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Les utilisateurs du TGV auront dès juillet le choix entre l'offre low-cost Ouigo, et l'offre classique, baptisée in-O...

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2017/05/2618:48
ArcelorMittal privilégié par les administrateurs pour la reprise d'Ilva

Les commissaires chargés de la gestion d'Ilva ont proposé que l'entreprise sidérurgique italienne soit reprise par le géant mondial de l'acier ArcelorMittal associé à l'italien Marcegaglia, a annoncé vendredi Ilva.

Cette proposition d'adjudication a été faite au comité de surveillance du ministère du Développement économique.

Dans un communiqué, Ilva a expliqué que les trois admnistrateurs avaient privilégié l'offre d'ArcelorMittal-Marcegaglia par rapport à celle d'AcciaItalia, en examinant le plan industriel, environnemental ou encore le prix d'acquisition et de location.

Le ministre Carlo Calenda "examinera dans les prochains jours la proposition et prendra sa décision après une rencontre avec les syndicats" mardi, ont annoncé des sources au ministère.

Le dossier sera ensuite examiné par les autorités européennes de la concurrence.

Selon la presse italienne, le montant de l'offre d'ArcelorMittal serait de 1,8 milliard contre 1,2 milliard pour AcciaItalia, qui réunit autour du groupe indien Jindal South West Steel le producteur italien d'aciers spéciaux Arvedi, la Caisse des dépôts italienne et Delfin, la holding de l'homme d'affaires Leonardo Del Vecchio.

ArcelorMittal (85%) et Marcegaglia (15%) ont signé un pré-accord avec la banque italienne Intesa Sanpaolo qui doit se joindre à leur consortium, baptisé Am Investco Italy, une fois l'offre validée.

ArcelorMittal a promis d'investir 2,3 milliards d'euros dans Ilva, en plus du prix d'achat: 1,1 milliard dans l'environnement et 1,2 milliard dans la production industrielle proprement dite (hauts-fourneaux, etc.)

L'aciérie d'Ilva à Tarente (sud) est accusée d'être l'une des plus polluantes d'Europe.

Lourdement endettée et au bord de l'asphyxie financière, Ilva a été placée sous tutelle par l'Etat italien début 2015, puis nationalisée. L'Etat a lancé début 2016 la procédure pour trouver un repreneur.

Rome avait indiqué l'an passé espérer qu'Ilva reste aux mains d'entreprises italiennes. "Nous n'accepterons jamais qu'Ilva soit tué par les lobbys sidérurgiques des autres pays", avait ainsi assuré Matteo Renzi alors qu'il était chef du gouvernement.

ArcelorMittal entend porter la production à quelque 6 millions de tonnes par an d'ici 2018, contre 5,8 millions en 2016, avec les trois hauts-fourneaux actuellement en fonctionnement. A terme, l'objectif est qu'Ilva produise chaque année 9,5 millions de tonnes de produits finis.

ArcelorMittal et Marcegaglia souhaitent développer la gamme de produits offerts, "pour les secteurs de l'automobile, de la construction et de l'énergie".

Le projet comprend la création d'un centre de recherche et développement à Tarente, avec un investissement initial de 10 millions d'euros.

- Emissions polluantes -

Dans un entretien en mars au quotidien Il Corriere della Sera, le patron d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, avait cité trois raisons majeures pour racheter Ilva: le fait que "l'Italie soit le deuxième consommateur européen d'acier", qu'"Ilva soit le plus grand site de production d'acier" en Europe et que "l'Italie importe de l'acier".

AcciaItalia, qui vise à terme 10 millions de tonnes d'acier par an, entend de son côté investir 3 milliards d'euros: un milliard pour l'environnement, un milliard pour la modernisation du site, et un autre milliard pour produire de l'acier avec du gaz.

Le plus important site d'Ilva est l'aciérie de Tarente, qui emploie 11.000 personnes dans une région sinistrée et se trouve au cœur d'un énorme procès. Les experts cités par le parquet évoquent jusqu'à 11.550 morts en sept ans causés par les émissions polluantes.

L'ancien propriétaire d'Ilva, la famille Riva, a passé fin 2016 un pré-accord avec les administrateurs et la justice italienne pour restituer 1,3 milliard d'euros afin de dépolluer et permettre la gestion du site.

Elle a reconnu avoir retardé les travaux de mise aux normes et soustrait de l'argent des comptes et l'avoir caché à l'étranger alors que le groupe était en "situation de crise".

Adriano Riva, le frère du patron du groupe, Emilio, mort en 2014, a signé mercredi les documents pour faire rentrer en Italie l'argent gelé en Suisse dans le cadre de l'enquête.

Le rapatriement de la somme devrait, sauf surprise, être validé mercredi par la justice suisse.

En vertu d'un accord passé avec la justice italienne, Adriano Riva devra effectuer deux ans et demi de prison pour banqueroute, transfert illicite d'argent et escroquerie aux dépens de l'Etat. D'autres membres de la famille Riva, Nicola et Fabio, fils d'Emilio, sont encore en procédure préliminaire.

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2017/05/2616:05
Tati: les élus du personnel demandent un délai pour que les repreneurs relèvent leurs offres

Les représentants des salariés de Tati ont refusé vendredi de se prononcer sur les offres de reprise, jugées trop "basses", et vont demander lundi au tribunal de commerce un délai pour que les repreneurs améliorent leurs offres, a indiqué à l'AFP la CGT, premier syndicat.

Le pôle Agora Distribution (groupe Eram), qui regroupe les enseignes Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif'Mania (140 magasins au total), a été placé en redressement judiciaire le 4 mai.

Trois offres de reprise sont sur la table: celle d'un consortium de cinq enseignes (dont la Foir'Fouille) et celle du groupe GPG (Gifi), qui proposent tous deux de reprendre environ 1.300 salariés et respectivement 95 et 120 magasins du groupe Agora (dont 93 détenus en propre et 27 franchisés pour GPG). La troisième offre, émanant de Babou, porte sur 6 magasins.

Les trois comités d'entreprise des sociétés composant le pôle Agora Distribution réunis vendredi pour examiner les offres ont affiché des positions différentes.

Celui de Tati-Lilnat, qui rassemble les magasins Tati et 1.300 des 1.700 salariés du pôle, a "refusé de se prononcer sur les trois offres de reprise" car "on ne veut pas être bradés", a rapporté à l'AFP Nicole Coger, déléguée CGT (46% de cette entité).

En revanche, les CE de Vetura (Fabio Lucci) et d'Agora (pour le siège) ont "donné un avis favorable à l'offre de Gifi", selon Tahar Benslimani (CFDT), la "seule" permettant selon lui "de garder l'enseigne Tati, le siège et la logistique".

Le CE de Tati-Lilnat va demander lundi au tribunal de commerce de laisser un temps supplémentaire pour que les repreneurs améliorent leurs offres, a précisé Nicole Coger (CGT).

Les représentants du personnel souhaitent que les offres soient remontées pour financer le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui prévoit parallèlement près de 300 licenciements, a-t-elle ajouté.

Jugeant les mesures d'accompagnement du PSE très insuffisantes, la CGT ne signera pas le projet d'accord proposé par la direction. Idem pour la CFDT, car "il n'y a rien dedans, Eram a mis zéro euro, c'est honteux", a estimé M. Benslimani, son représentant.

Par ailleurs, l'offre complémentaire de Dépôt Bingo, sous-traitant de Tati, qui a rejoint cette semaine le consortium "ne devrait pas être retenue", car présentée "hors délai", selon la représentante CGT-commerce de Paris Céline Carlen.

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2017/05/2615:37
Confiante, Wall Street se cherche un nouveau moteur

Après avoir progressé sans raison évidente, si ce n'est le passage au second plan de la politique, Wall Street aborde avec confiance une semaine raccourcie et chargée en indicateurs économiques au cours de laquelle elle espère trouver un nouveau moteur.

Depuis le précédent week-end, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a gagné 1,32% à 21.080,28 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 2,08% à 6.210,19 points. L'indice élargi S&P 500 a avancé de 1,43% à 2.415,82 points.

"Tout bien considéré, c'est une semaine impressionnante", s'est étonné Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

Wall Street a en effet enchainé les séances de hausse et le Nasdaq comme le S&P 500 ont terminé la semaine sur des records.

Surtout, elle a su résister à quelques inquiétudes sur la croissance chinoise, matérialisées par un abaissement de sa note par l'agence Moody's, et au compte-rendu de la dernière réunion de la Banque centrale américaine (Fed).

Dans ses minutes, la Fed indique qu'un relèvement des taux est pour "bientôt" et qu'elle a l'intention de commencer à réduire "cette année" son portefeuille d'actifs accumulés pendant sa politique exceptionnelle de soutien à l'économie.

Ces signes d'un resserrement monétaire auraient pu effrayer un marché des actions abreuvé depuis des années à la politique accommodante de la Réserve fédérale mais les investisseurs ont été rassurés par son approche progressive.

Le marché anticipe largement une hausse des taux dès la réunion du Comité monétaire de la Fed (FOMC) les 13 et 14 juin prochains, qui serait la deuxième cette année.

- Calme politique relatif -

"Je pense que le marché a bénéficié d'une certaine manière cette semaine du fait que M. Trump ait été à l'étranger, ne tweetant pas et ne réagissant pas à chaque petite nouvelle qui tombe", a ajouté Karl Haeling de LBBW.

La semaine précédente, la Bourse avait été un peu secouée par les soupçons d'entrave à une enquête du FBI pesant sur le président américain, également accusé de s'être montré trop bavard avec les Russes. Vu de Wall Street, ces polémiques ont été mises en sourdine cette semaine par la tournée du président américain au Moyen-Orient et en Europe.

"Le Congrès sera en vacances la semaine prochaine", a signalé M. Haeling, estimant que cela pourrait prolonger ce calme relatif puisqu'il ne devrait pas y avoir d'audition sur le sujet.

Peter Cardillo de First Standard Financial nuançait toutefois: "Avec le retour de M. Trump à Washington... cela pourrait redevenir un facteur".

Dans ce contexte, les analystes revenaient à leurs "vieilles histoires", selon les termes employés par M. Haeling, pour justifier la hausse de la semaine, citant notamment la sous-représentation des actions dans le portefeuille des investisseurs ou encore les résultats des entreprises qui ont été bons au premier trimestre.

"Une fois de plus c'est le consommateur qui sauve la mise", a pour sa part mis en avant Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

D'une part, certains groupes de la distribution comme le revendeur de matériel informatique Best Buy ou le grossiste Costco ont enregistré de bonnes performances mais c'est aussi grâce à la consommation des ménages que la croissance a été revue à la hausse pour le premier trimestre passant de 0,07%, en rythme annualisé et corrigé des variations saisonnières, à 1,2%.

Les investisseurs chercheront confirmation de la bonne santé de l'économie américaine dans les chiffres de l'emploi privé mercredi avant les chiffres officiels et plus complets vendredi.

Au-delà de l'emploi, auquel la Fed est toujours très attentive, les publications de statistiques que ce soit sur la consommation, l'activité dans l'industrie ou encore dans le secteur immobilier ne manqueront pas.

La semaine prochaine sera amputée de la séance de lundi, jour férié aux Etats-unis pour "Mémorial Day" en souvenir des soldats morts au service des forces armées américaines.

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      2017/05/2614:49
      Rachat de Zodiac: TCI réclame un dernier geste de Safran

      Le fonds d'investissement britannique TCI, actionnaire de Safran, reste opposé à la nouvelle offre sur l'équipementier Zodiac Aerospace, mais se dit prêt à se raviser si Safran faisait un dernier geste, a-t-il fait savoir .

      "Il y a plusieurs aspects positifs dans le nouveau schéma de l'offre mais le prix reste trop élevé compte tenu des risques d'exécution", écrit le patron du fonds dans un courrier aux dirigeants de Safran, daté de jeudi et rendu public par TCI.

      "Nous entendons voter contre cet accord", poursuit Chris Hohn qui se dit néanmoins prêt à adopter "une perspective plus favorable sur la transaction" si elle incluait un système de rémunération variable des dirigeants de Safran en lien avec les objectifs de synergies qu'ils se sont donnés.

      En effet, le fonds dit douter en l'état de la capacité du nouvel ensemble à remplir les objectifs de synergies liés à la fusion, mais il estime que lier la rémunération des dirigeants à l'atteinte de ces objectifs ambitieux serait de nature à rassurer les investisseurs.

      "Vous seriez assurés d'un soutien total des actionnaires pour cet accord" si un tel schéma était mis en place, indique TCI.

      Safran a confirmé mercredi son intention de racheter Zodiac Aerospace mais a revu son offre à la baisse pour tenir compte des difficultés persistantes que rencontre le spécialiste des sièges d'avions, en proposant 25 euros par action Zodiac contre 29,50 prévus dans son offre initiale.

      Le dépôt de l'offre est soumis notamment à l'approbation de deux résolutions par l'assemblée générale extraordinaire de Safran du 15 juin. L'opération, en cas de succès, devrait être bouclée fin 2017.

      TCI, qui ne voulait pas de ce rapprochement, avait fait campagne contre en estimant que Safran surpayait l'action Zodiac et en réclamant un programme de rachat d'actions.

      Outre la révision à la baisse du prix de son offre, Safran a également promis mercredi de lancer un programme de rachat d'actions de 2,3 milliards d'euros si le rachat de Zodiac aboutit.

      L'opération doit donner naissance à un géant de plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires, numéro deux mondial des équipements aéronautiques et numéro trois du secteur aéronautique en dehors des avionneurs.

      Le nouvel ensemble devrait regrouper 92.000 salariés, dont 45.000 en France.

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      2017/05/2613:27
      Suicides à la SNCF: le moral des cheminots déraille-t-il ?

      Des salariés bousculés par les réorganisations qui disent ne plus trouver "leur place", des "pressions managériales" pointées du doigt par les syndicats après plusieurs suicides: la cote d'alerte est-elle atteinte à la SNCF, qui revendique pourtant une démarche modèle depuis plusieurs années ?

      En avril, la CGT-cheminots posait la question: "Y a-t-il un syndrome SNCF ?" comparable à la souffrance des salariés de France Telecom et la série de suicides de 2008-2009. Le premier syndicat de la SNCF y voit des "ressemblances frappantes".

      Si toutes ne font pas le parallèle, les quatre organisations représentatives (CGT, Unsa, SUD, CFDT) ont demandé ensemble mi-avril une "table ronde sur les risques psychosociaux".

      Selon les organisations du personnel, le malaise monte depuis plusieurs années. Indicateur symptomatique, les arrêts maladie ont augmenté de 8% entre 2008 et 2015, quand les effectifs diminuaient de 6%.

      Et le premier trimestre 2017 a été marqué "par un nombre exceptionnel de drames", accidents graves du travail ou suicides, soulignent-elles.

      Au moins six suicides pouvant avoir un lien avec le travail ont été recensés sur les trois premiers mois par SUD-rail, dont celui d'un de ses délégués à Saint-Lazare. Un chiffre contesté par l'entreprise aux 150.000 salariés. Elle assure à l'AFP que la situation "ne s'aggrave pas" et souligne qu'un seul suicide a été reconnu comme accident du travail par la Sécurité sociale en 2016.

      La SNCF met en avant "un dispositif de prévention des risques psychosociaux conséquent, sans doute le plus abouti en France", avec plus de 125 médecins du travail, une trentaine de psychiatres, des psychologues répondant au téléphone jour et nuit, et 10.000 managers formés.

      Néanmoins, la direction a proposé aux syndicats de discuter des risques psychosociaux (RPS) le 1er juin lors du prochain Comité national d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CNHSCT).

      - 'Un monde un peu protégé' -

      L'entreprise est à la pointe en matière de prévention des RPS, estime le psychiatre Michel Lejoyeux, responsable de la cellule psychopathologique à la SNCF, qui tous les deux ans sonde l'état mental des cheminots.

      Le dernier baromètre, renseigné anonymement en 2015 par 2.000 agents à l'issue de leur visite médicale, montre "une stabilité du taux d'anxiété et de dépression" et "un niveau comparable" aux autres entreprises, constate-t-il.

      Le professeur n'observe "pas d'épidémie d'anxiété à la SNCF au sens de maladie anxieuse mais il est tout à fait possible que les salariés se sentent plus malheureux, mon tamis ne permet pas de le mesurer", précise-t-il.

      Dans leur missive d'avril, les syndicats pointaient "beaucoup d'incertitudes, de mécontentements, de colère, de la démotivation, voire une réelle détresse".

      "On n'est pas objectivement dans le niveau de risque décrit (par les syndicats, ndlr) mais il faut être vigilant car le plus dur est devant, quand la SNCF va entrer dans la concurrence" sur le réseau intérieur, estime Loïc Hislaire, ex-conseiller social du président Guillaume Pepy, parti de la SNCF en mars.

      Les cheminots "sont plus à risque que d'autres car ils vivent depuis des décennies dans un monde un peu protégé, relève-t-il, les baromètres sociaux montrent qu'ils sont inquiets pour l'avenir". Mais deux "facteurs protecteurs" permettent de compenser ce stress: le fait qu'ils soient "très autonomes dans leur travail" et un fort "soutien d'équipe".

      Les syndicats pointent eux aussi une montée des "inquiétudes": les cheminots se demandent si "demain, ils vont changer de métier" ou devront "aller travailler dans une filiale", rapporte Cédric Robert (CGT).

      - Réorganisations incessantes -

      Mais ils imputent également le mal-être ambiant à une "dégradation des conditions de travail" déjà palpable, conséquence de la suppression de 100.000 postes depuis le début des années 80 et des "réorganisations incessantes" pour gagner en productivité.

      Le Pdg de la SNCF, Guillaume Pépy, le 27 février 2017 au siège de la compagnie ferroviaire, à Saint-Denis

      Près de 27.000 salariés ont vécu un changement d'organisation du travail en 2015, indique le bilan social.

      La plupart ont pour effet de "casser les collectifs de travail" et d'accroître "polyvalence et mobilité", déplore le porte-parole de la CGT.

      Une réorganisation en cours dans les gares d'Ile-de-France, baptisée "petits collectifs" est particulièrement pointée du doigt. En février, la psychologue du travail Françoise François a alerté le PDG sur le "risque de danger grave et imminent" pesant sur les agents concernés. Elle a reçu depuis novembre une trentaine de salariés.

      La nouvelle organisation, dont l'objet affiché est de "recréer de l'humain" en augmentant le nombre de managers de terrain, est source de tensions autour des notations et plannings, confiés à des "petits chefs", qui pour certains ont "à peine trois ans d'expérience", témoigne Sophia Brinis, agent de réserve à Saint-Lazare en arrêt maladie depuis janvier.

      Entrée à la SNCF à 22 ans, il y a 10 ans, elle en est à son "7e chef" et affirme aujourd'hui se sentir "infantilisée" dans la nouvelle organisation. "Je n'ai plus ma place", dit la jeune femme, certaine d'avoir développé un "syndrome anxio-dépressif à cause de la SNCF". Elle en veut beaucoup à la médecine du travail, qui "vous fait culpabiliser" sur votre absence.

      - 'Tu es cher' -

      Autre situation de souffrance, celle des agents du réseau qui voient leur tâches confiées à des sous-traitants. "On leur dit +tu es cher, tu es nul+. Pour des gens attachés à leur métier, c'est très difficile", raconte Jean-René Delepine (SUD).

      A la maintenance, poursuit-il, les interventions "ont été fragmentées pour augmenter la rotation des trains" et "un mécanicien se fait engueuler s'il change une plaquette de frein usée sur un train rentré pour un contrôle des WC". "On attaque le rapport au travail bien fait".

      Alors que même les syndicats réformistes, à l'instar de l'Unsa, jugent que "l'entreprise n'est peut-être pas au meilleur sur l'accompagnement des changements", l'ex-conseiller social, Loïc Hislaire, prône "un discours de vérité" sur les transformations pour discuter avec les syndicats des "sécurisations nécessaires dans les parcours et les métiers".

      Or la SNCF "a manqué ce rendez-vous collectif" en 2014 quand la CGT et SUD ont dénoncé l'accord sur la qualité de vie au travail signé par les deux autres organisations. La CGT l'avait négocié pendant deux ans mais y a vu au final "un moyen d'aider la direction à faciliter les réorganisations", regrette-t-il.

      Pour SUD-rail, le texte "évitait soigneusement de s'attaquer aux causes à l'origine du mal-être": "Un management violent" et "des organisations du travail pathogènes".

      Dans un établissement où trois salariés se sont suicidés ces dernières années, un salarié témoigne d'une "pression d'enfer" impulsée par une hiérarchie qui "met de côté, brime, fait muter tous ceux qui ont des soucis de santé".

      Il n'y a pas là de "syndrome SNCF" mais "un syndrome de management moderne", estime Jean-René Delepine.

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      2017/05/2613:09
      Total veut lancer une dizaine de projets dans les 18 mois

      Total compte valider une dizaine de nouveaux projets pétroliers ou gaziers dans les 18 prochains mois pour être prêt lors de la reprise des cours, tout en maintenant sa discipline sur les coûts, a indiqué vendredi son PDG, Patrick Pouyanné.

      "Dans les industries de matière première comme la nôtre, la bonne stratégie, c'est d'investir à contre-cycle de manière à profiter de la baisse des prix actuelle pour, d'ici quelques années, disposer des productions nouvelles au moment où les prix pourraient repartir à la hausse", a déclaré M. Pouyanné lors de l'assemblée générale des actionnaires.

      "C'est pourquoi nous avons (...) un objectif qui est de décider dans les 18 mois qui viennent une dizaine de projets nouveaux qui représenteront au total une production supplémentaire d'environ 350.000 barils par jour et qui seront rentables au-delà de 50 dollars le baril", a-t-il ajouté.

      Parmi ceux-ci figure le projet de gaz de schiste de Vaca Muerta (Argentine), dont Total a approuvé en avril la première phase de développement, tandis que le groupe compte toujours approuver "avant l'été" le projet iranien de Pars Sud, les Etats-Unis ayant maintenu la levée des sanctions contre Téhéran.

      Total n'a pas pour autant l'intention de relâcher sa discipline financière, qui a amené le groupe à réduire ses investissements à un niveau "durable et soutenable" de 15-17 milliards d'euros par an pour la période 2018-2020, outre un objectif de 4 milliards de réductions des coûts en 2018.

      Malgré une remontée des cours autour de 50 dollars le baril à la faveur d'une limitation de la production par l'Opep et d'autres pays producteurs, "notre environnement reste caractérisé par une grande volatilité sur les marchés, mais aussi par de nombreuses incertitudes sur le plan géopolitique", a prévenu Patrick Pouyanné.

      "Il n'est pas question de relâcher notre discipline sur les coûts et sur les investissements", a-t-il ajouté. "Nous sommes en quelque sorte aujourd'hui capables de faire plus avec moins".

      Il a répété aussi ne pas avoir de plan de cession de la filiale de chimie de spécialités Hutchinson.

      Par ailleurs, les actionnaires ont approuvé à 80,61% des voix l'entrée au conseil d'administration de Carlos Tavares, président du directoire du groupe automobile français PSA, pour une durée de trois ans.

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      2017/05/2611:36
      Le FMI pose ses conditions pour poursuivre son aide à l'Ukraine

      Le Fonds monétaire international (FMI) a demandé vendredi à l'Ukraine de concrétiser en textes de loi votés par le Parlement les réformes controversées des retraites et des privatisations des terres qu'il juge nécessaires à l'octroi d'une nouvelle tranche d'aide.

      A l'issue d'une mission à Kiev, le FMI a indiqué dans un communiqué avoir tenu "des discussions focalisées sur les réformes à venir des retraites et des terres ainsi que sur des mesures visant à accélérer les privatisations".

      "S'assurer l'approbation du Parlement pour ces projets de loi sera nécessaire pour ouvrir la voie" à l'octroi d'une nouvelle aide, a ajouté la même source.

      En avril, le Fonds a versé un milliard de dollars à Kiev, portant à 8,38 milliards de dollars les fonds versés dans le cadre du plan d'aide de 17,5 milliards de dollars accordé en 2015 à Kiev en contrepartie à des mesures de rigueur.

      Le FMI demande désormais à Kiev une réforme du système de retraites qui couvre actuellement près du tiers de la population, ainsi qu'une réforme de privatisation des terres. Mais le gouvernement ne dispose que d'une courte majorité au Parlement pour adopter ces mesures controversées.

      Les autorités ukrainiennes espèrent de nouveaux fonds cette année afin d'accentuer la reprise de son économie qui s'est effondrée en raison du conflit qui a fait plus de 10.000 morts dans l'Est industriel.

      Le FMI a indiqué vendredi prévoir une croissance de plus de 2% du produit intérieur brut cette année.

      "Bien qu'à court terme les perspectives soient positives, la mise en oeuvre décisive de réformes structurelles reste une condition critique pour atteindre la croissance plus forte et solide dont l'Ukraine a besoin à moyen terme", a prévenu le Fonds.

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      2017/05/2610:02
      Italie: baisse de la confiance des entreprises et des consommateurs en mai

      L'indice de confiance des entreprises tout comme celui des consommateurs ont baissé en mai en Italie, a indiqué vendredi l'Institut national des statistiques (Istat).

      L'indice composite mesurant la confiance des entreprises est passé de 106,8 à 106,2, tandis que celui des consommateurs a reculé de 107,4 à 105,4, le chiffre le plus bas enregistré depuis début 2015.

      Ces chiffres sont nettement moins bons qu'attendu par les analystes, qui tablaient pour les entreprises sur 108 et pour les consommateurs sur 107,3.

      En ce qui concerne la confiance des entreprises, elle recule de 107,7 à 106,9 dans le secteur manufacturier et de 107,2 à 105,5 dans les services. Elle passe de 128 à 128,1 dans la construction, et augmente de 110,8 à 111,1 dans le commerce de détail.

      Toutes les composantes de la confiance des consommateurs enregistrent en revanche une baisse. L'opinion et les attentes des consommateurs concernant la situation économique du pays recule de 125 à 124,7, et l'opinion et les attentes sur la situation économique de la famille de 101,5 à 100,2.

      Celle des attentes pour le pays et la famille a baissé de 110,1 à 108,1 et l'opinion sur la situation économique actuelle du pays et celle personnelle actuelle de 105,6 à 105,2.

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      2017/05/2608:57
      Bourse: Nintendo bondit de 5,5%, niveau de clôture inédit depuis janvier 2009

      L'action du pionnier japonais des jeux vidéo Nintendo a atteint vendredi son plus haut niveau en clôture depuis près de 8 ans et demi, portée par de bonnes perspectives de ventes de consoles Switch et de jeux associés.

      Le titre a gagné dans la journée quelque 1.740 yens (+5,47%) à 33.510 yens, un seuil qui n'avait pas été atteint depuis janvier 2009.

      Des analystes de maisons de courtage ont relevé leurs appréciations sur Nintendo, ce qui a encouragé les acheteurs sur un marché qui s'inscrivait pourtant en tendance baissière.

      La nouvelle console de salon et portative Switch de Nintendo, sortie début mars, a rencontré un très bon accueil et s'est écoulée à plus de 2,7 millions d'exemplaires en moins d'un mois à travers le monde.

      Elle dispose encore de peu de jeux, mais les nouveaux Zelda ou Mario Kart sont très prisés et des titres jugés très forts sont attendus dans les prochaines semaines, dont Arms ou Splatoon 2.

      Nintendo espère écouler 10 millions d'exemplaires de sa Switch dans l'année d'avril 2017 à mars 2018, un objectif qui apparaît même prudent.

      "C'est réaliste et ce total a des chances d'être dépassé", avait réagi pour l'AFP Serkan Toto, analyste de Kantan Games, lors de la publication des résultats de Nintendo il y a un mois.

      Même avis pour Hideki Yasuda, de l'institut Ace Research, qui a estimé dans une note que "Nintendo pourrait écouler durant l'exercice 13 à 16 millions d'unités".

      La maison mère de Pikachu a aussi un objectif de ventes de 35 millions de jeux pour ladite Switch entre avril 2017 et mars 2018, en ne comptant que ceux développés par Nintendo (et non ceux des éditeurs tiers).

      Le tout lui fait espérer un bond de quelque 53,3% sur un an de son chiffre d'affaires annuel à 750 milliards de yens (6,25 milliards d'euros) et un bénéfice d'exploitation plus que doublé à 65 milliards de yens.

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      2017/05/2608:53
      Sharp escompte un retour dans le vert cette année comptable

      Le pionnier japonais des écrans à cristaux liquides (LCD), Sharp, passé sous la férule du géant taïwanais Hon Hai/Foxconn, a annoncé vendredi qu'il escomptait un retour dans le vert cette année, avec un bénéfice net attendu à 59 milliards de yens (470 millions d'euros).

      Sharp avait publié ses résultats 2016/17 fin avril, mais il n'avait alors pas été en mesure de livrer des prévisions. C'est désormais chose faite et si les estimations annoncés sont atteintes, cela marquera un net redressement de Sharp qui, à court d'argent, a vécu des années noires déficitaires avant d'être sauvé l'an passé par le groupe de du magnat taïwanais Terry Gou.

      Le chiffre d'affaires est espéré à 2.510 milliards de yens (+22,4% sur un an) et le gain d'exploitation à 90 milliards de yens (+44%).

      Au-delà, en 2019/20, Sharp vise des ventes de 3.250 milliards de yens et un bénéfice opérationnel de 150 milliards de yens.

      Avec les moyens que lui donne désormais Hon Hai/Foxconn, assembleur de produits électroniques pour le compte de tiers, dont l'américain Apple, Sharp prend des nouvelles initiatives et investit pour l'avenir.

      Vendredi, dans une présentation, le patron de Sharp, Tai Jeng-wu, bras droit de M. Gou et admirateur des techniques japonaises, a fait le bilan des forces et faibles de l'entreprise.

      Il souligne qu'elle dispose certes de pépites technologiques mais qu'elles sont insuffisamment exploitées. Il ajoute que le groupe manque de personnel qualifié pour s'assurer une expansion durable à l'étranger. En cela, l'entregent et l'expérience de Hon Hai doivent jouer dans le bon sens et les synergies sont évidemment au coeur de la stratégie.

      Et d'insister notamment sur les occasions nouvelles qui se présentent pour Sharp grâce à l'internet des objets (IoT), à l'intelligence artificielle (AI) ou encore aux technologies de TV 8K (16 fois la haute définition actuelle).

      Selon Tai Jeng-wu, Sharp, une firme plus que centenaire, sort de la phase de "combat pour sa survie" et entre dans celle de "la transformation", avec quatre grands domaines: les écrans avancés, la maison intelligente, les solutions professionnelles, les composants pour l'internet des objets.

      Sharp doit selon lui ne pas s'en tenir au matériel, mais proposer aussi des prestations utilisant notamment l'intelligence artificielle. D'où par exemple un partenariat avec le promoteur immobilier Nomura Real Estate pour les services domotiques basés sur l'électroménager "intelligent".

      Et, selon le PDG, le pionner des LCD a aussi encore bien des cartes à jouer dans le domaine des écrans et des composants électroniques, qui sont présents dans les poches et maisons de chacun, en même temps que dans voitures, les avions, les usines, les hôpitaux, etc.