Espagne: le sauvetage des banques a coûté 61 milliards d’euros
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Le sauvetage des banques espagnoles, laminées par l’explosion d’une bulle immobilière à la fin des années 2000, a coûté près de 61 milliards d’euros au contribuable espagnol, selon une estimation provisoire publiée par la Cour des comptes.

« Le coût accumulé des fonds publics employés dans le processus de restructuration bancaire atteignait, fin 2015, 60,718 milliards d’euros », détaille l’institution dans un rapport publié mercredi1.

La période prise en compte débute en 2009, un an après l’éclatement de la bulle immobilière qui s’était formée pendant la période d’euphorie des années 2000, quand des prêts pour des logements étaient accordés à tour de bras à des foyers incapables de les rembourser.

Le secteur bancaire dans la tourmente avait dû faire l’objet d’un plan de sauvetage en 2012, et l’Espagne avait notamment bénéficié de plus de 41,3 milliards d’euros de prêts européens.

Bankia, née de la fusion de sept caisses d’épargne en difficulté, était en première ligne: après une entrée en Bourse désastreuse en 2011, elle avait dû être sauvée de la faillite par une injection de plus la moitié des fonds alloués au sauvetage soit de 22 milliards d’argent public.

Le gouvernement espagnol s’est d’ailleurs récemment donné encore deux ans, jusqu’à fin 2019, pour privatiser Bankia.

La Cour des comptes souligne toutefois que l’estimation du coût total du sauvetage « ne peut être considérée comme définitive, tant que tous les processus de restructuration ne sont pas finalisés ».

L’Etat espagnol n’a pour l’instant récupéré auprès des banques que 3 à 5 milliards, selon les estimations du Fonds de restructuration bancaire (FROB) et de la Banque d’Espagne.

Et Madrid a remboursé à l’Union européenne 6,6 milliards d’euros.

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2017/02/2812:00
La Grèce rouvre le chantier d'un accord avec UE et FMI

La Grèce a rouvert mardi avec ses créanciers à Athènes le chantier de l'accord qu'elle doit trouver, au prix de nouvelles concessions, avec l'UE et le FMI pour rester sous perfusion financière et espérer sortir de crise.

Les négociations entre la partie grecque et le quartet de représentants des créanciers ont repris dans la matinée à Athènes, a indiqué le ministère des Finances.

Enlisées depuis des semaines dans un désaccord entre la zone euro et le FMI sur le traitement à administrer au pays surendetté, ces discussions ont été débloquées lundi dernier à Bruxelles, suite à un compromis qualifié "d'honorable" par Athènes.

Les négociateurs doivent tenter de finaliser les mesures que la Grèce s'est alors engagée à voter par avance pour 2019, se pliant à une exigence avancée par le FMI, qui conteste comme trop optimistes les prévisions européennes sur le cours de l’économie grecque.

Sauf surprise, la Grèce devrait consentir à une nouvelle baisse du seuil d'exemption fiscale et à de nouvelles coupes dans les pensions de retraite, déjà rabotées plus d'une dizaine de fois depuis le début de la crise en 2010.

Le Premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, se targue d'avoir obtenu que ces sacrifices soient compensés, euro pour euro, par des mesures d'allègement elles aussi à partir de 2019, comme par exemple des baisses de TVA.

"Il y aura des perdants et des gagnants", a reconnu la semaine dernière devant le Parlement le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos.

La directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde (d) et la chancelière allemande Angela Merkel, le 5 avril 2016 à Berlin

La Grèce espère qu'un accord rapide puisse être conclu avec le quartet sur le contenu de ces mesures et contre-mesures, ainsi que sur d'autres chapitres de son plan de redressement, notamment l'accélération des privatisations.

La zone euro et le FMI pourraient alors boucler officiellement leur deuxième revue du programme de prêts attribués au pays en juillet 2015, censée être la dernière étape majeure avant la sortie du pays de la tutelle de ses bailleurs de fonds et de son retour sur les marchés avant l'été 2018.

Ce scénario reste toutefois soumis au bras de fer qui continue d'opposer le FMI et Berlin sur l'ampleur de l'allègement de la dette publique promis à Athènes. Le gouvernement allemand campe jusque là sur une posture d'intransigeance, dont il espère tirer un profit électoral lors législatives allemandes de fin 2017.

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2017/02/2811:48
La révolution génomique, outil de transformation des troupeaux

"Vend semence de taureau charolais, vêlage facile et gène sans corne" garantis chez les descendantes: les entreprises d'insémination permettent aujourd'hui aux éleveurs de choisir à la carte les qualités de leur troupeau.

L'insémination artificielle, le transfert d'embryon et plus récemment la sélection génomique ont permis depuis la deuxième guerre mondiale des améliorations considérables en termes de production mais aussi de santé du cheptel bovin.

En France ce sont les organisations interprofessionnelles qui sont à la manoeuvre en s'appuyant sur l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), la fédération des centres d'insémination, et l'Institut de l'élevage (Idele). Ce réseau permet d'identifier les animaux, de collecter les informations sur les performances et la généalogie, et aujourd'hui l'ADN des animaux.

"Toutes ces données sont stockées puis traitées pour voir quelle part des performances va être transmissible à la génération suivante de bovins. C'est le même principe depuis les années 1950, qui a ensuite été affiné avec l'arrivée de la génomique", explique Laurent Journaux, de l'Idele.

La sélection pour accoupler les meilleurs bovins entre eux existait depuis le début du siècle, mais le mouvement s'est accéléré après 1945 pour remplir l'objectif d'atteindre l'autosuffisance alimentaire. Il fallait nourrir la France et le cheptel bovin hexagonal était en piètre état.

Le mouvement a commencé avec l'insémination animale qui a eu un "succès rapide" après guerre, d'abord pour des raison sanitaires, car il existait encore des maladies animales transmissibles à l'homme comme la tuberculose et la bruxellose, raconte Michel Cètre, le président d'Allice, fédération des coopératives qui s'occupent de sélection de reproducteurs.

Cela donnait également "la capacité de démultiplier les animaux dont on pensait que c'étaient les meilleurs éléments de la race", selon M. Cètre.

Mais pour connaître la capacité des reproducteurs, il faut attendre qu'ils aient eu deux générations de filles pour voir si elles sont fécondes et produisent suffisamment de lait. Un taureau reproducteur, ayant une espérance de vie de 6 à 7 ans, est souvent mort le temps qu'on sache ce qu'il vaut.

- Valeur génétique -

Un troupe de vache Holstein dans une ferme à Laqueuille (centre de la France), le 11 juin 2013

A partir de 1964-1965 cependant, on est capable de congeler la semence. Ainsi, "avant même de connaître la valeur génétique du taureau on peut congeler la semence pour l'utiliser plus tard, le temps qu'on sache ce qu'il vaut", assure M. Cètre.

Dans les années 1970-1980 arrive également le transfert d'embryon. Cependant "avec un taux de réussite un peu plus faible qu'avec l'insémination, c'est réservé aux animaux de forte valeur génétique", selon M. Journaux.

Ainsi, Benjamin Verhalle le propriétaire de la championne Airway des Grilles, une vache Holstein "qui a produit 3 camions de lait dans sa carrière", et gagné de nombreux concours, a choisi de collecter et vendre les embryons de sa vache.

Au Gaec des Grilles, dans l'Orne, "la génétique est devenue un vrai atelier, à côté du lait et des céréales. Heureusement qu'on avait ça pendant la crise", assure M. Verhalle.

Une réussite due selon lui à l'arrivée de la génomique, en 2009, qui a permis de choisir les caractères qu'on veut favoriser chez les descendants.

La sélection génomique est une "révolution", assure également le président d'Allice. Ce n'est pas une modification des gènes, on ne transfère pas de gène étranger à un organisme (contrairement aux OGM), "c'est une simple lecture du génome à partir de quoi on fait une équation de prédiction", se défend M. Cètre.

Le génotypage permet en effet de repérer parmi les gènes de l'animal ceux qui vont garantir les caractéristiques indispensables pour l'éleveur: croissance, morphologie, potentiel laitier et gène sans corne qui permet d'éviter d'avoir à écorner les vaches.

Cela permet également de redresser certaines dérives de la sélection: "avec la hausse du rendement laitier il y a eu une baisse de la fertilité", et une baisse de la variabilité génétique, souligne M. Journaux.

Aujourd'hui "la tendance est à la hausse de la variabilité et à la réduction de la consanguinité", assure M. Cètre.

Car "si les unités de sélection génétique ont privilégié les caractères laitiers pendant des années, aujourd'hui les temps ont changé, l'enjeu génétique c'est le cheptel durable. Les troupeaux vont grossir, passer de 50 à 200 vaches, il faudra des animaux qui posent moins de problèmes de santé", selon le président d'Allice.

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2017/02/2811:00
L'appel de la terre était fort, des enfants de paysans reviennent

"La terre me manquait. Ma terre!" Comme Jean-Guillaume, ils sont nombreux parmi les enfants d'agriculteurs à s'être essayés à d'autres métiers avant de revenir sur leurs pâturages pour tenter de vivre leur passion.

"Ca me passionne, j'aime le rapport avec les animaux", explique Clément Noilhan, 28 ans, qui a finalement repris l'exploitation familiale et produit depuis le 1er août 2013 du veau sous la mère sur le plateau de Lannemezan, après avoir tâté des études d'ingénieur agronome à Toulouse.

"C'était très, très généraliste. Je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait, c'était vraiment le métier, travailler la terre et l'élevage et je me suis réorienté sur un BTS et voilà!" explique-t-il d'un ton encore enjoué.

Grâce à une production frappée du prestigieux sceau du label rouge, il parvient à "dégager un revenu décent, à sortir un Smic, donc c'est correct, mais ça reste peu par rapport au temps qu'on investit".

"On n'a jamais le temps, on fait bien nos 80 heures par semaine", renchérit Jean-Guillaume Hannequin, 38 ans, qui a "bourlingué pendant sept ans", travaillant pour l'industrie pétrolière.

"C'est trop dur en France d'être agriculteur", explique-t-il aujourd'hui dans un constat amer.

"On a les associations d'environnement sur le dos tout le temps, on nous fait passer pour des pollueurs en permanence, et, maintenant les banques qui ne suivent plus", explique-t-il, avant de pointer du doigt un mal typiquement français selon lui, "la paperasse".

Valentin Bodié, jeune agriculteur de 33 ans, dans sa ferme le 27 février 2007 à Aubeterre

Mais, pourquoi avoir suivi la voie qu'avaient prise ses parents? "La terre me manquait. Ma terre!" dit-il à propos de son exploitation de la Meuse, où il cultive blé, orge et colza et où paît un petit troupeau de vaches allaitantes.

Pour lui, être agriculteur, "c'est comme être curé: si vous êtes +piqué+ par l'agriculture, c'est dur de vivre sans".

"Quand j'étais chef de rayon, mon métier c'était de provoquer du désir d'achat chez les clients", explique Valentin Bodié, 32 ans, ancien salarié d'une célèbre enseigne de magasins d'articles de sport et qui a repris l'exploitation d'un cousin de son père dans l'Aube, près de Troyes.

- 'Un métier qui a du sens' -

"Là, on nourrit les gens, on entretient les paysages, on progresse beaucoup sur les questions d'environnement, c'est un métier qui a du sens", explique-t-il fièrement, pour décrire sa "passion".

Il en faut pour affronter la volatilité des prix du marché et la baisse des cours, même si de nombreux agriculteurs d'aujourd'hui tentent de se diversifier pour "diluer" les risques.

"L'impact du prix est beaucoup plus important que l'impact des volumes" de production, explique ainsi Jean-Guillaume Hannequin. S'ajoutent les aléas climatiques qui renforcent l'incertitude planant sur la tête du céréalier.

Si ces paysans s'en sortent pour l'instant, en dépit des années de crise, des motifs d'inquiétude transparaissent.

Caroline Delepierre-Piat pointe ainsi la mainmise des industriels et de la grande distribution sur l'agriculture. Cette éleveuse nordiste de 34 ans, installée dans une ferme laitière à Roncq depuis 2008, a d'abord été aide-soignante avant de revenir à son "métier-passion".

"Des fois on a l'impression qu'on est là que pour produire et puis c'est tout", déplore-t-elle, souhaitant, avec ses collègues "reconstruire nos filières, reprendre la main": "Il faut qu'on vive de notre travail!"

Plus que pour la pérennité de son exploitation, Clément Noilhan s'inquiète lui pour le visage de la campagne française.

"Ce qui me fait peur, c'est ça, c'est des exploitations qui vont grandir avec des superstructures et on aura plus ce maillage là, on va perdre tout ce qui est territoire de bocage avec un tissu économique assez dense, assez fort", lâche-t-il de son piémont pyrénéen.

"Si on perd ça, on va perdre l'attrait de nos paysages par rapport au tourisme, et on perd tout et c'est le début de la fin."

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2017/02/2810:44
Marseille défend ses ambitions de capitale méditerranéenne de la mode

Sessùn, American Vintage, Kaporal : avec ses marques historiques au style urbain ensoleillé, des jeunes créateurs toujours plus nombreux et un territoire attractif, Marseille brigue aujourd'hui le titre de capitale de la mode en Méditerranée.

"Il y a un engouement pour la ville en ce moment dans la mode, le cinéma, le numérique. Il se passe quelque chose ici, c'est encore perçu comme un terrain vierge, où il y a de la place et où on peut faire beaucoup de choses", affirme Matthieu Gamet, président de la Maison méditerranéenne des métiers de la mode (MMMM) et directeur général de la marque marseillaise Kulte.

"À Marseille, poursuit-il, on a une mode qui est différente de la haute couture et du luxe parisien, beaucoup plus urbaine, casual, sportive. On pourrait dire que Marseille est à Paris ce que Los Angeles est à New York."

Et la mode de ce Sud pèse déjà plus de 19.000 emplois dans la région, dont la moitié à Marseille, et un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel, rappellent la Chambre de commerce et d'industrie et l'Agence d'urbanisme de l'agglomération.

Devraient s'y ajouter quelque 600 à 700 emplois promis par le projet du Marseille International Fashion Center (Mif68), qui devrait ouvrir en juillet et accueillir 200 grossistes de textiles, surtout chinois.

Porté par le groupe Résiliance de Xavier Giocanti, qui a investi 30 millions d'euros, ce projet veut concurrencer Aubervilliers en devenant le deuxième marché de grossistes français et être une référence en Europe du Sud et en Afrique du Nord.

#photo1

"L'histoire de la mode à Marseille remonte à longtemps : le vivier de créatifs s'est constitué par des vagues de migrations - d'Arménie, Espagne, Italie, Afrique du Nord - toutes arrivées dans ce port avec leurs savoir-faire", raconte Mathieu Gamet.

Malgré ces ambitions, Marseille reste une ville relativement méconnue dans le domaine. C'est ce que veut changer la MMMM, fondée en 1988 par Maryline Bellieud-Vigouroux, figure emblématique de la mode dans la région, dont le mari Robert-Paul Vigouroux était alors maire de la ville.

- Yacine Aouadi, enfant des quartiers nord -

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Cette association a créé avec l'université d'Aix-Marseille un cursus de management de la mode, "une formation de licence et master unique en France, la seule publique, toutes les autres sont payantes", affirme Aurélia Vigouroux, consultante pour la MMMM, dont Pascale Akiki, la manager générale, souligne les excellents taux d'insertion professionnelle.

La structure déniche aussi des talents, notamment Sessùn, qui fête ses 20 ans, et accompagne les jeunes marques locales et méditerranéennes - comme les lauréates 2016 Charlotte Rekassa, 29 ans, de Manosque et Vadine Sister, 37 ans, de Cassis - ou Charlotte Aire et les bijoux Vadi jewels.

Cet accompagnement leur a permis de bénéficier de coaching et de participer à des salons internationaux.

Pour valoriser ces créateurs et récompenser 20 lauréats chaque année, la MMMM a lancé en 2016 le festival #OpenMyMed. La première édition a été parrainée par Yacine Aouadi, un enfant des quartiers nord de Marseille devenu un talent de la haute couture, dont le travail a été présenté en 2016 au MuCem et au Musée des arts décoratifs et de la mode au Château Borély.

Vadine Sister fondatrice et créatrice de la marque de bijoux Vadine Sister, le 21 février 2017 à Marseille

"L'invité d'honneur 2017 sera le styliste Simon Porte Jacquemus, originaire de Mallemort (Bouches-du-Rhône). Une double exposition lui sera consacrée en mai au MuCem et au Musée d'art contemporain. Il adore Marseille et le revendiquedans des collections intitulées +Les parasols de Marseille+ ou +Les santons de Provence+", précise Aurélia Vigouroux.

Le festival de la MMMM a été élargi depuis 2010 à 19 pays méditerranéens. "On veut positionner Marseille en tant que métropole de mode du Sud de l'Europe en mettant en valeur le nouveau courant méditerranéen de créateurs" affirme Matthieu Gamet.

Des créateurs "aux styles très différents, très éclectiques", mais qui émergent de toutes les rives du Sud (Maroc, Espagne, Croatie, Turquie, Israël, Portugal, Liban, Egypte, Malte, Grèce, Italie...) et ont "en commun ce côté lifestyle de partage, de soleil, de mer", résume Aurélia Vigouroux.

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2017/02/2812:00
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Les négociations entre la partie grecque et le quartet de représentants des créanciers ont repris dans la matinée à Athènes, a indiqué le ministère des Finances.

Enlisées depuis des semaines dans un désaccord entre la zone euro et le FMI sur le traitement à administrer au pays surendetté, ces discussions ont été débloquées lundi dernier à Bruxelles, suite à un compromis qualifié "d'honorable" par Athènes.

Les négociateurs doivent tenter de finaliser les mesures que la Grèce s'est alors engagée à voter par avance pour 2019, se pliant à une exigence avancée par le FMI, qui conteste comme trop optimistes les prévisions européennes sur le cours de l’économie grecque.

Sauf surprise, la Grèce devrait consentir à une nouvelle baisse du seuil d'exemption fiscale et à de nouvelles coupes dans les pensions de retraite, déjà rabotées plus d'une dizaine de fois depuis le début de la crise en 2010.

Le Premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, se targue d'avoir obtenu que ces sacrifices soient compensés, euro pour euro, par des mesures d'allègement elles aussi à partir de 2019, comme par exemple des baisses de TVA.

"Il y aura des perdants et des gagnants", a reconnu la semaine dernière devant le Parlement le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos.

La directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde (d) et la chancelière allemande Angela Merkel, le 5 avril 2016 à Berlin

La Grèce espère qu'un accord rapide puisse être conclu avec le quartet sur le contenu de ces mesures et contre-mesures, ainsi que sur d'autres chapitres de son plan de redressement, notamment l'accélération des privatisations.

La zone euro et le FMI pourraient alors boucler officiellement leur deuxième revue du programme de prêts attribués au pays en juillet 2015, censée être la dernière étape majeure avant la sortie du pays de la tutelle de ses bailleurs de fonds et de son retour sur les marchés avant l'été 2018.

Ce scénario reste toutefois soumis au bras de fer qui continue d'opposer le FMI et Berlin sur l'ampleur de l'allègement de la dette publique promis à Athènes. Le gouvernement allemand campe jusque là sur une posture d'intransigeance, dont il espère tirer un profit électoral lors législatives allemandes de fin 2017.

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2017/02/2811:48
La révolution génomique, outil de transformation des troupeaux

"Vend semence de taureau charolais, vêlage facile et gène sans corne" garantis chez les descendantes: les entreprises d'insémination permettent aujourd'hui aux éleveurs de choisir à la carte les qualités de leur troupeau.

L'insémination artificielle, le transfert d'embryon et plus récemment la sélection génomique ont permis depuis la deuxième guerre mondiale des améliorations considérables en termes de production mais aussi de santé du cheptel bovin.

En France ce sont les organisations interprofessionnelles qui sont à la manoeuvre en s'appuyant sur l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), la fédération des centres d'insémination, et l'Institut de l'élevage (Idele). Ce réseau permet d'identifier les animaux, de collecter les informations sur les performances et la généalogie, et aujourd'hui l'ADN des animaux.

"Toutes ces données sont stockées puis traitées pour voir quelle part des performances va être transmissible à la génération suivante de bovins. C'est le même principe depuis les années 1950, qui a ensuite été affiné avec l'arrivée de la génomique", explique Laurent Journaux, de l'Idele.

La sélection pour accoupler les meilleurs bovins entre eux existait depuis le début du siècle, mais le mouvement s'est accéléré après 1945 pour remplir l'objectif d'atteindre l'autosuffisance alimentaire. Il fallait nourrir la France et le cheptel bovin hexagonal était en piètre état.

Le mouvement a commencé avec l'insémination animale qui a eu un "succès rapide" après guerre, d'abord pour des raison sanitaires, car il existait encore des maladies animales transmissibles à l'homme comme la tuberculose et la bruxellose, raconte Michel Cètre, le président d'Allice, fédération des coopératives qui s'occupent de sélection de reproducteurs.

Cela donnait également "la capacité de démultiplier les animaux dont on pensait que c'étaient les meilleurs éléments de la race", selon M. Cètre.

Mais pour connaître la capacité des reproducteurs, il faut attendre qu'ils aient eu deux générations de filles pour voir si elles sont fécondes et produisent suffisamment de lait. Un taureau reproducteur, ayant une espérance de vie de 6 à 7 ans, est souvent mort le temps qu'on sache ce qu'il vaut.

- Valeur génétique -

Un troupe de vache Holstein dans une ferme à Laqueuille (centre de la France), le 11 juin 2013

A partir de 1964-1965 cependant, on est capable de congeler la semence. Ainsi, "avant même de connaître la valeur génétique du taureau on peut congeler la semence pour l'utiliser plus tard, le temps qu'on sache ce qu'il vaut", assure M. Cètre.

Dans les années 1970-1980 arrive également le transfert d'embryon. Cependant "avec un taux de réussite un peu plus faible qu'avec l'insémination, c'est réservé aux animaux de forte valeur génétique", selon M. Journaux.

Ainsi, Benjamin Verhalle le propriétaire de la championne Airway des Grilles, une vache Holstein "qui a produit 3 camions de lait dans sa carrière", et gagné de nombreux concours, a choisi de collecter et vendre les embryons de sa vache.

Au Gaec des Grilles, dans l'Orne, "la génétique est devenue un vrai atelier, à côté du lait et des céréales. Heureusement qu'on avait ça pendant la crise", assure M. Verhalle.

Une réussite due selon lui à l'arrivée de la génomique, en 2009, qui a permis de choisir les caractères qu'on veut favoriser chez les descendants.

La sélection génomique est une "révolution", assure également le président d'Allice. Ce n'est pas une modification des gènes, on ne transfère pas de gène étranger à un organisme (contrairement aux OGM), "c'est une simple lecture du génome à partir de quoi on fait une équation de prédiction", se défend M. Cètre.

Le génotypage permet en effet de repérer parmi les gènes de l'animal ceux qui vont garantir les caractéristiques indispensables pour l'éleveur: croissance, morphologie, potentiel laitier et gène sans corne qui permet d'éviter d'avoir à écorner les vaches.

Cela permet également de redresser certaines dérives de la sélection: "avec la hausse du rendement laitier il y a eu une baisse de la fertilité", et une baisse de la variabilité génétique, souligne M. Journaux.

Aujourd'hui "la tendance est à la hausse de la variabilité et à la réduction de la consanguinité", assure M. Cètre.

Car "si les unités de sélection génétique ont privilégié les caractères laitiers pendant des années, aujourd'hui les temps ont changé, l'enjeu génétique c'est le cheptel durable. Les troupeaux vont grossir, passer de 50 à 200 vaches, il faudra des animaux qui posent moins de problèmes de santé", selon le président d'Allice.

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2017/02/2811:00
L'appel de la terre était fort, des enfants de paysans reviennent

"La terre me manquait. Ma terre!" Comme Jean-Guillaume, ils sont nombreux parmi les enfants d'agriculteurs à s'être essayés à d'autres métiers avant de revenir sur leurs pâturages pour tenter de vivre leur passion.

"Ca me passionne, j'aime le rapport avec les animaux", explique Clément Noilhan, 28 ans, qui a finalement repris l'exploitation familiale et produit depuis le 1er août 2013 du veau sous la mère sur le plateau de Lannemezan, après avoir tâté des études d'ingénieur agronome à Toulouse.

"C'était très, très généraliste. Je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait, c'était vraiment le métier, travailler la terre et l'élevage et je me suis réorienté sur un BTS et voilà!" explique-t-il d'un ton encore enjoué.

Grâce à une production frappée du prestigieux sceau du label rouge, il parvient à "dégager un revenu décent, à sortir un Smic, donc c'est correct, mais ça reste peu par rapport au temps qu'on investit".

"On n'a jamais le temps, on fait bien nos 80 heures par semaine", renchérit Jean-Guillaume Hannequin, 38 ans, qui a "bourlingué pendant sept ans", travaillant pour l'industrie pétrolière.

"C'est trop dur en France d'être agriculteur", explique-t-il aujourd'hui dans un constat amer.

"On a les associations d'environnement sur le dos tout le temps, on nous fait passer pour des pollueurs en permanence, et, maintenant les banques qui ne suivent plus", explique-t-il, avant de pointer du doigt un mal typiquement français selon lui, "la paperasse".

Valentin Bodié, jeune agriculteur de 33 ans, dans sa ferme le 27 février 2007 à Aubeterre

Mais, pourquoi avoir suivi la voie qu'avaient prise ses parents? "La terre me manquait. Ma terre!" dit-il à propos de son exploitation de la Meuse, où il cultive blé, orge et colza et où paît un petit troupeau de vaches allaitantes.

Pour lui, être agriculteur, "c'est comme être curé: si vous êtes +piqué+ par l'agriculture, c'est dur de vivre sans".

"Quand j'étais chef de rayon, mon métier c'était de provoquer du désir d'achat chez les clients", explique Valentin Bodié, 32 ans, ancien salarié d'une célèbre enseigne de magasins d'articles de sport et qui a repris l'exploitation d'un cousin de son père dans l'Aube, près de Troyes.

- 'Un métier qui a du sens' -

"Là, on nourrit les gens, on entretient les paysages, on progresse beaucoup sur les questions d'environnement, c'est un métier qui a du sens", explique-t-il fièrement, pour décrire sa "passion".

Il en faut pour affronter la volatilité des prix du marché et la baisse des cours, même si de nombreux agriculteurs d'aujourd'hui tentent de se diversifier pour "diluer" les risques.

"L'impact du prix est beaucoup plus important que l'impact des volumes" de production, explique ainsi Jean-Guillaume Hannequin. S'ajoutent les aléas climatiques qui renforcent l'incertitude planant sur la tête du céréalier.

Si ces paysans s'en sortent pour l'instant, en dépit des années de crise, des motifs d'inquiétude transparaissent.

Caroline Delepierre-Piat pointe ainsi la mainmise des industriels et de la grande distribution sur l'agriculture. Cette éleveuse nordiste de 34 ans, installée dans une ferme laitière à Roncq depuis 2008, a d'abord été aide-soignante avant de revenir à son "métier-passion".

"Des fois on a l'impression qu'on est là que pour produire et puis c'est tout", déplore-t-elle, souhaitant, avec ses collègues "reconstruire nos filières, reprendre la main": "Il faut qu'on vive de notre travail!"

Plus que pour la pérennité de son exploitation, Clément Noilhan s'inquiète lui pour le visage de la campagne française.

"Ce qui me fait peur, c'est ça, c'est des exploitations qui vont grandir avec des superstructures et on aura plus ce maillage là, on va perdre tout ce qui est territoire de bocage avec un tissu économique assez dense, assez fort", lâche-t-il de son piémont pyrénéen.

"Si on perd ça, on va perdre l'attrait de nos paysages par rapport au tourisme, et on perd tout et c'est le début de la fin."

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2017/02/2810:44
Marseille défend ses ambitions de capitale méditerranéenne de la mode

Sessùn, American Vintage, Kaporal : avec ses marques historiques au style urbain ensoleillé, des jeunes créateurs toujours plus nombreux et un territoire attractif, Marseille brigue aujourd'hui le titre de capitale de la mode en Méditerranée.

"Il y a un engouement pour la ville en ce moment dans la mode, le cinéma, le numérique. Il se passe quelque chose ici, c'est encore perçu comme un terrain vierge, où il y a de la place et où on peut faire beaucoup de choses", affirme Matthieu Gamet, président de la Maison méditerranéenne des métiers de la mode (MMMM) et directeur général de la marque marseillaise Kulte.

"À Marseille, poursuit-il, on a une mode qui est différente de la haute couture et du luxe parisien, beaucoup plus urbaine, casual, sportive. On pourrait dire que Marseille est à Paris ce que Los Angeles est à New York."

Et la mode de ce Sud pèse déjà plus de 19.000 emplois dans la région, dont la moitié à Marseille, et un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel, rappellent la Chambre de commerce et d'industrie et l'Agence d'urbanisme de l'agglomération.

Devraient s'y ajouter quelque 600 à 700 emplois promis par le projet du Marseille International Fashion Center (Mif68), qui devrait ouvrir en juillet et accueillir 200 grossistes de textiles, surtout chinois.

Porté par le groupe Résiliance de Xavier Giocanti, qui a investi 30 millions d'euros, ce projet veut concurrencer Aubervilliers en devenant le deuxième marché de grossistes français et être une référence en Europe du Sud et en Afrique du Nord.

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"L'histoire de la mode à Marseille remonte à longtemps : le vivier de créatifs s'est constitué par des vagues de migrations - d'Arménie, Espagne, Italie, Afrique du Nord - toutes arrivées dans ce port avec leurs savoir-faire", raconte Mathieu Gamet.

Malgré ces ambitions, Marseille reste une ville relativement méconnue dans le domaine. C'est ce que veut changer la MMMM, fondée en 1988 par Maryline Bellieud-Vigouroux, figure emblématique de la mode dans la région, dont le mari Robert-Paul Vigouroux était alors maire de la ville.

- Yacine Aouadi, enfant des quartiers nord -

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Cette association a créé avec l'université d'Aix-Marseille un cursus de management de la mode, "une formation de licence et master unique en France, la seule publique, toutes les autres sont payantes", affirme Aurélia Vigouroux, consultante pour la MMMM, dont Pascale Akiki, la manager générale, souligne les excellents taux d'insertion professionnelle.

La structure déniche aussi des talents, notamment Sessùn, qui fête ses 20 ans, et accompagne les jeunes marques locales et méditerranéennes - comme les lauréates 2016 Charlotte Rekassa, 29 ans, de Manosque et Vadine Sister, 37 ans, de Cassis - ou Charlotte Aire et les bijoux Vadi jewels.

Cet accompagnement leur a permis de bénéficier de coaching et de participer à des salons internationaux.

Pour valoriser ces créateurs et récompenser 20 lauréats chaque année, la MMMM a lancé en 2016 le festival #OpenMyMed. La première édition a été parrainée par Yacine Aouadi, un enfant des quartiers nord de Marseille devenu un talent de la haute couture, dont le travail a été présenté en 2016 au MuCem et au Musée des arts décoratifs et de la mode au Château Borély.

Vadine Sister fondatrice et créatrice de la marque de bijoux Vadine Sister, le 21 février 2017 à Marseille

"L'invité d'honneur 2017 sera le styliste Simon Porte Jacquemus, originaire de Mallemort (Bouches-du-Rhône). Une double exposition lui sera consacrée en mai au MuCem et au Musée d'art contemporain. Il adore Marseille et le revendiquedans des collections intitulées +Les parasols de Marseille+ ou +Les santons de Provence+", précise Aurélia Vigouroux.

Le festival de la MMMM a été élargi depuis 2010 à 19 pays méditerranéens. "On veut positionner Marseille en tant que métropole de mode du Sud de l'Europe en mettant en valeur le nouveau courant méditerranéen de créateurs" affirme Matthieu Gamet.

Des créateurs "aux styles très différents, très éclectiques", mais qui émergent de toutes les rives du Sud (Maroc, Espagne, Croatie, Turquie, Israël, Portugal, Liban, Egypte, Malte, Grèce, Italie...) et ont "en commun ce côté lifestyle de partage, de soleil, de mer", résume Aurélia Vigouroux.