Nucléaire: l’Etat à la manoeuvre pour soutenir la filière
article-image

En cédant une partie du capital d’Engie, l’Etat a engagé les grandes manœuvres pour aider la filiale du nucléaire français mais se retrouve dépendant d’un calendrier défavorable pour ses intérêts financiers.

Les besoins de cette filière, à la peine depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, sont gigantesques.

Areva et EDF doivent réaliser deux augmentations de capital, respectivement de 5 et 4 milliards d’euros. L’Etat, actionnaire à plus de 80% des deux groupes, s’est engagé à participer à hauteur de 4,5 milliards à celle d’Areva et de 3 milliards d’euros à celle d’EDF.

Les pouvoirs publics vont en outre prêter 3,3 milliards d’euros à Areva pour lui permettre de tenir avant d’être recapitalisé.

Mardi, l’Agence des participations de l’Etat (APE), qui gère les participations de l’Etat dans les entreprises, a cédé 4,1% du capital d’Engie soit 100 millions d’actions – 10 millions de plus qu’annoncé initialement – pour un total de 1,14 milliard d’euros.

Cette vente est intervenue le jour même du feu vert donné par la Commission européenne au plan de sauvetage d’Areva mais les conditions posées à la recapitalisation du spécialiste français du nucléaire contraignent l’Etat à le perfuser pour assurer sa survie d’ici là.

#photo1

Le produit de la cession des actions Engie « pourra servir à financer des investissements de l’Etat actionnaire, notamment la refondation de la filière nucléaire », a reconnu l’APE.

La vente de titres Engie a été un succès mais a été réalisée à un cours proche du plus bas niveau atteint par le titre.

L’opération a rencontré une « forte demande », la taille du placement et son prix ayant de ce fait pu être optimisés, explique à l’AFP Jean-Baptiste Giros, coresponsable marché primaire actions France-Belgique-Luxembourg chez Société Générale-CIB, chargée de l’opération.

La cession s’est faite au prix de 11,40 euros l’action – le bas de la fourchette proposée était de 11,37 euros -, soit une décote de 4,4% par rapport au cours de clôture mardi.

« C’est très satisfaisant pour un placement de cette taille », explique M. Giros, ajoutant par ailleurs que l’opération n’a pas « trop désarçonné le cours de Bourse », qui navigue au-dessus du prix de cession depuis l’ouverture. « C’est important » puisque l’Etat reste actionnaire de référence, observe-t-il.

– « L’Etat vend à prix bradé » –

A 15H35 (14H35 GMT), l’action perdait 3,39% à 11,53 euros, dans un marché stable (+0,06%).

« Ce qui est un peu plus embêtant pour l’Etat, c’est qu’il était prisonnier du calendrier autour d’Areva », affirme à l’AFP un stratégiste du courtier Aurel BGC.

« Ils n’ont pu faire le placement qu’aujourd’hui (mercredi) seulement à un prix proche des plus bas historiques (…) pas très loin des 11,22 euros au plus bas atteints en séance le 18 novembre » 2016, ajoute-t-il.

#photo2

Selon lui, « l’Etat vend à prix bradé une partie du capital », alors que « l’année dernière, l’action Engie était montée jusqu’à 15 euros et plus, et elle valait plus de 20 euros en 2014 ».

L’Etat est présent, via l’APE, au capital de 81 entreprises, dont 13 sont cotées en Bourse. En 2016, son portefeuille coté a perdu 11,5%.

Le portefeuille coté devrait par ailleurs augmenter cette année avec les renflouements d’EDF et Areva, compensées en partie seulement par de nouvelles cessions.

Parmi les pistes dont il disposait pour soutenir les deux géants du secteur, l’Etat pouvait soit piocher dans son budget soit financer ces opérations sur les fonds de l’APE. C’est cette dernière option qui a été retenue.

L’APE ne pouvant puiser dans ses dividendes, destinés au désendettement de l’Etat, elle le fait via sa cagnotte appelée compte d’affectation spécial (CAS).

L’Etat peut par exemple céder une partie de sa participation dans Renault, qu’il avait augmenté de façon provisoire pour permettre l’application de la loi « Florange » garantissant des droits de vote doubles aux actionnaires présents dans les entreprises depuis plus de deux ans.

Les fluctuations du cours du constructeur automobile ont jusqu’à présent poussé l’APE à différer la revente des titres mais elle a encore quelques mois pour dégager les marges financières nécessaires à ces diverses opérations.

Tous les jours sur TV Finance

article-image
2017/04/3015:13
L'Iran devient autosuffisant en essence

Le président iranien Hassan Rohani a inauguré dimanche une nouvelle raffinerie permettant au pays de devenir autosuffisant dans sa production d'essence, ont rapporté les médias iraniens.

"L'autosuffisance dans la production d'essence est un grand honneur pour le peuple iranien", a déclaré M. Rohani.

Cette raffinerie située à Bandar Abbas (sud), présentée comme l'une des plus grandes au monde, a été construite par "la base Khatam-ol-Anbia", le bras économique et industriel des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime.

L'Iran produit actuellement près de 64 millions de litres d'essence par jour et importe 12 millions pour répondre à la consommation nationale.

La première phase de la raffinerie "Setareh Khalij Fars" (Etoile du Golfe Persique) a une production quotidienne de 12 millions de litres d'essence de qualité Euro 4.

Les deux autres phases du projet entreront en service d'ici 12 mois, ce qui permettra une production totale de 36 millions de litres par jour d'essence euro 4 et euro 5.

Ainsi la production totale d'essence du pays dépassera les 100 millions de litres, selon le site d'information du ministère du Pétrole, Shana.

La raffinerie produira également de 14 millions de litres de gasoil.

"Avec l'entrée en production des deux autres phases de cette raffinerie, l'Iran deviendra exportateur d'essence", a déclaré le général Ebadollah Abdollahi, qui dirige la base Khatam-ol-Anbia, cité par Shana.

La construction de cette raffinerie avait commencé il y a dix ans mais avait été ralentie à cause des sanctions internationales. L'accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet 2015 et la levée d'une partie des sanctions internationales en janvier 2016 ont permis d'accélérer sa construction.

La base Khatam-ol-Anbia des Gardiens de la révolution, qui est toujours frappée par des sanctions américaines notamment, est très présente dans le secteur énergétique avec de nombreux projets de développement, mais aussi dans d'autres secteurs économiques du pays.

article-image
2017/04/3014:06
Décret "Airbnb": les villes vont devoir trancher

Un décret donnant aux grandes villes la possibilité de contraindre les loueurs de logements utilisant des plateformes numériques à se déclarer en mairie, est paru au Journal officiel dimanche, sur lequel les municipalités vont devoir trancher.

Avec ce texte, le gouvernement cherche à garantir l'accès au logement pour les populations dans les grandes villes touristiques, et à répondre aux critiques des hôteliers qui crient à la concurrence déloyale des sites de location en ligne de logements meublés de courte durée.

Le texte permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de créer un numéro d'enregistrement pour les meublés faisant l'objet d'une location de courte durée, afin de pouvoir vérifier qu'ils n’excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales. Avec le cas échéant, des amendes pour les loueurs intensifs qui empiètent sur les plates-bandes des professionnels.

Le syndicat hôtelier Umih et son syndicat associé GNC (Groupement national des chaînes) se sont immédiatement félicités dimanche de la publication du décret: Face à Airbnb, Homeaway et Abritel, "la France se dote enfin d'outils pour permettre contrôle et transparence des locations meublées", souligne un communiqué reçu à l'AFP.

Les deux entités "appellent les municipalités à se saisir de cette nouvelle opportunité sans plus attendre".

Airbnb de son côté met en valeur la difficulté de mise en oeuvre efficace du système: les collectivités devront procéder à des dizaines de milliers de contrôles et les particuliers devront faire plus de formalités en ligne: la simplicité du système actuel sera perdue.

La plateforme californienne, pour laquelle Paris est l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués, se défend de vouloir "ubériser" l'hôtellerie française, et dit vouloir au contraire promouvoir des solutions pro-actives pour développer le marché touristique.

Dans cet esprit, elle a trouvé "des solutions de collaboration avec les collectivités locales pour la collecte automatique de la taxe de séjour qui sera étendue à 50 communes au 1er mai", indique son communiqué.

Elle a aussi proposé en décembre à la ville de Paris de mettre en place un système de blocage automatique des personnes qui louent leur appartement plus de 120 nuits par an, et de lui transmettre les coordonnées de tous ceux qui demandent à dépasser ce seuil fatidique, permettant ainsi des contrôles ciblés et efficaces.

Selon AirBnB, ce système automatique de blocage a déjà été mis en place à Londres (à 90 nuits, selon la réglementation locale), et à Amsterdam. "Il permet d'avoir la certitude que les hôtes Airbnb ne partagent pas leur logement plus de 120 nuits par an, à moins qu'ils ne disposent d'une autorisation pour le faire" dit un communiqué de Airbnb dimanche. "Cela marche très bien" a ajouté un représentant d'Airbnb.

"Nous sommes dans l'attente d'une réponse de la ville de Paris", a-t-il ajouté en précisant que la plateforme californienne a proposé ce modèle à d'autres villes en France.

article-image
2017/04/3013:40
Négociations sur le Brexit: May assure ne pas être dans une "autre galaxie"

La Première ministre britannique Theresa May a assuré dimanche ne pas être dans une "autre galaxie" quant aux négociations avec l'UE sur le Brexit, répondant à des critiques de responsables européens rapportées par la presse l'accusant d'être trop exigeante.

L'affaire faisait même dimanche la Une du Sunday Times: "May vit dans une autre galaxie, dit Bruxelles", écrit le journal, avant de relater la réunion qui s'est tenue mercredi à Londres entre Theresa May, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier.

La cheffe de l'exécutif britannique y aurait ainsi affirmé vouloir discuter d'un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni avant de régler la question sensible de la facture du divorce, ce que refusent les Européens.

"Cela s'est très mal passé", aurait ensuite commenté M. Juncker, cité dans le Sunday Times par l'un de ses assistants, alors qu'il racontait, au téléphone, le contenu de la réunion à la chancelière allemande Angela Merkel.

"Elle est dans une autre galaxie. Sur la base de ce qui s'est passé pendant la réunion, une absence d'accord est plus probable qu'un accord", aurait ajouté le président de la Commission.

"Je ne suis pas dans une autre galaxie", a répondu Mme May, invitée à réagir dans l'émission politique dominicale The Andrew Marr show, sur la BBC.

"Mais je pense que (ces commentaires) et d'autres commentaires que nous avons vus de la part de dirigeants européens montrent qu'il y aura des moments où ces négociations seront difficiles", a-t-elle développé, répétant qu'une absence d'accord était préférable à un "mauvais accord".

"Je tiens à m'assurer que nous tombions d'accord sur un accord commercial et les termes de la sortie", a-t-elle insisté.

"C'est pourquoi nous avons besoin d'un leadership plus fort et stable pour mener ces négociations", a ajouté Theresa May, qui a convoqué des élections législatives anticipées le 8 juin pour renforcer sa position en vue de ces négociations.

Lors d'un sommet à Bruxelles, samedi, les 27 dirigeants de l'UE ont adopté "unanimement" les principes directeurs qui guideront les négociateurs européens, illustrant ainsi leur unité revendiquée face au Royaume-Uni.

article-image
2017/04/3013:24
Sortie de l'euro: Marine Le Pen récuse toute "contradiction"

Marine Le Pen a récusé dimanche toute "contradiction" dans sa position sur l'euro, après avoir affirmé samedi dans son projet d'accord avec Nicolas Dupont-Aignan que "la transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne n'est pas un préalable à toute politique économique".

"Cela fait assez longtemps que je réclame la transformation de la monnaie unique vers la monnaie commune. Par conséquent, il n'y a là aucune contradiction. Oui, je pense que l'on peut parfaitement conserver l'euro monnaie commune", a déclaré la candidate FN à la présidentielle au micro de BFMTV, convié avec quelques médias à une visite imprévue sur le site de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Un peu plus tard, lors d'une déambulation sur un sentier forestier proche de l'usine en présence notamment de l'AFP, Mme Le Pen a assuré avoir "dit cent fois +sans une monnaie nationale on ne peut pas sauver l'emploi et retrouver la compétitivité+" et "toujours dit que c'était négociable". Plaidant qu'"il faut faire les choses de manière pragmatique, pas idéologique", la candidate a dit n'avoir "pas le sentiment qu'il y ait eu un infléchissement mais une précision" via l'accord avec Nicolas Dupont-Aignan.

"Dans le cadre des quatre souverainetés que je veux négocier, la souveraineté monétaire arrivera à la fin des négociations, pour une raison très simple: il est nécessaire d'attendre les élections allemandes où, après tout, la majorité pourrait changer -après tout Mme Merkel n'est pas totalement inamovible. Et peut-être même l'élection italienne, car ce sont des partenaires essentiels" et "le souhait de retour d'une monnaie nationale est extrêmement fort" en Italie, a-t-elle ajouté.

Selon le vice-président du parti, Florian Philippot, ce que précise l'accord avec le souverainiste, "c'est que, pendant ces six mois (de négociations avec l'UE, NDLR), on peut quand même faire des choses en matière économique". Il sera possible de "supprimer la loi El Khomri que M. Macron veut agraver par ordonnances, augmenter le minimum vieillesse, on pourra augmenter l'allocation adulte handicapé de 200 euros, on pourra faire du patriotisme économique", a assuré cet eurodéputé FN sur France 3.

"Surtout, ce sont les Français qui trancheront par référendum", a-t-il ajouté.

"Marine Le Pen n'a pas changé de position", a aussi assuré la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, invitée du "Grand-Rendez-Vous" CNews/Europe1/LesEchos. La nièce de la candidate a aussi jugé "important de dire aux Français que rien ne se fera sans eux, les Français seront consultés sur ce grand débat de société".

Marine Le Pen a régulièrement répété que, dès son élection, si elle remportait la présidentielle, elle entamerait une négociation avec l'UE pour "restituer au peuple français sa souveraineté monétaire, législative, territoriale, économique". À l'issue de cette négociation à laquelle elle accordait six mois, elle prévoyait un référendum sur l'appartenance à l'UE.

Dans un entretien au Parisien dimanche, Mme Le Pen affirme que la France aura "une monnaie nationale" si elle est élue présidente, "comme tous les autres pays".

La candidate FN a ajouté que "nous aurons ensemble une monnaie commune", qui ne "concernera pas les achats quotidiens, mais uniquement les grandes entreprises qui font du commerce international".

Ailleurs sur le web

article-image
2017/04/3015:13
L'Iran devient autosuffisant en essence

Le président iranien Hassan Rohani a inauguré dimanche une nouvelle raffinerie permettant au pays de devenir autosuffisant dans sa production d'essence, ont rapporté les médias iraniens.

"L'autosuffisance dans la production d'essence est un grand honneur pour le peuple iranien", a déclaré M. Rohani.

Cette raffinerie située à Bandar Abbas (sud), présentée comme l'une des plus grandes au monde, a été construite par "la base Khatam-ol-Anbia", le bras économique et industriel des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime.

L'Iran produit actuellement près de 64 millions de litres d'essence par jour et importe 12 millions pour répondre à la consommation nationale.

La première phase de la raffinerie "Setareh Khalij Fars" (Etoile du Golfe Persique) a une production quotidienne de 12 millions de litres d'essence de qualité Euro 4.

Les deux autres phases du projet entreront en service d'ici 12 mois, ce qui permettra une production totale de 36 millions de litres par jour d'essence euro 4 et euro 5.

Ainsi la production totale d'essence du pays dépassera les 100 millions de litres, selon le site d'information du ministère du Pétrole, Shana.

La raffinerie produira également de 14 millions de litres de gasoil.

"Avec l'entrée en production des deux autres phases de cette raffinerie, l'Iran deviendra exportateur d'essence", a déclaré le général Ebadollah Abdollahi, qui dirige la base Khatam-ol-Anbia, cité par Shana.

La construction de cette raffinerie avait commencé il y a dix ans mais avait été ralentie à cause des sanctions internationales. L'accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet 2015 et la levée d'une partie des sanctions internationales en janvier 2016 ont permis d'accélérer sa construction.

La base Khatam-ol-Anbia des Gardiens de la révolution, qui est toujours frappée par des sanctions américaines notamment, est très présente dans le secteur énergétique avec de nombreux projets de développement, mais aussi dans d'autres secteurs économiques du pays.

article-image
2017/04/3014:06
Décret "Airbnb": les villes vont devoir trancher

Un décret donnant aux grandes villes la possibilité de contraindre les loueurs de logements utilisant des plateformes numériques à se déclarer en mairie, est paru au Journal officiel dimanche, sur lequel les municipalités vont devoir trancher.

Avec ce texte, le gouvernement cherche à garantir l'accès au logement pour les populations dans les grandes villes touristiques, et à répondre aux critiques des hôteliers qui crient à la concurrence déloyale des sites de location en ligne de logements meublés de courte durée.

Le texte permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de créer un numéro d'enregistrement pour les meublés faisant l'objet d'une location de courte durée, afin de pouvoir vérifier qu'ils n’excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales. Avec le cas échéant, des amendes pour les loueurs intensifs qui empiètent sur les plates-bandes des professionnels.

Le syndicat hôtelier Umih et son syndicat associé GNC (Groupement national des chaînes) se sont immédiatement félicités dimanche de la publication du décret: Face à Airbnb, Homeaway et Abritel, "la France se dote enfin d'outils pour permettre contrôle et transparence des locations meublées", souligne un communiqué reçu à l'AFP.

Les deux entités "appellent les municipalités à se saisir de cette nouvelle opportunité sans plus attendre".

Airbnb de son côté met en valeur la difficulté de mise en oeuvre efficace du système: les collectivités devront procéder à des dizaines de milliers de contrôles et les particuliers devront faire plus de formalités en ligne: la simplicité du système actuel sera perdue.

La plateforme californienne, pour laquelle Paris est l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués, se défend de vouloir "ubériser" l'hôtellerie française, et dit vouloir au contraire promouvoir des solutions pro-actives pour développer le marché touristique.

Dans cet esprit, elle a trouvé "des solutions de collaboration avec les collectivités locales pour la collecte automatique de la taxe de séjour qui sera étendue à 50 communes au 1er mai", indique son communiqué.

Elle a aussi proposé en décembre à la ville de Paris de mettre en place un système de blocage automatique des personnes qui louent leur appartement plus de 120 nuits par an, et de lui transmettre les coordonnées de tous ceux qui demandent à dépasser ce seuil fatidique, permettant ainsi des contrôles ciblés et efficaces.

Selon AirBnB, ce système automatique de blocage a déjà été mis en place à Londres (à 90 nuits, selon la réglementation locale), et à Amsterdam. "Il permet d'avoir la certitude que les hôtes Airbnb ne partagent pas leur logement plus de 120 nuits par an, à moins qu'ils ne disposent d'une autorisation pour le faire" dit un communiqué de Airbnb dimanche. "Cela marche très bien" a ajouté un représentant d'Airbnb.

"Nous sommes dans l'attente d'une réponse de la ville de Paris", a-t-il ajouté en précisant que la plateforme californienne a proposé ce modèle à d'autres villes en France.

article-image
2017/04/3013:40
Négociations sur le Brexit: May assure ne pas être dans une "autre galaxie"

La Première ministre britannique Theresa May a assuré dimanche ne pas être dans une "autre galaxie" quant aux négociations avec l'UE sur le Brexit, répondant à des critiques de responsables européens rapportées par la presse l'accusant d'être trop exigeante.

L'affaire faisait même dimanche la Une du Sunday Times: "May vit dans une autre galaxie, dit Bruxelles", écrit le journal, avant de relater la réunion qui s'est tenue mercredi à Londres entre Theresa May, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier.

La cheffe de l'exécutif britannique y aurait ainsi affirmé vouloir discuter d'un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni avant de régler la question sensible de la facture du divorce, ce que refusent les Européens.

"Cela s'est très mal passé", aurait ensuite commenté M. Juncker, cité dans le Sunday Times par l'un de ses assistants, alors qu'il racontait, au téléphone, le contenu de la réunion à la chancelière allemande Angela Merkel.

"Elle est dans une autre galaxie. Sur la base de ce qui s'est passé pendant la réunion, une absence d'accord est plus probable qu'un accord", aurait ajouté le président de la Commission.

"Je ne suis pas dans une autre galaxie", a répondu Mme May, invitée à réagir dans l'émission politique dominicale The Andrew Marr show, sur la BBC.

"Mais je pense que (ces commentaires) et d'autres commentaires que nous avons vus de la part de dirigeants européens montrent qu'il y aura des moments où ces négociations seront difficiles", a-t-elle développé, répétant qu'une absence d'accord était préférable à un "mauvais accord".

"Je tiens à m'assurer que nous tombions d'accord sur un accord commercial et les termes de la sortie", a-t-elle insisté.

"C'est pourquoi nous avons besoin d'un leadership plus fort et stable pour mener ces négociations", a ajouté Theresa May, qui a convoqué des élections législatives anticipées le 8 juin pour renforcer sa position en vue de ces négociations.

Lors d'un sommet à Bruxelles, samedi, les 27 dirigeants de l'UE ont adopté "unanimement" les principes directeurs qui guideront les négociateurs européens, illustrant ainsi leur unité revendiquée face au Royaume-Uni.

article-image
2017/04/3013:24
Sortie de l'euro: Marine Le Pen récuse toute "contradiction"

Marine Le Pen a récusé dimanche toute "contradiction" dans sa position sur l'euro, après avoir affirmé samedi dans son projet d'accord avec Nicolas Dupont-Aignan que "la transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne n'est pas un préalable à toute politique économique".

"Cela fait assez longtemps que je réclame la transformation de la monnaie unique vers la monnaie commune. Par conséquent, il n'y a là aucune contradiction. Oui, je pense que l'on peut parfaitement conserver l'euro monnaie commune", a déclaré la candidate FN à la présidentielle au micro de BFMTV, convié avec quelques médias à une visite imprévue sur le site de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Un peu plus tard, lors d'une déambulation sur un sentier forestier proche de l'usine en présence notamment de l'AFP, Mme Le Pen a assuré avoir "dit cent fois +sans une monnaie nationale on ne peut pas sauver l'emploi et retrouver la compétitivité+" et "toujours dit que c'était négociable". Plaidant qu'"il faut faire les choses de manière pragmatique, pas idéologique", la candidate a dit n'avoir "pas le sentiment qu'il y ait eu un infléchissement mais une précision" via l'accord avec Nicolas Dupont-Aignan.

"Dans le cadre des quatre souverainetés que je veux négocier, la souveraineté monétaire arrivera à la fin des négociations, pour une raison très simple: il est nécessaire d'attendre les élections allemandes où, après tout, la majorité pourrait changer -après tout Mme Merkel n'est pas totalement inamovible. Et peut-être même l'élection italienne, car ce sont des partenaires essentiels" et "le souhait de retour d'une monnaie nationale est extrêmement fort" en Italie, a-t-elle ajouté.

Selon le vice-président du parti, Florian Philippot, ce que précise l'accord avec le souverainiste, "c'est que, pendant ces six mois (de négociations avec l'UE, NDLR), on peut quand même faire des choses en matière économique". Il sera possible de "supprimer la loi El Khomri que M. Macron veut agraver par ordonnances, augmenter le minimum vieillesse, on pourra augmenter l'allocation adulte handicapé de 200 euros, on pourra faire du patriotisme économique", a assuré cet eurodéputé FN sur France 3.

"Surtout, ce sont les Français qui trancheront par référendum", a-t-il ajouté.

"Marine Le Pen n'a pas changé de position", a aussi assuré la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, invitée du "Grand-Rendez-Vous" CNews/Europe1/LesEchos. La nièce de la candidate a aussi jugé "important de dire aux Français que rien ne se fera sans eux, les Français seront consultés sur ce grand débat de société".

Marine Le Pen a régulièrement répété que, dès son élection, si elle remportait la présidentielle, elle entamerait une négociation avec l'UE pour "restituer au peuple français sa souveraineté monétaire, législative, territoriale, économique". À l'issue de cette négociation à laquelle elle accordait six mois, elle prévoyait un référendum sur l'appartenance à l'UE.

Dans un entretien au Parisien dimanche, Mme Le Pen affirme que la France aura "une monnaie nationale" si elle est élue présidente, "comme tous les autres pays".

La candidate FN a ajouté que "nous aurons ensemble une monnaie commune", qui ne "concernera pas les achats quotidiens, mais uniquement les grandes entreprises qui font du commerce international".