Alstom et Bombardier décrochent le méga contrat du RER
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Le consortium Alstom-Bombardier a remporté, sans surprise après l’élimination de son unique rival CAF, le contrat pour les RER nouvelle génération, l’un des plus importants de l’histoire du ferroviaire, avec une première tranche de 1,55 milliard d’euros, et jusqu’à 3,75 milliards.

Le Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif), qui finance l’achat, a passé mercredi commande d’une première tranche de 71 rames, pour 1,55 milliard d’euros, dont 1,15 milliard pour le consortium Alstom et Bombardier (environ 70% Alstom–30% Bombardier). Le reste correspond aux frais des études de conception, d’industrialisation, de suivi de projet et d’homologation.

Des commandes optionnelles devraient ensuite être débloquées. Au total, Alstom et Bombardier pourront avoir à fournir jusqu’à 255 rames (125 pour le RER D et 130 pour le RER E), pour un montant maximum d’environ 3,75 milliards d’euros.

Il s’agit du contrat « le plus important jamais financé par le Stif », et du « plus gros appel d’offres jamais mené par SNCF sur du matériel roulant », selon un communiqué de presse du Stif et de la SNCF – chargée de répondre à l’appel d’offres.

Un train en fabrication dans l'usine Bombardier de Crespin (Nord) le 25 octobre 2006

Pour permettre l’arrivée des trains en 2021, la fabrication « commencera en 2018, et les cadences sont extrêmement rapides, ce sont des cadences qui n’ont jamais été atteintes pour ce type de matériel dans le passé », a expliqué, lors d’une conférence de presse, le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge.

Ces nouveaux RER viendront, dans un premier temps, remplacer les trains vieillissants de la ligne D, à partir de 2021. Le Stif et la SNCF promettent plus d’espace et de confort, mais aussi plus de ponctualité, notamment car ces trains neufs doivent être plus fiables que les anciens.

Ils seront ensuite déployés sur la ligne E lorsqu’elle sera prolongée vers l’ouest, en 2022 jusqu’à Nanterre, puis en 2024 jusqu’à Mantes-la-Jolie. Initialement, seule cette ligne devait en être équipée.

La moyenne d’âge des trains en Ile-de-France est de 27 ans.

– 8.000 emplois dans la filière –

Un premier appel d’offres, lancé en 2012, avait été annulé faute de réponses satisfaisante, et la SNCF en avait lancé un second en mai 2013. Trois candidats avaient répondu: le consortium Alstom-Bombardier, l’espagnol CAF, et l’allemand Siemens.

Ce dernier avait rapidement jeté l’éponge. Quant à CAF, il a été éliminé après que la SNCF a jugé qu’il ne serait pas en mesure de livrer 70 rames par an, ce que conteste l’intéressé.

La présidente de la Région Ile-de-France et du Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif) Valérie Pécresse (g) avec la PDG de la RATP Elisabeth Borne (d), à Paris le 15 novembre 2016

L’espagnol partait pourtant favori dans la course, avec un prix inférieur d’environ 15% à celui proposé par ses concurrents. Mais l’annonce début septembre de la quasi-fermeture de l’usine Alstom de Belfort, puis son sauvetage à coups de commandes de TGV, a pu changer la donne.

Cette commande doit également sécuriser l’emploi: environ 2.000 personnes y travailleront au sein du consortium, à la fois sur le site de Bombardier à Crespin (Nord), et sur huit sites d’Alstom en France – Valenciennes, Reichshoffen, Ornans, Le Creusot, Villeurbanne, Tarbes, Petit-Quevilly, et Saint-Ouen. Et plus de 8.000 emplois doivent être pérennisés au sein de la filière ferroviaire française.

Le PDG d’Alstom a par ailleurs assuré que la fabrication des RER resterait dans l’Hexagone: « Le train sera assemblé à Valenciennes, et intégrera des composants venant d’autres sites (…) en France », a-t-il souligné.

« Il a été voté au Stif un souhait que la SNCF vienne présenter chaque année, et régulièrement, l’état très transparent de la fabrication des rames. (…) Pour chaque tranche (de commandes), nous recontrôlerons que tout cela est bien conforme à l’appel d’offres », a ajouté la présidente (LR) de la région Ile-de-France et du Stif, Valérie Pécresse.

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2017/01/0318:27
La SCPI : un placement en or pour la retraite
Courant décembre, le gouvernement a lancé le premier comparateur officiel des prix des maisons de retraite. Celui-ci répertorie près de 7 000 établissements publics et privés. Quel lien avec les SCPI nous direz-vous ? Simplement le fait que le coût d'hébergement en maison de retraite est élevé et qu'il n'est pas toujours aisé de le financer. De plus en plus d'enfants sont d'ailleurs mis à contribution au regard des obligations alimentaires prévues par le Code civil.   Afin d'éviter d'être à la charge de sa descendance si le montant de ses prestations retraite est inférieur au coût mensuel de l'établissement pour personnes âgées dans lequel on est hébergé, il serait judicieux de disposer d'autres revenus, à savoir de revenus du capital.   En l'état actuel de la situation, la meilleure solution pour bénéficier de revenus complémentaires réguliers offrant un rendement confortable réside dans l'achat de parts de sociétés civiles de placement immobilier, les SCPI. En effet, les SCPI de rendement ont rapporté à leurs détenteurs de parts appelés associés, 4,85 % net en 2015, bien loin des 2,27 % offerts par les contrats d'assurance-vie en euro et de la rémunération de l'épargne réglementée (0,75 %).   En outre, le prix des parts a, toujours en moyenne, été cette même année, revalorisé de 1,55 %, ce qui renforce l'attrait de ce placement plébiscité par les Français depuis plusieurs années. Pour mémoire, les SCPI de rendement sont investies en immobilier tertiaire (bureaux, commerces, entrepôts, immobilier logistique, murs d'hôtels et d'établissements de santé, crèches, établissements d'éducation…).   L'avantage de la détention de parts de SCPI réside dans le fait que les associés ne sont confrontés à aucun souci de gestion puisque c'est la société de gestion qui a créé la SCPI dont on détient des parts qui la gère en contrepartie de frais de gestion. Il en découle une forte tranquillité d'esprit, notamment par rapport à la détention d'immobilier en direct.   En outre, contrairement à l'assurance-vie, les parts de SCPI peuvent être acquises à crédit comme tout bien immobilier. D'un point de vue fiscal, les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus perçus. En période de taux historiquement bas, l'effet de levier joue à plein ce qui permet de maximiser la rentabilité de son investissement. Considérés fort logiquement comme des revenus immobiliers, les dividendes perçus sont imposés comme tels.   Il est possible de maximiser son investissement en achetant ses parts de SCPI de rendement en démembrement temporaire de propriété, plus précisément en achetant la nue-propriété, sur une période allant de 3 à 20 ans. Il est d'ailleurs très astucieux de faire coïncider la date de fin du démembrement avec celle de son départ en retraite. Durant toute la durée du démembrement, le nu-propriétaire ne perçoit pas de dividendes et n'est donc pas assujetti à la moindre fiscalité. Mieux, s'il est redevable de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), la valeur de la nue-propriété sera exclue de l'assiette de l'ISF.   Au-delà des avantages offerts par la détention de SCPI de rendement du point de vue de l'ingénierie patrimoniale, il faut également souligner l'attrait de la mutualisation puisque les SCPI diversifient leurs actifs tant d'un point de vue géographique que typologique. Les SCPI les plus importantes en termes de capitalisation dépassent deux milliards d'euros et regroupent plusieurs dizaines de milliers d'associés.   De plus en plus de SCPI investissent également en zone euro afin de profiter d'économies plus dynamiques que la nôtre et de perspectives de plus-values concomitantes.   Une question se pose : Comment choisir les meilleures SCPI ? Le plus simple est de recourir à un professionnel de la question qui réalisera pour vous gratuitement et sans obligation une simulation SCPI afin de vous proposer les SCPI les plus en rapport avec votre profil patrimonial.   Et cela, c'est le métier des consultants de La Centrale des SCPI chargés de trouver pour leurs clients les SCPI de rendement les plus performantes. Au-delà des simples classements SCPI qui ne se fondent généralement que sur le rendement offert l'année précédente, il importe de réaliser une analyse fine du marché permettant de disposer d'une vue globale de la situation.   Si, vous aussi, souhaitez bénéficier de notre expertise unanimement reconnue, le plus simple est de venir nous rencontrer six jours sur sept au sein de notre boutique, la première consacrée exclusivement à ce type de placement et située au 15 rue Saint-Roch, dans le 1er arrondissement de Paris, à proximité des métros Tuileries et Pyramides. Après avoir réalisé votre bilan patrimonial, nous vous proposerons les SCPI les plus en adéquation avec votre profil.   Vous pouvez également nous téléphoner six jours sur sept au 01.44.56.00.23 afin de bénéficier des mêmes services mais à distance, et ce dans l'attente de l'ouverture d'une boutique de notre réseau près de chez vous.   Enfin, sur notre site Internet : www.centraledesscpi.com, vous trouverez toute l'information actualisée vous permettant d'affiner et de compléter votre connaissance des SCPI. Enfin, une fois votre choix de parts SCPI réalisé, vous pourrez souscrire directement en ligne.   Alors, pour ne pas recourir à l'aide de vos enfants lorsque vous serez à la retraite, pensez aux SCPI de rendement.
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2017/01/2119:53
Le protectionnisme est "la pire des réponses", avertit François Hollande

Le protectionnisme est "la pire des réponses", car il "affecte l'emploi", surtout dans les pays qui "l'installent", a averti samedi à Santiago le chef de l'Etat français François Hollande, faisant clairement allusion à la politique annoncée par le nouveau président américain Donald Trump.

"Nous sommes tout à fait opposés au protectionnisme. Nous sommes pour une mondialisation régulée, pour qu'il y ait des normes sanitaires, des normes sociales (...) dans les échanges entre les pays, entre les régions", a déclaré M. Hollande au palais présidentiel de La Moneda à Santiago, au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue chilienne Michelle Bachelet.

Le "protectionnisme est la pire des réponses", a martelé le chef de l'Etat français. "C'est celle qui en définitive empêche les échanges, nuit à la croissance et affecte l'emploi, y compris dans les pays qui fondent le protectionnisme et qui surtout l'installent".

Assurant qu'il était possible de "changer le monde grâce aux échanges que nous avons organisés ensemble", François Hollande a en outre souhaité que "notre action internationale puisse être dominée par des principes. Et d'abord le multilatéralisme", proclamant son attachement aux Nations unies.

Le président français, qui s'exprimait à l'issue d'une cérémonie de signature d'accords entre la France et le Chili, où il effectue une visite officielle, a aussi évoqué "les liens" existants entre les deux pays.

"Dans ma génération, le Chili représente à la fois une douleur et une espérance. La douleur, ce fut quand il y a eu le coup d'Etat et parce que le président (Salvador) Allende est mort ici dans son palais (en 1973, NDLR). Et l'espérance, c'était ce que nous avions été capables de faire pour accueillir les exilés chiliens et ensuite pour faire l'accompagnement vers la démocratie".

"Et aujourd'hui, le Chili est un pays stable sur le plan politique, dynamique sur le plan économique, et ouvert sur le monde. C'est un exemple pour le monde", a conclu le président français.

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2017/01/2112:08
Picasso à Roissy: quand l'aéroport soigne sa clientèle asiatique

Des céramiques et peintures de Picasso à deux pas des boutiques de luxe et des portes d'embarquement: 35 oeuvres originales de l'artiste sont exposées à partir de samedi à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, dans un terminal pensé pour séduire la clientèle internationale, en particulier venue d'Asie.

Accessible gratuitement aux passagers qui transitent par le terminal 2E, hall M, de l'aéroport parisien, l'exposition "Picasso plein soleil" sera visible jusqu'au 15 juin dans ce qu'Aéroports de Paris (ADP) présente comme le "seul musée aéroportuaire au monde à accueillir des originaux".

Ouvert en 2012, le hall M - "vaisseau amiral" de Roissy-Charles de Gaulle - est le plus haut de gamme de l'aéroport, avec boutiques de luxe et stand de dégustation de caviar.

De là, 6.000 passagers embarquent chaque jour pour des vols longs-courriers, principalement à destination de l'Asie et des Etats-Unis. Et l'aéroport estime que 15 à 20% d'entre eux visitent l'"espace musées", conçu comme une vitrine des musées parisiens.

Le terminal 2E de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 21 juin 2012

Après Rodin ou Dubuffet, l'espace de 250 m2 accueille pour six mois 35 oeuvres de Pablo Picasso, créées alors qu'il vivait sur la Côte d'Azur, et issues des collections du musée Picasso. Le tout dans une ambiance feutrée, seulement troublée par les appels à embarquer.

Pour le directeur de la communication d'ADP, Benjamin Perret, l'art à l'aéroport n'entre "pas dans une logique de rentabilité immédiate", mais permet de "montrer nos infrastructures sous un nouveau jour, de faire en sorte que les passagers se souviennent de nous".

Les aéroports internationaux se livrent une forte concurrence pour "capter la clientèle internationale, et en particulier chinoise", souligne-t-il.

Dans cette logique, le groupe ADP mise beaucoup sur la future liaison express entre Paris et Roissy, le "Charles-de-Gaulle Express", prévu pour fin 2023.

Avec 65,8 millions de voyageurs en 2015, Roissy-Charles de Gaulle est le deuxième aéroport européen.

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2017/01/2110:29
Wall Street impatiente attend les premières mesures de Trump

Wall Street a légèrement baissé cette semaine, montrant quelques signes d'impatience sur les mesures promises par Donald Trump, dont elle va scruter avec attention les premiers pas.

Sur la semaine écoulée, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a perdu 0,29% à 19.827,25 points et le Nasdaq, à dominante technologique 0,34% à 5.555,33 points. L'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,15% à 2.271,31 points.

"C'est le calendrier qui semble commencer à poser problème", a résumé Gregori Volokhine de Meeschaert, qui jugeait que cette impatience était stimulée par la lenteur du processus de confirmation des membres du gouvernement du nouveau président américain.

Les investisseurs se demandent à quel rythme celui qui est devenu le 45e président des Etats-Unis vendredi va pouvoir mettre en place ses promesses de baisses d'impôts, de relance des dépenses d'infrastructures et de déréglementation de certains secteurs, qu'ils jugent positives et qui ont fait bondir Wall Street après son élection.

"Il faut rentrer dans le dur et savoir ce que ce gouvernement peut faire", a jugé de David Levy de Republic Wealth Advisors.

La Bourse de New York se montre avide de détails sur la politique économique que compte mener Donald Trump et s'interroge sur les éventuels obstacles auxquels il pourrait avoir à faire face lors de l'adoption de ses réformes par le Congrès.

Surtout, les investisseurs espèrent que les mesures qu'ils voient d'un bon oeil ne seront pas éclipsées par des déclarations fracassantes du nouveau président ou par une politique protectioniste.

"On n'est plus dans cet état de béatitude. Ils commencent à se dire +les risques reviennent+", a rapporté Gregori Volokhine.

Wall Street en a d'ailleurs montré l'exemple vendredi en accusant brièvement le coup pendant le discours d'investiture du nouveau président où il a mis en avant "l'Amérique d'abord".

"L'enthousiasme s'est dissipé au cours de l'allocution du président Donald Trump. Je pense que par certains aspects, il est apparu dans la confrontation", a estimé Jack Ablin de BMO.

Quelques heures après cela, la Maison Blanche a d'ailleurs fait savoir que les Etats-Unis quitteront l'accord nord-américain de libre-échange (Aléna) s'ils n'arrivent pas à le renégocier.

- Saison des résultats -

Cet intérêt de Wall Street pour la politique devrait rester fort la semaine prochaine avec les premières décisions prises par Donald Trump qui seront également vues comme des indices sur ce qu'il compte faire de l'héritage de l'ancien président Barack Obama.

Même les résultats d'entreprises du 4e trimestre, dont la saison bat son plein, sont lus à ce prisme, les investisseurs s'attachant à regarder les prévisions annoncées par les groupes pour l'année à venir en fonction de leurs attentes concernant la politique économique.

Secteur phare, "la finance a monté depuis l'élection et dans l'ensemble ces gains ont été conservés même après les résultats publiés en fin de semaine dernière et en début de celle-ci", a jugé David Levy.

La publication des résultats va continuer au cours de la semaine à venir avec notamment de nombreux groupes industriels et technologiques.

Sur le front des indicateurs, les marchés prendront notamment connaissance vendredi de la première estimation de la croissance américaine au 4e trimestre de l'année dernière.

Enfin, la politique monétaire revient progressivement sur le devant de la scène après plusieurs déclarations de la présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed), Janet Yellen, cette semaine.

"La bascule vers un ton plus favorable à une hausse des taux continue", ont jugé les analystes de la banque Barclays dans une note.

Lors de la dernière réunion de son comité monétaire (FOMC) le mois dernier la Fed a indiqué qu'elle prévoyait trois relèvements de taux en 2017 mais les spéculations vont bon train sur la manière dont elle prendra en compte l'impact d'un changement de politique économique maintenant que Donald Trump est au pouvoir.

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2017/01/2100:27
Abus de position dominante: Apple poursuit Qualcomm en justice

Déjà épinglé pour des abus de position dominante par les autorités de plusieurs pays, le fournisseur américain de semi-conducteurs Qualcomm est désormais aussi poursuivi en justice par un gros client, le groupe informatique Apple.

Le fabricant de l'iPhone a déposé vendredi en Californie une plainte accusant Qualcomm de l'avoir "surfacturé pour des milliards de dollars" grâce à des pratiques anticoncurrentielles sur des licences d'utilisation de brevets, et réclame des dédommagements.

Apple se dit aussi victime de mesures de rétorsion financière de la part de Qualcomm, parce qu'il a coopéré avec une enquête en Corée du Sud ayant conduit à la condamnation de son fournisseur. Ce dernier a répliqué en accusant la marque à la pomme d'encourager les procédures antitrust à son encontre autour du globe.

"Nous sommes extrêmement déçus de la manière dont Qualcomm mène ses affaires avec nous, et malheureusement, après des années de désaccord sur ce qui constitue des royalties justes et raisonnables, il ne nous reste pas d'autre choix que de nous tourner vers les tribunaux", a indiqué Apple dans un courriel à l'AFP.

Il reproche notamment à Qualcomm de réclamer "cinq fois plus" de royalties que le total de tous les autres détenteurs de brevets avec lesquels il a passé des accords de licence.

Parmi les dommages subis, il évoque en particulier un milliard de dollars qui lui seraient dus aux termes d'un contrat entre les deux entreprises, mais que Qualcomm a refusé de lui reverser parce qu'il a répondu à des requêtes de l'autorité coréenne de la concurrence KFTC.

"Si ce n'était pas suffisant, Qualcomm a ensuite tenté d'extorquer un changement des réponses d'Apple et la fourniture de fausses informations à la KFTC en échange du déblocage de ces paiements", insiste Apple.

Apple n'avait pas cédé, et la KFTC avait finalement infligé en décembre à Qualcomm une amende record d'un peu plus de 850 millions de dollars.

- Attaqué sur tous les continents -

La FTC américaine a également lancé des poursuites plus tôt cette semaine contre Qualcomm, l'accusant d'avoir violé la législation antitrust lors de la vente de certains composants et licences à des fabricants de smartphones, dont Apple.

Le principal grief de tous les accusateurs, c'est que Qualcomm détient des brevets sur des technologies essentielles pour les communications mobiles tout en étant l'un des principaux fournisseurs mondiaux de puces nécessaires à ces communications. Il aurait renforcé sa position dominante en liant la fourniture de ses puces aux fabricants de smartphones avec les tarifs qu'il leur facturait pour pouvoir utiliser ses brevets.

Apple estime avoir particulièrement souffert de ces pratiques. La FTC américaine signalait également dans sa propre plainte que Qualcomm avait imposé au fabricant de l'iPhone de se fournir exclusivement auprès de lui pour ces puces entre 2011 et 2016, en échange de royalties réduites sur ses brevets.

Qualcomm, qui avait déjà contesté les décisions des autorités coréennes et américaines, a également jugé vendredi "sans fondement" la plainte de son grand client.

Don Rosenberg, son vice-président chargé des questions légales, affirme qu'"Apple a intentionnellement déformé (le contenu de) nos accords et négociations, de même que l'ampleur et la valeur des technologies que nous avons inventées", et qu'il "encourage activement les attaques réglementaires contre les activités de Qualcomm dans diverses juridictions du monde".

Le groupe avait également écopé début 2015 d'une amende de 975 millions de dollars en Chine et il évoquait dans son dernier rapport trimestriel en novembre d'autres enquêtes en cours au Japon, à Taïwan ainsi qu'en Europe, où la Commission européenne avait formalisé ses accusations contre lui fin 2015.

"On regarde Qualcomm sur tous les continents de la planète, c'est probablement, stratégiquement, le bon moment pour qu'Apple fasse cela", estime Patrick Moorhead, analyste chez Moor Insight and Strategies.

"Apple n'est pas à l'aise à l'idée de n'avoir qu'un seul fournisseur (de puces), et profite de cette occasion pour s'attaquer à Qualcomm", indique encore l'analyste, n'excluant pas que la plainte soit motivée par la volonté d'augmenter la concurrence contre Qualcomm, ce qui permettrait au fabricant de l'iPhone de négocier des contrats plus favorables.

En attendant, l'affaire a fait baisser l'action Qualcomm de 2,42% à 62,88 dollars vendredi. Apple a gagné 0,18% à 120 dollars.

Ailleurs sur le web

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2017/01/2119:53
Le protectionnisme est "la pire des réponses", avertit François Hollande

Le protectionnisme est "la pire des réponses", car il "affecte l'emploi", surtout dans les pays qui "l'installent", a averti samedi à Santiago le chef de l'Etat français François Hollande, faisant clairement allusion à la politique annoncée par le nouveau président américain Donald Trump.

"Nous sommes tout à fait opposés au protectionnisme. Nous sommes pour une mondialisation régulée, pour qu'il y ait des normes sanitaires, des normes sociales (...) dans les échanges entre les pays, entre les régions", a déclaré M. Hollande au palais présidentiel de La Moneda à Santiago, au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue chilienne Michelle Bachelet.

Le "protectionnisme est la pire des réponses", a martelé le chef de l'Etat français. "C'est celle qui en définitive empêche les échanges, nuit à la croissance et affecte l'emploi, y compris dans les pays qui fondent le protectionnisme et qui surtout l'installent".

Assurant qu'il était possible de "changer le monde grâce aux échanges que nous avons organisés ensemble", François Hollande a en outre souhaité que "notre action internationale puisse être dominée par des principes. Et d'abord le multilatéralisme", proclamant son attachement aux Nations unies.

Le président français, qui s'exprimait à l'issue d'une cérémonie de signature d'accords entre la France et le Chili, où il effectue une visite officielle, a aussi évoqué "les liens" existants entre les deux pays.

"Dans ma génération, le Chili représente à la fois une douleur et une espérance. La douleur, ce fut quand il y a eu le coup d'Etat et parce que le président (Salvador) Allende est mort ici dans son palais (en 1973, NDLR). Et l'espérance, c'était ce que nous avions été capables de faire pour accueillir les exilés chiliens et ensuite pour faire l'accompagnement vers la démocratie".

"Et aujourd'hui, le Chili est un pays stable sur le plan politique, dynamique sur le plan économique, et ouvert sur le monde. C'est un exemple pour le monde", a conclu le président français.

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2017/01/2112:08
Picasso à Roissy: quand l'aéroport soigne sa clientèle asiatique

Des céramiques et peintures de Picasso à deux pas des boutiques de luxe et des portes d'embarquement: 35 oeuvres originales de l'artiste sont exposées à partir de samedi à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, dans un terminal pensé pour séduire la clientèle internationale, en particulier venue d'Asie.

Accessible gratuitement aux passagers qui transitent par le terminal 2E, hall M, de l'aéroport parisien, l'exposition "Picasso plein soleil" sera visible jusqu'au 15 juin dans ce qu'Aéroports de Paris (ADP) présente comme le "seul musée aéroportuaire au monde à accueillir des originaux".

Ouvert en 2012, le hall M - "vaisseau amiral" de Roissy-Charles de Gaulle - est le plus haut de gamme de l'aéroport, avec boutiques de luxe et stand de dégustation de caviar.

De là, 6.000 passagers embarquent chaque jour pour des vols longs-courriers, principalement à destination de l'Asie et des Etats-Unis. Et l'aéroport estime que 15 à 20% d'entre eux visitent l'"espace musées", conçu comme une vitrine des musées parisiens.

Le terminal 2E de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 21 juin 2012

Après Rodin ou Dubuffet, l'espace de 250 m2 accueille pour six mois 35 oeuvres de Pablo Picasso, créées alors qu'il vivait sur la Côte d'Azur, et issues des collections du musée Picasso. Le tout dans une ambiance feutrée, seulement troublée par les appels à embarquer.

Pour le directeur de la communication d'ADP, Benjamin Perret, l'art à l'aéroport n'entre "pas dans une logique de rentabilité immédiate", mais permet de "montrer nos infrastructures sous un nouveau jour, de faire en sorte que les passagers se souviennent de nous".

Les aéroports internationaux se livrent une forte concurrence pour "capter la clientèle internationale, et en particulier chinoise", souligne-t-il.

Dans cette logique, le groupe ADP mise beaucoup sur la future liaison express entre Paris et Roissy, le "Charles-de-Gaulle Express", prévu pour fin 2023.

Avec 65,8 millions de voyageurs en 2015, Roissy-Charles de Gaulle est le deuxième aéroport européen.

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2017/01/2110:29
Wall Street impatiente attend les premières mesures de Trump

Wall Street a légèrement baissé cette semaine, montrant quelques signes d'impatience sur les mesures promises par Donald Trump, dont elle va scruter avec attention les premiers pas.

Sur la semaine écoulée, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a perdu 0,29% à 19.827,25 points et le Nasdaq, à dominante technologique 0,34% à 5.555,33 points. L'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,15% à 2.271,31 points.

"C'est le calendrier qui semble commencer à poser problème", a résumé Gregori Volokhine de Meeschaert, qui jugeait que cette impatience était stimulée par la lenteur du processus de confirmation des membres du gouvernement du nouveau président américain.

Les investisseurs se demandent à quel rythme celui qui est devenu le 45e président des Etats-Unis vendredi va pouvoir mettre en place ses promesses de baisses d'impôts, de relance des dépenses d'infrastructures et de déréglementation de certains secteurs, qu'ils jugent positives et qui ont fait bondir Wall Street après son élection.

"Il faut rentrer dans le dur et savoir ce que ce gouvernement peut faire", a jugé de David Levy de Republic Wealth Advisors.

La Bourse de New York se montre avide de détails sur la politique économique que compte mener Donald Trump et s'interroge sur les éventuels obstacles auxquels il pourrait avoir à faire face lors de l'adoption de ses réformes par le Congrès.

Surtout, les investisseurs espèrent que les mesures qu'ils voient d'un bon oeil ne seront pas éclipsées par des déclarations fracassantes du nouveau président ou par une politique protectioniste.

"On n'est plus dans cet état de béatitude. Ils commencent à se dire +les risques reviennent+", a rapporté Gregori Volokhine.

Wall Street en a d'ailleurs montré l'exemple vendredi en accusant brièvement le coup pendant le discours d'investiture du nouveau président où il a mis en avant "l'Amérique d'abord".

"L'enthousiasme s'est dissipé au cours de l'allocution du président Donald Trump. Je pense que par certains aspects, il est apparu dans la confrontation", a estimé Jack Ablin de BMO.

Quelques heures après cela, la Maison Blanche a d'ailleurs fait savoir que les Etats-Unis quitteront l'accord nord-américain de libre-échange (Aléna) s'ils n'arrivent pas à le renégocier.

- Saison des résultats -

Cet intérêt de Wall Street pour la politique devrait rester fort la semaine prochaine avec les premières décisions prises par Donald Trump qui seront également vues comme des indices sur ce qu'il compte faire de l'héritage de l'ancien président Barack Obama.

Même les résultats d'entreprises du 4e trimestre, dont la saison bat son plein, sont lus à ce prisme, les investisseurs s'attachant à regarder les prévisions annoncées par les groupes pour l'année à venir en fonction de leurs attentes concernant la politique économique.

Secteur phare, "la finance a monté depuis l'élection et dans l'ensemble ces gains ont été conservés même après les résultats publiés en fin de semaine dernière et en début de celle-ci", a jugé David Levy.

La publication des résultats va continuer au cours de la semaine à venir avec notamment de nombreux groupes industriels et technologiques.

Sur le front des indicateurs, les marchés prendront notamment connaissance vendredi de la première estimation de la croissance américaine au 4e trimestre de l'année dernière.

Enfin, la politique monétaire revient progressivement sur le devant de la scène après plusieurs déclarations de la présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed), Janet Yellen, cette semaine.

"La bascule vers un ton plus favorable à une hausse des taux continue", ont jugé les analystes de la banque Barclays dans une note.

Lors de la dernière réunion de son comité monétaire (FOMC) le mois dernier la Fed a indiqué qu'elle prévoyait trois relèvements de taux en 2017 mais les spéculations vont bon train sur la manière dont elle prendra en compte l'impact d'un changement de politique économique maintenant que Donald Trump est au pouvoir.

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2017/01/2100:27
Abus de position dominante: Apple poursuit Qualcomm en justice

Déjà épinglé pour des abus de position dominante par les autorités de plusieurs pays, le fournisseur américain de semi-conducteurs Qualcomm est désormais aussi poursuivi en justice par un gros client, le groupe informatique Apple.

Le fabricant de l'iPhone a déposé vendredi en Californie une plainte accusant Qualcomm de l'avoir "surfacturé pour des milliards de dollars" grâce à des pratiques anticoncurrentielles sur des licences d'utilisation de brevets, et réclame des dédommagements.

Apple se dit aussi victime de mesures de rétorsion financière de la part de Qualcomm, parce qu'il a coopéré avec une enquête en Corée du Sud ayant conduit à la condamnation de son fournisseur. Ce dernier a répliqué en accusant la marque à la pomme d'encourager les procédures antitrust à son encontre autour du globe.

"Nous sommes extrêmement déçus de la manière dont Qualcomm mène ses affaires avec nous, et malheureusement, après des années de désaccord sur ce qui constitue des royalties justes et raisonnables, il ne nous reste pas d'autre choix que de nous tourner vers les tribunaux", a indiqué Apple dans un courriel à l'AFP.

Il reproche notamment à Qualcomm de réclamer "cinq fois plus" de royalties que le total de tous les autres détenteurs de brevets avec lesquels il a passé des accords de licence.

Parmi les dommages subis, il évoque en particulier un milliard de dollars qui lui seraient dus aux termes d'un contrat entre les deux entreprises, mais que Qualcomm a refusé de lui reverser parce qu'il a répondu à des requêtes de l'autorité coréenne de la concurrence KFTC.

"Si ce n'était pas suffisant, Qualcomm a ensuite tenté d'extorquer un changement des réponses d'Apple et la fourniture de fausses informations à la KFTC en échange du déblocage de ces paiements", insiste Apple.

Apple n'avait pas cédé, et la KFTC avait finalement infligé en décembre à Qualcomm une amende record d'un peu plus de 850 millions de dollars.

- Attaqué sur tous les continents -

La FTC américaine a également lancé des poursuites plus tôt cette semaine contre Qualcomm, l'accusant d'avoir violé la législation antitrust lors de la vente de certains composants et licences à des fabricants de smartphones, dont Apple.

Le principal grief de tous les accusateurs, c'est que Qualcomm détient des brevets sur des technologies essentielles pour les communications mobiles tout en étant l'un des principaux fournisseurs mondiaux de puces nécessaires à ces communications. Il aurait renforcé sa position dominante en liant la fourniture de ses puces aux fabricants de smartphones avec les tarifs qu'il leur facturait pour pouvoir utiliser ses brevets.

Apple estime avoir particulièrement souffert de ces pratiques. La FTC américaine signalait également dans sa propre plainte que Qualcomm avait imposé au fabricant de l'iPhone de se fournir exclusivement auprès de lui pour ces puces entre 2011 et 2016, en échange de royalties réduites sur ses brevets.

Qualcomm, qui avait déjà contesté les décisions des autorités coréennes et américaines, a également jugé vendredi "sans fondement" la plainte de son grand client.

Don Rosenberg, son vice-président chargé des questions légales, affirme qu'"Apple a intentionnellement déformé (le contenu de) nos accords et négociations, de même que l'ampleur et la valeur des technologies que nous avons inventées", et qu'il "encourage activement les attaques réglementaires contre les activités de Qualcomm dans diverses juridictions du monde".

Le groupe avait également écopé début 2015 d'une amende de 975 millions de dollars en Chine et il évoquait dans son dernier rapport trimestriel en novembre d'autres enquêtes en cours au Japon, à Taïwan ainsi qu'en Europe, où la Commission européenne avait formalisé ses accusations contre lui fin 2015.

"On regarde Qualcomm sur tous les continents de la planète, c'est probablement, stratégiquement, le bon moment pour qu'Apple fasse cela", estime Patrick Moorhead, analyste chez Moor Insight and Strategies.

"Apple n'est pas à l'aise à l'idée de n'avoir qu'un seul fournisseur (de puces), et profite de cette occasion pour s'attaquer à Qualcomm", indique encore l'analyste, n'excluant pas que la plainte soit motivée par la volonté d'augmenter la concurrence contre Qualcomm, ce qui permettrait au fabricant de l'iPhone de négocier des contrats plus favorables.

En attendant, l'affaire a fait baisser l'action Qualcomm de 2,42% à 62,88 dollars vendredi. Apple a gagné 0,18% à 120 dollars.