembre dernier lors de la vente d'une partie des actions Veolia Environnement pour un montant total de 456 millions d'euros.

    En revanche, au niveau du Fonds d'épargne, qui gère les encours centralisés du Livret A et du Livret de développement durable (LDD), le bénéfice net a chuté à 621 millions d'euros contre 1,08 milliard en 2015.

    L'an passé, le volume total des nouveaux prêts octroyés a fléchi à 17,3 milliards d'euros contre 21,1 milliards en 2015, pâtissant notamment d'un "environnement économique et financier moins porteur", indique la CDC dans un communiqué.

    Parmi ces prêts, ceux dédiés au logement social et à la politique de la ville ont atteint 14,3 milliards d'euros, "un niveau soutenu quoiqu'en retrait par rapport à trois années successives de records historiques", est-il expliqué.

    Ces crédits ont ainsi permis de financer la construction ou l'acquisition de 109.000 logements sociaux, ainsi que la réhabilitation de 311.000 logements sociaux.

    Les encours de dépôts centralisés sur l'ensemble des produits Livret A, LDD et Livret d'Epargne populaire (LEP) ont atteint 237,1 milliards d'euros, en baisse de 1,2 milliard d'euros.

    La Caisse des dépôts est dirigée par Pierre-René Lemas qui atteindra l'âge légal de la retraite cet été après trois années passées à la tête de l'institution. En théorie, le mandat du directeur général de la CDC dure cinq ans et sa commission de surveillance s'était prononcée l'an passé en faveur de son maintien jusqu'en 2019.

    "Je souhaite continuer jusqu'au terme de mon mandat en 2019", a affirmé M. Lemas sur les ondes de Radio Classique, tout en précisant que le prochain président de la République trancherait la question.

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    2017/03/3008:14
    Brexit: le Lloyd's of London va ouvrir une filiale à Bruxelles

    Le célèbre marché d'assurance du Lloyd's of London a annoncé jeudi qu'il allait ouvrir une filiale à Bruxelles afin de conserver un accès sans entrave au continent face aux incertitudes soulevées par le Brexit.

    "Au vu de la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne, une filiale sera ouverte à Bruxelles", a expliqué le groupe dans un communiqué publié au lendemain de l'ouverture formelle de la procédure du Brexit.

    Il souhaite que ce nouveau bureau puisse fonctionner à partir d'une période située autour du 1er janvier 2019.

    "La société sera en mesure de souscrire des risques provenant de l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne et des 3 Etats membres de l’Espace Economique Européen suite au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Nos clients et partenaires continueront ainsi à avoir accès aux solutions novatrices du marché du Lloyd’s", a souligné le groupe.

    Il n'a pas précisé le nombre d'employés qui seraient concernés mais l'agence Press Association a expliqué qu'une centaine d'employés actuellement basés à Londres seraient transférés dans la capitale belge. Le nombre de salariés sur place pourrait néanmoins augmenter une fois que l'activité sera lancée.

    Le Lloyd's emploie un peu moins d'un millier de personnes, soit beaucoup moins, par exemple, que les grandes banques britanniques qui comptent des dizaines de milliers de salariés. Il s'agit en effet non pas d'un assureur mais d'un marché d’assurance et de réassurance spécialisées, aussi son poids dans le secteur est-il nettement plus important que ce que pourraient laisser croire ses effectifs.

    Le choix de Bruxelles constitue une petite surprise, Dublin et Luxembourg ayant aussi été évoqués ces derniers mois parmi les choix possibles.

    "Bruxelles rassemble les éléments essentiels fournissant un cadre réglementaire solide dans un emplacement central en Europe, et permettra au Lloyd’s de continuer à offrir son expertise de souscription spécialisée à ses clients", a expliqué la directrice générale du Lloyd’s, Inga Beale.

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    2017/03/3008:09
    Brexit: article 50, c'est "l'intention" qui compte

    L'article 50 du Traité de Lisbonne, invoqué par le Royaume-Uni, prévoit une porte de sortie pour un Etat membre qui souhaite quitter le projet européen, mais le caractère irréversible de cette "intention" est discuté.

    "Pas de retour en arrière possible", a lancé mercredi la Première ministre britannique Theresa May, immédiatement après réception par l'UE de sa lettre de notification du déclenchement de l'article 50.

    Cette clause, qui régit depuis 2009 le "mécanisme de retrait volontaire et unilatéral" de l'UE, est assez laconique.

    "Un pays de l'UE qui souhaite se retirer doit informer le Conseil européen de son intention", est-il expliqué au deuxième paragraphe. Un accord doit être conclu sous deux ans entre les deux parties sur les modalités de retrait.

    A Londres, la Cour Suprême britannique part du principe qu'il est "acquis" que la notification est "irrévocable" et "ne peut être conditionnelle".

    L'immuabilité, c'est pour certains la garantie qu'une éventuelle révocation ne sera pas utilisée comme un levier par le Royaume-Uni.

    "Nous ne souhaitons pas que le retrait de la notification puisse être exploité comme stratagème procédurier pour temporiser ou essayer d'obtenir des conditions préférentielles pour une nouvelle adhésion", a prévenu le "M. Brexit" du Parlement européen, Guy Verhofstadt.

    Un rapport de la commission "Affaires constitutionnelles" du Parlement souligne que l'article 50 prévoit au dernier paragraphe la possibilité de revenir.

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    Cette précision "peut être interprétée comme signifiant que les rédacteurs du Traité (de Lisbonne) avaient en tête de répondre à la possibilité qu'un Etat en train de partir change d'avis, et a fourni la seule réponse possible: une nouvelle demande d'adhésion", argumente le rapport.

    Mais cette même étude le reconnaît: il n'y a rien dans l'article 50 qui interdit formellement à un Etat qui s'est lancé dans la procédure de divorce de faire marche arrière.

    - Stratagème -

    La première des six pages de la lettre de la Première ministre britannique Theresa May invoquant l'Article 50 qui déclenche le processus de sortie du Royaume-Uni de l'UE

    Au départ, "l'analyse du service juridique du Conseil a été de dire que l'article 50 est irréversible. Toute l'économie de cet article vise à faciliter la sortie d'un pays", a expliqué à l'AFP un expert européen.

    Mais "il a été admis qu'on pourrait considérer qu'il est réversible dans des cas exceptionnels", a-t-il aussitôt nuancé.

    Le rédacteur de l'article 50, John Kerr --un Britannique, ironie de l'Histoire-- a lui-même soutenu cette hypothèse.

    "Le fait est que l'article 50, qui a vu le jour sous l'intitulé de +retrait volontaire+, n'est pas une procédure d'expulsion", a-t-il expliqué devant la Chambre des Lords lors d'un débat le 21 février.

    "Si, après avoir regardé dans l'abîme, nous devions changer d'avis sur le retrait, nous pourrions certainement le faire et personne à Bruxelles ne pourrait nous en empêcher", a soutenu Lord Kerr.

    Jean-Claude Piris, ex-directeur général des services juridiques du Conseil européen devenu consultant, remarque que l'article 50 évoque "l'intention" d'un Etat membre de partir, et non sa "décision".

    "Si les autorités britanniques disent +je ne veux plus+, on ne peut pas forcer un Etat membre à partir", a-t-il expliqué à l'AFP. "Ma thèse c'est de dire (que dans ce cas) on revient au statu quo".

    La Commission européenne considère que la procédure, une fois lancée, "ne prévoit pas de retrait unilatéral de la notification".

    Tim Barrow, remet la lettre formelle britannique invoquant l'article 50 au président du Conseil de l'Europe, Donald Tusk, le 29 mars 2017 à Bruxelles

    Et le président du Parlement Antonio Tajani a renchéri mercredi: "Si le Royaume-Uni décide maintenant de changer d'avis, il ne pourra pas le faire seul". Les 27 autres membres de l'Union devront alors donner leur accord, selon lui.

    - Une question politique -

    La question sera plus politique que juridique. Pour l'instant, le climat au Royaume-Uni ne laisse pas envisager de volte-face: selon un sondage YouGov réalisé les 26 et 27 mars, 44% des Britanniques interrogés ne regrettent pas l'issue du référendum, contre 43% qui pensent que c'était un mauvais choix.

    "Il est osé de supposer que la situation va rester stable", observe Jolyon Maugham, un avocat qui a lancé une procédure légale en Irlande et espère obtenir l'opinion de la Cour de justice de l'UE (CJUE) sur la révocabilité de l'article 50.

    Selon lui, l'opinion publique pourrait exprimer des remords en voyant la facture du Brexit et ses conséquences sur leur vie quotidienne.

    Tout le monde s'accorde à dire que si une interprétation de l'article 50 devenait nécessaire, la CJUE tranchera. "Alors même que l'une des motivations du retrait britannique est de se soustraire à sa juridiction", constatent des députés français de la Mission d'information sur le Brexit.

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    2017/03/3007:58
    Chine: bouleversement à la tête de Fosun, propriétaire du Club Med

    Fosun, l'un des plus gros groupes privés chinois, a annoncé le départ de son directeur général, alors que la frénésie d'investissements de l'entreprise à l'étranger a suscité des inquiétudes quant à son endettement et des questions sur sa stratégie.

    Liang Xinjun, l'un des trois cofondateurs du conglomérat en 1992, a démissionné de ses fonctions de directeur général, a indiqué le groupe dans un communiqué adressé à la Bourse de Hong Kong. Le document précise que le départ de M. Liang est lié à "des raisons de santé".

    Un autre dirigeant du groupe, Ding Guoqi, a lui aussi démissionné "pour pouvoir accorder davantage de temps à sa famille", selon le texte, qui ajoute que les deux hommes "ont confirmé n'avoir aucun différend avec le Conseil d'administration" du groupe --dont les activités vont de l'immobilier et la pharmacie à la finance et aux loisirs.

    M. Liang est remplacé par Wang Qunbin, autre cofondateur du groupe, qui était jusqu'à présent directeur financier. Le troisième cofondateur de Fosun, Guo Guangchang, qui avait mystérieusement disparu fin 2015 pendant plusieurs afin de coopérer à une enquête des autorités chinoises, conserve son poste de président.

    Fondé par des étudiants de la prestigieuse université shanghaïenne Fudan, Fosun a annoncé depuis 2010 plus de 15 milliards de dollars d'acquisitions à l'étranger. Parmi ses coups d'éclat, le conglomérat avait pris début 2015 le contrôle du Club Med, spécialiste français des clubs de vacances, après deux ans de bataille.

    Il possède des participations dans le voyagiste britannique Thomas Cook, le "Cirque du Soleil" canadien, des assureurs américains et portugais...

    Fosun est également en discussions en France depuis 2016 pour prendre une part du capital de la Compagnie des Alpes, qui gère bon nombre de grands domaines skiables.

    Cette frénésie d'acquisitions a rendu nerveuses les agences de notation, Fosun ayant accumulé des milliards de dollars de dette pour les financer. Au point que M. Liang avait reconnu l'an dernier que le groupe pourrait vendre certains actifs pour se désendetter.

    Dans son rapport annuel publié mardi, le groupe a fait état d'une hausse de 28% de son bénéfice net en 2016 à 10,2 milliards de yuans (1,38 milliard d'euros). Sa dette atteignait au 31 décembre 126 milliards de yuans, en hausse de près de 10% par rapport à fin 2015.

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    2017/03/2923:48
    Brésil: le secteur aéronautique veut sortir de la zone de turbulence

    Rio Janeiro accueille depuis mercredi son premier grand salon aéronautique, une tentative de montrer les capacités du secteur à voler toujours plus haut, alors que le Brésil est plongé dans la pire récession de son histoire.

    "C'est le moment idéal pour organiser ce genre de salon. En ce moment de crise, il faut resserrer les rangs, les gens doivent se rencontrer", explique à l'AFP Paula Faria, directrice du International Brazil Air Show (Ibas), qui se poursuit jusque dimanche, à l'aéroport de Rio de Janeiro.

    Selon l'Institut Brésilien d'Aviation, le secteur n'est pas sorti indemne du marasme économique qui touche le pays depuis deux ans : la flotte d'avions commerciaux a chuté de 727 à 686 en 2016.

    Malgré la crise, le président de l'institut, Francisco Lyra, considère que l'industrie aéronautique est "résistante" et que le Brésil est un terrain propice aux investissements dans le transport aérien.

    "Dans ce pays qui a la taille d'un continent, le seul moyen de transport pratique et efficace est l'avion", rappelle le dirigeant.

    "Le Brésil traverse la pire crise de son histoire, mais nous observons déjà des signes de récupération et les indicateurs inspirent un peu plus à l'optimisme", indique à l'AFP Rafael Alonso, président d'Airbus pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

    Selon lui, même si certaines compagnies aérienne locales ont retardé leurs commandes à cause de la chute du nombre de passagers, l'émergence d'une nouvelle classe moyenne représente un vrai potentiel.

    "Au Brésil, la moyenne de voyages aériens est inférieure à 0,5 par an et par habitant, mais, selon nos prévisions, ce chiffre va au moins doubler d'ici 2035", estime M. Alonso.

    Gustavo Teixeira, directeur des ventes pour l'Amérique latine du fabriquant d'avions brésilien Embraer, le 29 mars 2017 à Rio de Janeiro

    Gustavo Teixeira, directeur des ventes pour l'Amérique latine du fabriquant d'avions brésilien Embraer, le fait que l'entreprise soit aussi tournée vers les marchés étrangers a permis de minimiser les effets de la crise.

    "Notre siège est ici au Brésil, mais nous pensons de façon globale", a-t-il affirmé à bord du nouveau jet Legacy 500, un bimoteur pour 12 passagers vendu pour environ 21,5 millions de dollars.

    Acteur de plus en plus incontournable dans le marché des jets privés, Embraer est le troisième fabriquant d'avions au monde, après Boeing et Airbus.

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    2017/03/2920:53
    L'Espagne régularise massivement les intérimaires de la fonction publique

    Le gouvernement conservateur espagnol a annoncé mercredi une titularisation massive de 250.000 intérimaires dans la fonction publique, où ils représentent parfois 40% des effectifs, notamment dans l'éducation et la santé.

    Le secteur public en Espagne a subi une cure d'austérité drastique dans la foulée de la crise économique.

    Les universités comptent actuellement jusqu'à 40% de professeurs par intérim, selon le principal syndicat de fonctionnaires CSIF. La proportion est de 30% dans la santé, 25% dans la justice et 20% pour l'enseignement non-universitaire, selon le ministère du Budget.

    "Il y a des médecins qui peuvent être employés par intérim pendant plus de dix ans, des professeurs qui peuvent enchaîner dix postes différents en changeant d'établissements", a expliqué mercredi Miguel Borra, président du CSIF, interrogé par la radio privée Cadena Ser.

    De nombreux enseignants se retrouvent ainsi au chômage pendant l'été, avant de retrouver un contrat à la rentrée.

    L'objectif est de réduire de 90% le nombre d'intérimaires dans la fonction publique, en particulier dans les secteurs "essentiels" comme l'éducation, la santé, la justice, les services sociaux et la police locale, a indiqué dans un communiqué le ministère du Budget.

    Environ 130.000 intérimaires de la santé se verront proposer un CDI, et 100.000 dans les universités. 100% des départs à la retraite seront remplacés dans les secteurs prioritaires, "pour la première fois depuis la crise", selon le syndicat.

    Cet accord constitue une "importante contribution au redressement économique complet du pays", souligne le ministère.

    Frappée de plein fouet par la crise, l'Espagne a renoué avec la croissance en 2014. Mais le taux de chômage reste l'un des plus élevés d'Europe et environ un tiers des contrats de travail sont précaires.

    Les syndicats ont néanmoins rejeté la hausse de 1% des salaires proposée par le gouvernement, l'estimant insuffisante et les négociations doivent continuer. Les traitements des fonctionnaires ont été gelés de 2010 à 2015.

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    2017/03/2918:03
    Sortis de prison, les banquiers islandais en quête de réhabilitation

    Symboles d'un capitalisme financier hors de contrôle, ils se posent en victimes expiatoires: d'anciens banquiers islandais, condamnés pour leur rôle dans la crise de 2008, contestent devant la justice européenne les conditions de leurs procès.

    En 2008, la petite Islande, écrasée par le poids de son système financier hypertrophié, mettait un genou à terre, nationalisait dans l'urgence trois banques en faillite (Kaupthing, Glitnir, Landsbanki) et appelait le Fonds monétaire international à la rescousse, une première dans un pays d'Europe occidentale en 25 ans.

    La crise mit au jour les pratiques des banquiers qui surévaluaient sciemment les actifs de leurs établissements ou rachetaient leurs propres actions via des prêts en circuit fermé dans le but de rendre la mariée plus belle.

    Sans le savoir, des milliers d'Islandais plaçaient leur épargne dans du sable. Des dizaines de "banksters" (contraction de "banquiers" et "gangsters") ont été condamnés depuis, dont une vingtaine à de la prison, pour manipulation des marchés.

    Plusieurs estiment qu'ils n'ont pas bénéficié d'un procès équitable et ont saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

    - "Boucs-émissaires" -

    Condamné à quatre ans ferme en appel, Sigurdur Einarsson, ancien président du conseil d'administration de Kaupthing, est resté un an en détention. Il fustige une justice des "boucs-émissaires", qui a fermé les yeux sur les irrégularités ayant selon lui entaché son procès.

    "Certains juges étaient partiaux, notamment parce qu'ils avaient perdu beaucoup d'argent pendant la crise économique", affirme-t-il dans un entretien exclusif à l'AFP à Reykjavik.

    "Ce n'était pas un procès juste et équitable. C'est important, parce que l'Islande se targue d'être une démocratie occidentale et un des principes fondamentaux est d'assurer l'égalité de tous devant la justice".

    M. Einarsson reproche en particulier à un juge de la Cour suprême ses liaisons dangereuses: sa femme siégeait à l'autorité de supervision financière, sa fille au ministère des Finances et de l'économie, son fils au comité de mise en liquidation de la banque... Kaupthing.

    Le juge et ses proches n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

    M. Einarsson et ses avocats dénoncent également de multiples entorses aux droits de la défense (écoutes téléphoniques, difficultés d'accès au dossier, longues détentions provisoires, etc).

    Saisie par lui, la CEDH a adressé des questions au gouvernement islandais en juin 2016. Reykjavik a répondu une première fois en décembre, puis une seconde en mars dans un document de 64 pages dont l'AFP a obtenu copie.

    Sans nier notamment la réalité des liens familiaux du juge au moment du procès, le gouvernement islandais note que la défense de M. Einarsson n'a jamais réclamé sa récusation à l'époque.

    Le gouvernement récuse l'argumentaire de l'ex-banquier, considérant qu'"il n'y a eu aucune violation des droits du plaignant tels que prévu aux articles 6 et 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme".

    La CEDH a indiqué à l'AFP avoir reçu neuf requêtes liées aux procès des banquiers islandais. Seul le cas Einarsson a commencé à être étudié.

    L'Islande bruisse de rumeurs annonçant le retour des banquiers dans le florissant secteur du tourisme

    Sur le fond de l'affaire, M. Einarsson reconnaît des "pratiques" qui n'auraient plus cours aujourd'hui, mais oppose "agissements illégaux et mauvaises décisions commerciales".

    - Les banquiers de retour -

    Selon le gendarme financier islandais, la faillite de Kaupthing est l'une des plus importantes de l'Histoire en termes d'actifs engagés (83 milliards de dollars), loin néanmoins derrière Lehman Brothers (691 milliards).

    De ces procédures devant la CEDH, la magistrate franco-norvégienne Eva Joly, qui a épaulé le procureur spécial islandais chargé d'instruire les procès de la crise, estime qu'elles représentent une tentative de réhabilitation "classique" chez les membres de la "classe dirigeante" condamnés pour leurs errements.

    "Les hommes de pouvoir utilisent toujours les voies de droit", a plaidé Mme Joly, interrogée par l'AFP. Les banquiers islandais ont bénéficié du conseil des "meilleurs avocats", tandis que les magistrats croulaient sous les dossiers en travaillant souvent avec des bouts de ficelle.

    "L'Islande a loué ses gardes-côtes à des pays africains pour financer cet effort" et elle trouve "admirable" l'opiniâtreté des juges islandais.

    L'île bruisse aujourd'hui de rumeurs annonçant le retour des banquiers au premier plan, plus précisément dans le florissant secteur du tourisme.

    Le ministre des Finances Benedikt Johannesson n'y voit pas à mal. "Je crois que les gens peuvent s'amender. Ils devraient être autorisés à exercer dans les affaires dès lors qu'ils respectent la loi", a-t-il indiqué à l'AFP.