Fibre: le gendarme des télécoms veut relancer la concurrence
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Avec l’annonce lundi de mesures visant Orange, l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) semble déterminée à rééquilibrer le marché de la fibre en zone dense, sur lequel l’opérateur historique a pris une avance immense.

« L’Arcep avait parlé d’une évolution du cadre réglementaire, mais ce qui s’annonce paraît plus agressif vis-à-vis d’Orange que ce qui a été anticipé, sans être pour autant révolutionnaire », a expliqué à l’AFP Thomas Coudry, analyste télécoms chez Brian, Garnier & Co.

L’Arcep a annoncé lundi une série de mesures visant à durcir la régulation dans le marché de la fibre jusqu’au domicile pour encourager la concurrence dans un secteur où l’opérateur historique est largement dominant.

Orange pourrait devoir vendre à ses concurrents ses capacités en fibre non utilisées, en amont de la connexion aux immeubles, ou être obligé de leur donner accès à ces immeubles « sans barrière de prix à l’entrée », via les infrastructures présentes, notamment les colonnes montantes, qu’il a pu y installer.

La réaction de l’opérateur historique ne s’est pas fait attendre, rappelant les efforts réalisés ces dernières années.

Pierre Louette, le directeur général délégué de l'opérateur Orange, le 17 mars 2015 à Paris

« Nous avons commencé à investir dans la fibre il y a cinq ans et nous n’avons pas dévié depuis. Nous étions tous sur la même ligne de départ, mais chacun a couru à une vitesse différente », a ainsi déclaré à l’AFP Pierre Louette, directeur général délégué de l’opérateur. « Nous ne sommes pas comptables des décisions prises par nos concurrents ».

Or, souligne un fin connaisseur des télécoms français ayant requis l’anonymat, « Orange a moins dépensé que les opérateurs alternatifs réunis » (Bouygues, SFR et Free) mais se retrouve avec 75% de part de marché en valeur.

Pour le directeur général délégué adjoint de Bouygues Telecom, Didier Casas, interrogé par l’AFP, « la vivacité de la réaction d’Orange montre que le régulateur le fait sortir de sa zone de confort, ça s’appelle simplement la concurrence ».

« C’est une intervention nécessaire et légitime de la part du régulateur, sur des éléments factuels et ça va dans le bon sens pour l’investissement », a déclaré pour sa part à l’AFP Maxime Lombardini, le directeur général d’Iliad, la maison mère de Free.

– « Coup de pression » –

D’autant que, comme le rappelle M. Lombardini, Orange s’est réservé l’usage des infrastructures existantes jusqu’en 2009 pendant que ses concurrents devaient ouvrir des tranchées dans les rues, « ce qui explique largement son avance ».

Si, de l’avis de nombre de spécialistes, le déséquilibre est aujourd’hui réel, il n’est cependant pas uniquement lié aux entraves éventuelles posées par Orange.

Tous soulignent en effet que les évolutions suivies par les différents opérateurs, et les changements de stratégie en cours de route, n’avaient pas toujours été anticipées par l’Arcep qui se retrouve désormais face à une situation inattendue de position dominante de l’opérateur historique.

Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad, la maison mère de Free, le 10 mars 2016 à Paris

« Ce qui n’a pas été prévu, c’est le changement d’actionnaire chez SFR, qui a connu un ralentissement des investissements, ou l’évolution de la stratégie de Free qui, en devenant opérateur mobile en 2012, doit déployer son réseau et se concentre donc moins sur la fibre », détaille ainsi Omar Bouhali, « Principal » à Analysys Mason.

Reste que les annonces envisagées par le régulateur, sans être négligeables, ne sont pas non plus de nature à bouleverser totalement la situation.

« C’est un coup de pression mis sur Orange, qui ne les arrange pas, certes, mais ce n’est pas pour autant un tremblement de terre pour l’opérateur », assure ainsi M. Coudry.

D’autant que le marché de la fibre, s’il progresse rapidement, reste encore peu important en France, du fait d’une migration qui ne se fait pas encore largement: moins de deux millions de clients pour près de 7 millions de foyers raccordables.

« Il n’y a pas de retard de l’internet en France, il y a une pénétration du très haut débit qui reste basse là où il est disponible car il n’offre pas une différence d’expérience notable aux usagers, sauf en cas de consommation de vidéo », rappelle ainsi Julien Miniconi, analyste télécoms au cabinet Wavestone.

Une pénétration que le régulateur voudrait donc améliorer en s’assurant qu’Orange ne bloque pas des accès à ses concurrents.

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2017/04/3016:42
Qui achète du muguet le 1er mai ?

Les acheteurs de muguet porte-bonheur sont essentiellement âgés, vivent en Ile-de-France et dans le sud-est de la France, indique dimanche une étude réalisée par Kantar TNS pour les fleuristes et l'organisme semi-public France AgriMer, à la veille du 1er mai.

L'an dernier, un million de foyers (soit 6,5% des ménages), ont effectué un achat de muguet à l'occasion du 1er mai, s'élevant à 17,7 euros en moyenne, selon l'étude qui ne comprend pas les achats effectués sur la voie publique auprès des particuliers, lesquels bénéficient par dérogation - le jour du 1er mai uniquement - du droit de commercialiser des clochettes blanches parfumées.

Les acheteurs de muguet sont sur-représentés chez les foyers de plus de 65 ans (44%) par rapport à l'ensemble des ménages de France (32%), et plutôt sous-représentés dans les autres tranches d'âge, précise l'étude.

Les fleuristes ramassent la mise, puisqu'ils concentrent 43% des dépenses relatives au muguet contre 26% à la grande distribution, 14% aux marchés et foires, 9% aux jardineries spécialisées et autres lieux (8%).

La tradition en France d'offrir du muguet le 1er mai en signe de porte-bonheur remonte au roi Charles IX à la Renaissance, précise le blog spécialisé "le mag de Flora".

Remise au goût du jour en 1900 par de grands couturiers parisiens qui se mirent à en offrir à leurs clientes, les clochettes blanches ont ensuite été fixées comme symbole par le maréchal Pétain en 1941 pour remplacer l'églantine rouge, symbole originel de la fête du Travail.

En France, l'essentiel du muguet commercial est récolté dans la région de Nantes et expédié partout en France.

S'il est surtout acheté par les seniors, il est aussi souvent ramassé par des retraités, à la recherche d'un petit travail saisonnier pour faire un complément de revenus, selon des témoignages recueillis par l'AFP dans la région de Nantes.

"Des retraités, il y en a beaucoup et de plus en plus", remarque ainsi Jean-Yves Coutant, 68 ans, ancien agriculteur vendéen avec une "retraite de 800 euros par mois", qui trie et emballe les brins de muguet pour la sixième année consécutive à Saint-Philbert de Grand Lieu. Avec dix jours de travail rémunérés au Smic, il gagnera quelques centaines d'euros, de quoi "mettre un peu de beurre dans les épinards".

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2017/04/3015:13
L'Iran devient autosuffisant en essence

Le président iranien Hassan Rohani a inauguré dimanche une nouvelle raffinerie permettant au pays de devenir autosuffisant dans sa production d'essence, ont rapporté les médias iraniens.

"L'autosuffisance dans la production d'essence est un grand honneur pour le peuple iranien", a déclaré M. Rohani.

Cette raffinerie située à Bandar Abbas (sud), présentée comme l'une des plus grandes au monde, a été construite par "la base Khatam-ol-Anbia", le bras économique et industriel des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime.

L'Iran produit actuellement près de 64 millions de litres d'essence par jour et importe 12 millions pour répondre à la consommation nationale.

La première phase de la raffinerie "Setareh Khalij Fars" (Etoile du Golfe Persique) a une production quotidienne de 12 millions de litres d'essence de qualité Euro 4.

Les deux autres phases du projet entreront en service d'ici 12 mois, ce qui permettra une production totale de 36 millions de litres par jour d'essence euro 4 et euro 5.

Ainsi la production totale d'essence du pays dépassera les 100 millions de litres, selon le site d'information du ministère du Pétrole, Shana.

La raffinerie produira également de 14 millions de litres de gasoil.

"Avec l'entrée en production des deux autres phases de cette raffinerie, l'Iran deviendra exportateur d'essence", a déclaré le général Ebadollah Abdollahi, qui dirige la base Khatam-ol-Anbia, cité par Shana.

La construction de cette raffinerie avait commencé il y a dix ans mais avait été ralentie à cause des sanctions internationales. L'accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet 2015 et la levée d'une partie des sanctions internationales en janvier 2016 ont permis d'accélérer sa construction.

La base Khatam-ol-Anbia des Gardiens de la révolution, qui est toujours frappée par des sanctions américaines notamment, est très présente dans le secteur énergétique avec de nombreux projets de développement, mais aussi dans d'autres secteurs économiques du pays.

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2017/04/3014:06
Décret "Airbnb": les villes vont devoir trancher

Un décret donnant aux grandes villes la possibilité de contraindre les loueurs de logements utilisant des plateformes numériques à se déclarer en mairie, est paru au Journal officiel dimanche, sur lequel les municipalités vont devoir trancher.

Avec ce texte, le gouvernement cherche à garantir l'accès au logement pour les populations dans les grandes villes touristiques, et à répondre aux critiques des hôteliers qui crient à la concurrence déloyale des sites de location en ligne de logements meublés de courte durée.

Le texte permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de créer un numéro d'enregistrement pour les meublés faisant l'objet d'une location de courte durée, afin de pouvoir vérifier qu'ils n’excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales. Avec le cas échéant, des amendes pour les loueurs intensifs qui empiètent sur les plates-bandes des professionnels.

Le syndicat hôtelier Umih et son syndicat associé GNC (Groupement national des chaînes) se sont immédiatement félicités dimanche de la publication du décret: Face à Airbnb, Homeaway et Abritel, "la France se dote enfin d'outils pour permettre contrôle et transparence des locations meublées", souligne un communiqué reçu à l'AFP.

Les deux entités "appellent les municipalités à se saisir de cette nouvelle opportunité sans plus attendre".

Airbnb de son côté met en valeur la difficulté de mise en oeuvre efficace du système: les collectivités devront procéder à des dizaines de milliers de contrôles et les particuliers devront faire plus de formalités en ligne: la simplicité du système actuel sera perdue.

La plateforme californienne, pour laquelle Paris est l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués, se défend de vouloir "ubériser" l'hôtellerie française, et dit vouloir au contraire promouvoir des solutions pro-actives pour développer le marché touristique.

Dans cet esprit, elle a trouvé "des solutions de collaboration avec les collectivités locales pour la collecte automatique de la taxe de séjour qui sera étendue à 50 communes au 1er mai", indique son communiqué.

Elle a aussi proposé en décembre à la ville de Paris de mettre en place un système de blocage automatique des personnes qui louent leur appartement plus de 120 nuits par an, et de lui transmettre les coordonnées de tous ceux qui demandent à dépasser ce seuil fatidique, permettant ainsi des contrôles ciblés et efficaces.

Selon AirBnB, ce système automatique de blocage a déjà été mis en place à Londres (à 90 nuits, selon la réglementation locale), et à Amsterdam. "Il permet d'avoir la certitude que les hôtes Airbnb ne partagent pas leur logement plus de 120 nuits par an, à moins qu'ils ne disposent d'une autorisation pour le faire" dit un communiqué de Airbnb dimanche. "Cela marche très bien" a ajouté un représentant d'Airbnb.

"Nous sommes dans l'attente d'une réponse de la ville de Paris", a-t-il ajouté en précisant que la plateforme californienne a proposé ce modèle à d'autres villes en France.

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2017/04/3013:40
Négociations sur le Brexit: May assure ne pas être dans une "autre galaxie"

La Première ministre britannique Theresa May a assuré dimanche ne pas être dans une "autre galaxie" quant aux négociations avec l'UE sur le Brexit, répondant à des critiques de responsables européens rapportées par la presse l'accusant d'être trop exigeante.

L'affaire faisait même dimanche la Une du Sunday Times: "May vit dans une autre galaxie, dit Bruxelles", écrit le journal, avant de relater la réunion qui s'est tenue mercredi à Londres entre Theresa May, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier.

La cheffe de l'exécutif britannique y aurait ainsi affirmé vouloir discuter d'un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni avant de régler la question sensible de la facture du divorce, ce que refusent les Européens.

"Cela s'est très mal passé", aurait ensuite commenté M. Juncker, cité dans le Sunday Times par l'un de ses assistants, alors qu'il racontait, au téléphone, le contenu de la réunion à la chancelière allemande Angela Merkel.

"Elle est dans une autre galaxie. Sur la base de ce qui s'est passé pendant la réunion, une absence d'accord est plus probable qu'un accord", aurait ajouté le président de la Commission.

"Je ne suis pas dans une autre galaxie", a répondu Mme May, invitée à réagir dans l'émission politique dominicale The Andrew Marr show, sur la BBC.

"Mais je pense que (ces commentaires) et d'autres commentaires que nous avons vus de la part de dirigeants européens montrent qu'il y aura des moments où ces négociations seront difficiles", a-t-elle développé, répétant qu'une absence d'accord était préférable à un "mauvais accord".

"Je tiens à m'assurer que nous tombions d'accord sur un accord commercial et les termes de la sortie", a-t-elle insisté.

"C'est pourquoi nous avons besoin d'un leadership plus fort et stable pour mener ces négociations", a ajouté Theresa May, qui a convoqué des élections législatives anticipées le 8 juin pour renforcer sa position en vue de ces négociations.

Lors d'un sommet à Bruxelles, samedi, les 27 dirigeants de l'UE ont adopté "unanimement" les principes directeurs qui guideront les négociateurs européens, illustrant ainsi leur unité revendiquée face au Royaume-Uni.

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2017/04/3016:42
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L'an dernier, un million de foyers (soit 6,5% des ménages), ont effectué un achat de muguet à l'occasion du 1er mai, s'élevant à 17,7 euros en moyenne, selon l'étude qui ne comprend pas les achats effectués sur la voie publique auprès des particuliers, lesquels bénéficient par dérogation - le jour du 1er mai uniquement - du droit de commercialiser des clochettes blanches parfumées.

Les acheteurs de muguet sont sur-représentés chez les foyers de plus de 65 ans (44%) par rapport à l'ensemble des ménages de France (32%), et plutôt sous-représentés dans les autres tranches d'âge, précise l'étude.

Les fleuristes ramassent la mise, puisqu'ils concentrent 43% des dépenses relatives au muguet contre 26% à la grande distribution, 14% aux marchés et foires, 9% aux jardineries spécialisées et autres lieux (8%).

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Remise au goût du jour en 1900 par de grands couturiers parisiens qui se mirent à en offrir à leurs clientes, les clochettes blanches ont ensuite été fixées comme symbole par le maréchal Pétain en 1941 pour remplacer l'églantine rouge, symbole originel de la fête du Travail.

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S'il est surtout acheté par les seniors, il est aussi souvent ramassé par des retraités, à la recherche d'un petit travail saisonnier pour faire un complément de revenus, selon des témoignages recueillis par l'AFP dans la région de Nantes.

"Des retraités, il y en a beaucoup et de plus en plus", remarque ainsi Jean-Yves Coutant, 68 ans, ancien agriculteur vendéen avec une "retraite de 800 euros par mois", qui trie et emballe les brins de muguet pour la sixième année consécutive à Saint-Philbert de Grand Lieu. Avec dix jours de travail rémunérés au Smic, il gagnera quelques centaines d'euros, de quoi "mettre un peu de beurre dans les épinards".

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2017/04/3015:13
L'Iran devient autosuffisant en essence

Le président iranien Hassan Rohani a inauguré dimanche une nouvelle raffinerie permettant au pays de devenir autosuffisant dans sa production d'essence, ont rapporté les médias iraniens.

"L'autosuffisance dans la production d'essence est un grand honneur pour le peuple iranien", a déclaré M. Rohani.

Cette raffinerie située à Bandar Abbas (sud), présentée comme l'une des plus grandes au monde, a été construite par "la base Khatam-ol-Anbia", le bras économique et industriel des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime.

L'Iran produit actuellement près de 64 millions de litres d'essence par jour et importe 12 millions pour répondre à la consommation nationale.

La première phase de la raffinerie "Setareh Khalij Fars" (Etoile du Golfe Persique) a une production quotidienne de 12 millions de litres d'essence de qualité Euro 4.

Les deux autres phases du projet entreront en service d'ici 12 mois, ce qui permettra une production totale de 36 millions de litres par jour d'essence euro 4 et euro 5.

Ainsi la production totale d'essence du pays dépassera les 100 millions de litres, selon le site d'information du ministère du Pétrole, Shana.

La raffinerie produira également de 14 millions de litres de gasoil.

"Avec l'entrée en production des deux autres phases de cette raffinerie, l'Iran deviendra exportateur d'essence", a déclaré le général Ebadollah Abdollahi, qui dirige la base Khatam-ol-Anbia, cité par Shana.

La construction de cette raffinerie avait commencé il y a dix ans mais avait été ralentie à cause des sanctions internationales. L'accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet 2015 et la levée d'une partie des sanctions internationales en janvier 2016 ont permis d'accélérer sa construction.

La base Khatam-ol-Anbia des Gardiens de la révolution, qui est toujours frappée par des sanctions américaines notamment, est très présente dans le secteur énergétique avec de nombreux projets de développement, mais aussi dans d'autres secteurs économiques du pays.

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2017/04/3014:06
Décret "Airbnb": les villes vont devoir trancher

Un décret donnant aux grandes villes la possibilité de contraindre les loueurs de logements utilisant des plateformes numériques à se déclarer en mairie, est paru au Journal officiel dimanche, sur lequel les municipalités vont devoir trancher.

Avec ce texte, le gouvernement cherche à garantir l'accès au logement pour les populations dans les grandes villes touristiques, et à répondre aux critiques des hôteliers qui crient à la concurrence déloyale des sites de location en ligne de logements meublés de courte durée.

Le texte permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de créer un numéro d'enregistrement pour les meublés faisant l'objet d'une location de courte durée, afin de pouvoir vérifier qu'ils n’excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales. Avec le cas échéant, des amendes pour les loueurs intensifs qui empiètent sur les plates-bandes des professionnels.

Le syndicat hôtelier Umih et son syndicat associé GNC (Groupement national des chaînes) se sont immédiatement félicités dimanche de la publication du décret: Face à Airbnb, Homeaway et Abritel, "la France se dote enfin d'outils pour permettre contrôle et transparence des locations meublées", souligne un communiqué reçu à l'AFP.

Les deux entités "appellent les municipalités à se saisir de cette nouvelle opportunité sans plus attendre".

Airbnb de son côté met en valeur la difficulté de mise en oeuvre efficace du système: les collectivités devront procéder à des dizaines de milliers de contrôles et les particuliers devront faire plus de formalités en ligne: la simplicité du système actuel sera perdue.

La plateforme californienne, pour laquelle Paris est l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués, se défend de vouloir "ubériser" l'hôtellerie française, et dit vouloir au contraire promouvoir des solutions pro-actives pour développer le marché touristique.

Dans cet esprit, elle a trouvé "des solutions de collaboration avec les collectivités locales pour la collecte automatique de la taxe de séjour qui sera étendue à 50 communes au 1er mai", indique son communiqué.

Elle a aussi proposé en décembre à la ville de Paris de mettre en place un système de blocage automatique des personnes qui louent leur appartement plus de 120 nuits par an, et de lui transmettre les coordonnées de tous ceux qui demandent à dépasser ce seuil fatidique, permettant ainsi des contrôles ciblés et efficaces.

Selon AirBnB, ce système automatique de blocage a déjà été mis en place à Londres (à 90 nuits, selon la réglementation locale), et à Amsterdam. "Il permet d'avoir la certitude que les hôtes Airbnb ne partagent pas leur logement plus de 120 nuits par an, à moins qu'ils ne disposent d'une autorisation pour le faire" dit un communiqué de Airbnb dimanche. "Cela marche très bien" a ajouté un représentant d'Airbnb.

"Nous sommes dans l'attente d'une réponse de la ville de Paris", a-t-il ajouté en précisant que la plateforme californienne a proposé ce modèle à d'autres villes en France.

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2017/04/3013:40
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L'affaire faisait même dimanche la Une du Sunday Times: "May vit dans une autre galaxie, dit Bruxelles", écrit le journal, avant de relater la réunion qui s'est tenue mercredi à Londres entre Theresa May, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier.

La cheffe de l'exécutif britannique y aurait ainsi affirmé vouloir discuter d'un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni avant de régler la question sensible de la facture du divorce, ce que refusent les Européens.

"Cela s'est très mal passé", aurait ensuite commenté M. Juncker, cité dans le Sunday Times par l'un de ses assistants, alors qu'il racontait, au téléphone, le contenu de la réunion à la chancelière allemande Angela Merkel.

"Elle est dans une autre galaxie. Sur la base de ce qui s'est passé pendant la réunion, une absence d'accord est plus probable qu'un accord", aurait ajouté le président de la Commission.

"Je ne suis pas dans une autre galaxie", a répondu Mme May, invitée à réagir dans l'émission politique dominicale The Andrew Marr show, sur la BBC.

"Mais je pense que (ces commentaires) et d'autres commentaires que nous avons vus de la part de dirigeants européens montrent qu'il y aura des moments où ces négociations seront difficiles", a-t-elle développé, répétant qu'une absence d'accord était préférable à un "mauvais accord".

"Je tiens à m'assurer que nous tombions d'accord sur un accord commercial et les termes de la sortie", a-t-elle insisté.

"C'est pourquoi nous avons besoin d'un leadership plus fort et stable pour mener ces négociations", a ajouté Theresa May, qui a convoqué des élections législatives anticipées le 8 juin pour renforcer sa position en vue de ces négociations.

Lors d'un sommet à Bruxelles, samedi, les 27 dirigeants de l'UE ont adopté "unanimement" les principes directeurs qui guideront les négociateurs européens, illustrant ainsi leur unité revendiquée face au Royaume-Uni.