Wall Street termine en petite hausse après la conférence de Trump
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Wall Street a légèrement monté mercredi à l’issue d’une séance agitée par la conférence de presse du futur président américain Donald Trump, marquée notamment par ses critiques sur le prix des médicaments: le Dow Jones a pris 0,50% et le Nasdaq 0,21%.

Selon les résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average a avancé de 98,75 points à 19.954,28 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 11,83 points à 5.563,65 points, établissant ainsi un nouveau record. L’indice élargi S&P 500 a progressé de 6,42 points, soit 0,28%, à 2.275,32 points.

Donald Trump s’est montré particulièrement virulent envers le secteur pharmaceutique au cours de sa première conférence de presse depuis son élection.

Le républicain a indiqué qu’il fallait « créer de nouvelles procédures d’appels d’offres pour l’industrie du médicament » dans le but « d’économiser des milliards de dollars ».

« Cela a causé des inquiétudes sur le fait que les profits des entreprises du médicament puissent baisser et les actions du secteur de la santé et des biotechnologies ont donc fortement reculé », a rapporté Karl Haeling de Landesbank Baden-Württenberg.

Ainsi, les grands laboratoires pharmaceutiques comme Pfizer (-1,82% à 32,83 dollars) ou Johnson & Johnson (-1,23% à 114,73 dollars) ont reculé.

Dans la foulée de ce secteur, l’ensemble de la Bourse de New York a connu un coup de mou, est temporairement passé dans le rouge, avant de se ressaisir.

« Je pense que cela vient de la prise de conscience du marché que les déclarations qu’il a faites étaient spécifiques au secteur de la santé », a ajouté Karl Haeling.

Au delà de ces propos, Donald Trump n’a guère apporté de précisions sur ses promesses économiques au premier rang desquelles figurent des allégements d’impôts, une réduction des réglementations touchant les entreprises et des dépenses d’infrastructures.

Ces mesures anticipées par Wall Street ont donné un coup de fouet au marché après l’élection américaine le 8 novembre, le Dow Jones ayant pris environ 9% depuis lors.

Dans l’immédiat, le marché reste « orienté à la hausse et espère que le nouveau gouvernement et le Congrès seront capable de fournir rapidement ces nouvelles mesures », a indiqué Jack Ablin de BMO Private Bank.

Dans ce contexte, le marché semblait toutefois vouloir repasser à l’attentisme, se tournant désormais vers le début de la saison des résultats d’entreprises avec comme première étape la publication des résultats trimestriels et annuels de plusieurs grandes banques vendredi.

Principal élément notable extérieur à la politique et favorable au marché mercredi, les cours du pétrole ont signé un net rebond, effaçant en partie leur nette baisse du début de la semaine.

Le marché obligataire montait. Vers 21H20 GMT, le rendement des bons du Trésor à 10 ans baissait à 2,360% contre 2,376% mardi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,947%, contre 2,968% précédemment.

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      2017/03/3009:56
      Les déboires de Westinghouse pèsent sur l'avenir du nucléaire américain

      Le dépôt de bilan de Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, assombrit considérablement l'avenir du nucléaire aux Etats-Unis, l'administration Trump semblant privilégier la relance du charbon comme source d'énergie.

      "Cela pourrait être le coup de grâce" à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux Etats-Unis, estime Charles Fishman du cabinet d'analyse financière Morningstar.

      Le nucléaire ne constitue que 9% de la production d'énergie aux Etats-Unis (mais 19% de celle d'électricité), loin derrière le gaz naturel (32%), le pétrole (28%) et le charbon (21%). Le secteur reste marqué par l'accident de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) en 1979 et aucune centrale n'a été raccordée au réseau entre 1996 et 2016. Seulement quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

      Cela n'empêche pas les Etats-Unis d'être encore le premier producteur d'énergie nucléaire au monde grâce aux investissements consentis dans les années 1960 et 1970 qui font que 99 réacteurs sont actuellement en fonctionnement, répartis sur une soixantaine de sites.

      Mais avec le dépôt de bilan de Westinghouse, peu d'opérateurs ont maintenant les reins financiers assez solides pour se lancer dans la construction de nouvelles centrales. C'est d'ailleurs la mauvaise évaluation des coûts liés aux chantiers en cours qui a plombé en partie Westinghouse, racheté par Toshiba en 2006.

      Westinghouse doit achever deux d'entre-eux, l'un en Caroline du sud (sud-est), appelé Summer, et l'autre, Vogtle, dans l'Etat voisin de Georgie.

      "Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et historiquement ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan", souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux Etats-Unis.

      L'organisation écologiste Greenpeace veut l'abandon de ces deux projets: "les réacteurs ne sont achevés qu'à 40% (Vogtle) et 31% (Summer). Il n'y a aucune chance que ces projets soient terminés d'ici 2019/2020 comme prévu. Cela devrait plutôt être en 2025/2030 avec un coût annuel de 1,5 à 2 milliards de dollars. Arrêter les projets, qui dès le départ n'étaient pas viables, serait l'option la plus logique", affirme-t-elle.

       La centrale nucléaire de Peach Bottom, en  Pennsylvanie, le 25 mars 2011

      Les prix de l'énergie en baisse depuis plusieurs années, non seulement ceux du pétrole mais aussi du gaz naturel qui a perdu aux Etats-Unis quelque 64% en dix ans, ne favorisent pas la production d'énergie nucléaire, qui reste chère et dont les coûts sont peu compressibles.

      Un autre groupe américain, General Electric --aussi associé au géant japonais Hitachi-- travaille sur des réacteurs de nouvelle génération qui pourraient entrer en service dans les années 2030. Mais il faudrait pour cela que les pouvoirs publics américains manifestent leur volonté de relancer ce mode d'énergie aux Etats-Unis ce qui est loin d'être le cas.

      - Nouvelles technologies -

      L'accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 n'a rien fait pour améliorer l'image du nucléaire aux Etats-Unis. Selon un sondage Gallup publié ce mois-ci, 46% des Américains seulement souhaitent un développement de l'énergie nucléaire, 50% s'y opposant.

      Le Congrès américain étudie actuellement une loi visant à encourager le développement et la construction de réacteurs plus petits utilisant des nouvelles technologies. Soutenue par des parlementaires tant républicains que démocrates, elle a été votée par la Chambre des représentants en janvier et attend maintenant d'être soumise au Sénat.

      Selon le centre de réflexion American Action Forum, le coût des procédures administratives nécessaires pour obtenir le droit de construire un réacteur nucléaire aux Etats-Unis s'élève à 8,6 millions de dollars par an, la durée moyenne du traitement d'un dossier atteignant plus d'une dizaine d'années.

      Lignes à très haute tension reliées à la centrale Peach Bottom, en Pennsylvanie, le 25 mars 2011

      Le développement d'un nouveau cadre de régulations simplifiées pour des technologies nucléaires d'avant-garde pourrait contribuer à relancer l'industrie nucléaire aux Etats-Unis, estime le représentant Bob Latta, à l'origine de la loi actuellement soumise au Congrès.

      Autre obstacle, si elle ne contribue pas au réchauffement climatique en ne dégageant pas de CO2, l'énergie nucléaire pose la question du stockage et du recyclage des déchets.

      Donald Trump a relancé dans son projet de budget 2018 le financement d'un centre de stockage des déchets nucléaires à Yucca Mountain dans le Nevada (ouest). Ce projet languit depuis 30 ans, victime de l'opposition des environnementalistes et du sénateur local, Harry Reid, jusqu'à tout récemment chef des démocrates au Sénat.

      C'est, jusqu'ici, le signe le plus tangible de l'intérêt de l'administration Trump pour le nucléaire et la ligne budgétaire n'est que de 120 millions de dollars.

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      2017/03/3009:05
      La Bourse de Paris stable dans un marché calme

      La Bourse de Paris était stable jeudi matin (+0,06%), le marché restant à des niveaux élevés, peu perturbé par le lancement officiel du Brexit mercredi.

      A 09H21 (07H21 GMT), le CAC 40 grignotait 3,21 points à 5.072,25 points, continuant de progresser sur ses plus hauts depuis août 2015. La veille, l'indice avait fini en hausse de 0,45%.

      Les investisseurs restent essentiellement tournés vers les Etats-Unis, dans l'attente d'éclaircissements sur les futures mesures de l'administration Trump, qui a échoué la semaine dernière à faire passer sa réforme de la loi sur la santé +Obamacare+.

      "Force est de constater que le momentum haussier est toujours bien présent, ce qui a notamment évité aux marchés américains de perdre pied hier soir malgré l'incertitude des investisseurs quant à la capacité de Donald Trump de mettre en place ses réformes", ont estimé dans une note les experts de Mirabaud Securities Genève.

      Par ailleurs, la question de la vitesse du resserrement monétaire aux Etats-Unis revenait sur le devant de la scène. Mercredi, Eric Rosengren, un membre de la Réserve fédérale américaine connu jusqu'ici pour ses positions ultra-accommodantes, a en effet estimé que la Fed devrait relever les taux quatre fois en tout cette année, un rythme plus rapide que celui prévu par l'ensemble des participants au Comité monétaire.

      - Inflation -

      Le Brexit, officiellement lancé mercredi, ouvrant ainsi la voie aux négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, semblait en revanche peu peser sur le moral des investisseurs.

      "Tout ceux qui s'attendaient à un feu d'artifice pour le déclenchement de l'article 50, hier, ont dû être plutôt déçus par les événements", a ainsi commenté Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

      Du côté des indicateurs, la publication de la confiance économique en zone euro en mars est à l'agenda.

      En Espagne, l'inflation a connu un net recul en mars, les prix à la consommation progressant de 2,1% sur un an. L'inflation en Allemagne sur la même période est également attendue.

      Les Etats-Unis publieront de leur côté la troisième estimation du PIB au quatrième trimestre, ainsi que les demandes hebdomadaires d'allocation chômage.

      Sur le front des valeurs, Airbus grignotait 0,07% à 71,67 euros. L'Indonésie a signé une lettre d'intention avec le constructeur aéronautique en vue de l'acquisition d'avions de transport militaire A400M. Par ailleurs, les pays partenaires de ce programme se réunissent ce jeudi à Madrid avec Airbus pour évoquer les difficultés de l'avion.

      Soitec gagnait 1,73% à 40,64 euros. Le fabricant français de matériaux semi-conducteurs et Silicon Genesis Corporation (SiGen) sont parvenus à mettre un terme au litige les opposant concernant l'importation et la vente aux Etats-Unis de certaines plaques de silicium sur isolant (SOI) par Soitec, a communiqué Soitec mercredi.

      Veolia s'appréciait (+1,50% à 17,30 euros), poussé par un relèvement de recommandation à "surperformer" contre "neutre" auparavant par Exane.

      Comme la veille, Neopost continuait d'être dopé (+3,59% à 35,45 euros) par ses résultats supérieurs aux attentes.

      Areva reculait (-0,52% à 4,42 euros), après avoir bouclé la cession d'une filiale de propulsion nucléaire, Areva TA.

      TF1 était mal orienté (-2,46% à 11,08%), souffrant de l'abaissement de sa recommandation par Natixis à "neutre" contre "acheter" précédemment.

      Le Noble Age était soutenu (+1,54% à 42,90 euros) par le doublement de son bénéfice net en 2016, notamment porté par les ouvertures de lits.

      Séché environnement prenait 2,27% à 26,99 euros. Le groupe a annoncé l'acquisition auprès du groupe Befesa de deux sociétés spécialisées dans les déchets dangereux des secteurs des mines et de l'énergie en Amérique Latine, confirmant sa stratégie d'expansion à l'international.

      SFR cédait 0,21% à 29 euros. Le nombre de plaintes de consommateurs des télécoms a bondi de 50% en 2016, selon l'Association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) qui désigne pour la deuxième année consécutive l'opérateur SFR comme le mauvais élève.

      AB Science s'envolait (+8,10% à 17,81). La société pharmaceutique a annoncé mercredi le succès de l'analyse de non-futilité à deux ans de son étude du masitinib dans les formes primaires et secondaires de sclérose en plaques progressive.

      Stallergenes Greer gagnait 2,33% à 32 euros, sans sembler être pénalisé par une perte nette sévère de 60,5 millions d'euros en 2016, victime des déboires de son usine d'Antony, dont la production avait dû être suspendue plusieurs mois durant.

      Naturex baissait de 0,47% à 83,85 euros. Le groupe d'ingrédients naturels d'origine végétale a publié un bénéfice net annuel de 17,9 millions d'euros, contre à peine 0,6 million en 2015.

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        2017/03/3008:56
        Le marché du cannabis en pleine croissance aux Etats-Unis

        A peine a-t-on ouvert la porte du dispensaire de cannabis médical de Brett Vapnik à Los Angeles que l'odeur entêtante de la petite feuille étoilée vous accueille.

        A l'intérieur, on passe devant les plantations maisons de Vapnik, copropriétaire, avant d'entrer dans la boutique à la propreté clinique où sont exposés des jarres de fleurs de cannabis, des pipes et accessoires, du chocolat ou des biscuits au cannabis pour ceux qui ne fument pas, et des cosmétiques.

        Pour acheter, il faut montrer une pièce d'identité et un permis délivré par un docteur spécialement habilité à certifier que le "patient" a des raisons médicales (douleurs, anxiété, insomnies, etc) de consommer.

        Le cannabis aux Etats-Unis

        Le va-et-vient n'arrête pas dans le dispensaire, fréquenté chaque jour par près de deux cents personnes de tous âges, et dont le chiffre d'affaires annuel avoisine 4 millions de dollars.

        Brett Vapnik compte sur un triplement de ses ventes à partir de l'an prochain grâce à la légalisation de la marijuana à usage récréatif, votée en novembre et qui va encore dynamiser ce marché en pleine expansion.

        Seule ombre au tableau: les incertitudes générées par l'élection du président républicain Donald Trump.

        Près de 60% de la population américaine vit à présent dans un Etat où la vente et la consommation de marijuana a été au moins partiellement légalisée: 29 Etats plus la capitale fédérale Washington DC. Le gouvernement fédéral, toutefois, ne considère toujours pas l'herbe euphorisante comme une substance licite.

        "Selon eux, je suis un trafiquant de drogue", s'offusque M. Vapnik, interrogé par l'AFP.

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        Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a notamment affirmé ces derniers jours qu'il "y a des lois fédérales qui doivent s'appliquer quand on parle de la marijuana récréative".

        A-t-il laissé entendre que le gouvernement fédéral allait lutter contre la légalisation au niveau local ?

        "Difficile à dire", répond Brett Vapnik, 44 ans, qui juge toutefois peu probable que l'agence de lutte contre les stupéfiants (DEA) se lance dans des opérations contre les centres de prescription et vente comme le sien car le Congrès a interdit des actions des forces de l'ordre dans les Etats où la marijuana a été légalisée.

        - Asphyxie -

        Il craint plutôt que l'administration Trump ne tente de les asphyxier en augmentant encore les impôts sur les bénéfices, qui atteignent déjà jusqu'à 70% sur les activités liées aux "ventes illégales de drogues". Une contorsion fiscale, et légale, du gouvernement qui fait lever les yeux au ciel les entrepreneurs du secteur.

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        "Ils sont bien contents de nous taxer à un taux plus élevé que toute autre activité, donc techniquement le gouvernement fédéral est notre partenaire dans le commerce de la drogue", argumente M. Vapnik.

        M. Trump s'était déclaré pendant sa campagne favorable à la marijuana à usage thérapeutique et respectueux des lois locales mais des membres de son cabinet, dont le très conservateur ministre de la Justice Jeff Sessions, sont en guerre ouverte contre la petite feuille étoilée.

        Troy Dayton, cofondateur et directeur du cabinet d'études spécialisé dans le marché du cannabis Arcview, se veut cependant optimiste: il anticipe d'ici 2021 un triplement du marché, qu'il évalue pour l'instant à 6,9 milliards de dollars.

        "A court terme, le pronostic est incertain mais, à long terme, ça n'a jamais été meilleur", résume-t-il, ajoutant qu'il est "raisonnable de penser que d'ici 2021 le Congrès aura levé l'interdiction fédérale" au vu des emplois et des impôts qui peuvent être générés.

        Il remarque que dans les Etats pionniers de la légalisation comme le Colorado, l'Oregon, et l'Etat de Washington, l'impact a été "très positif".

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        Il insiste que 60% des Américains soutiennent la légalisation et qu'il "va devenir de plus en plus difficile pour tout politicien, démocrate ou républicain, de soutenir la prohibition d'une substance plus sure que l'alcool", insiste M. Dayton.

        Avant l'entrée en vigueur de la légalisation l'an prochain, certains font déjà la fête en Californie, comme dans ce club de consommateurs de cannabis VIP. Ses membres paient jusqu'à 1.000 dollars par mois pour avoir accès à des soirées où fumer des "joints" top-qualité et recevoir des boîtes de produits luxueux à base de cannabis, notamment des boules effervescentes pour le bain ou des lotions.

        "Maintenant que nous pouvons sortir du placard vert (...) nous voulons éduquer les gens et leur montrer comment passer du bon temps" avec la petite plante controversée, explique la créatrice du club, "Mama" Sailene Ossman.

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        2017/03/3008:51
        L'UE et Londres en ordre de bataille pour négocier le Brexit

        En déclenchant le Brexit, le Royaume-Uni a dévoilé en partie son plan de bataille. Mais les deux années de négociations à venir avec l'UE s'annoncent très difficiles tant les priorités des uns et des autres sont éloignées, selon des analystes.

        La Première ministre britannique Theresa May a fait savoir mercredi, dans une lettre de six pages remise au président du Conseil européen Donald Tusk, que son pays déclenchait la procédure prévue par le Traité de Lisbonne pour quitter l'Union, conformément au résultat du référendum du 23 juin 2016.

        "Nous voulons rester des partenaires engagés et des alliés pour nos amis de tout le continent", a voulu rassurer Mme May.

        Mais elle a aussi pris le contrepied de l'UE à 27 en insistant dans sa missive sur la nécessité de mener en parallèle les discussions sur les modalités du retrait et celles sur le "partenariat étroit et spécial" qu'elle souhaite arracher pour la suite.

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        "C'est un vœu pieux", estime Janis Emmanouilidis, analyste à l'European Policy Center (EPC) à Bruxelles. "Ce qu'elle demande là est tout bonnement impossible".

        Comment, en effet, négocier avec le Royaume-Uni, qui restera membre à part entière de l'UE jusqu'au 29 mars 2019, un accord commercial et de coopération en matière sécuritaire comme s'il était déjà un pays tiers?

        Cet accord sans précédent devra être approuvé par l'ensemble des 27 Etats membres, et ratifié par leurs parlements nationaux et certaines assemblées régionales, soit près de 40 feux verts à obtenir, ce qui pourrait prendre des années, rappelle l'analyste.

        Angela Merkel a en tout cas immédiatement rejeté cette perspective. "Il va falloir d'abord clarifier dans les négociations comment délier les étroites imbrications" de l'UE et du Royaume-Uni, a dit la chancelière allemande, "et seulement une fois cette question clarifiée nous pourrons ensuite, (...) si possible assez vite, parler de notre relation future".

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        Les Européens veulent régler auparavant trois sujets "prioritaires": la facture à solder par Londres, les futurs droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques dans l'UE, ainsi que la question de la frontière nord-irlandaise.

        La missive de Mme May passe d'ailleurs complètement sous silence la question du "reste à liquider", la facture que le Royaume-Uni devra solder pour quitter l'UE, estimée autour de 55 à 60 milliards d'euros par la Commission.

        "C'est probablement un choix tactique", estime Vivien Pertusot, chercheur associé à l'Institut français de relations internationales (Ifri). Ce "sera un sujet extrêmement litigieux", y compris au sein du Parti conservateur de Mme May, abonde M. Emmanouilidis.

        - 'Trop tôt' -

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        Le négociateur en chef de l'UE, le Français Michel Barnier, a expliqué la semaine dernière qu'il était "trop tôt" pour négocier un "nouveau partenariat", tout en se montrant ouvert pour en "esquisser les contours" et élaborer des "arrangements transitoires".

        Pour Vivien Pertusot, Mme May semble surtout vouloir "ne pas perdre de temps" alors que l'accord de sortie doit être bouclé avant octobre 2018 pour laisser le temps aux capitales et au Parlement européen de le valider.

        Dans sa lettre, Theresa May semble aussi mettre en garde les Européens. Face aux "signaux d'une hausse des instincts protectionnistes dans le monde", comme aux Etats-Unis, et alors que "la sécurité en Europe est plus fragile aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été depuis la fin de la Guerre froide, affaiblir notre coopération pour la prospérité et la protection de nos citoyens serait une erreur coûteuse", écrit la Première ministre conservatrice.

        L'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt n'a guère apprécié, dénonçant une tentative de "marchandage". "La sécurité de tous les citoyens est un sujet bien trop grave pour que l'un soit troqué contre l'autre", a réagi M. Verhofstadt, le référent du Parlement européen pour les négociations du Brexit.

        Mais selon M. Pertusot, ce langage "vif" de Mme May traduit aussi la position de force de Londres, premier budget militaire européen de l'Otan et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. "On a bien compris des deux côtés de la Manche que le Royaume-Uni est un partenaire indispensable dans la lutte contre le terrorisme et pour défendre la place de l'Europe au sens large dans le monde", souligne-t-il.

        Les négociations risquent d'être un "processus exténuant", prévient Jonathan Eyal, du centre de réflexion londonien RUSI. Mais, dit-il, "les Britanniques pourraient s'y montrer plus flexibles que ce que l'on croit et les Européens moins fermes que ce que l'on prédit".

        Ailleurs sur le web

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        2017/03/3009:56
        Les déboires de Westinghouse pèsent sur l'avenir du nucléaire américain

        Le dépôt de bilan de Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, assombrit considérablement l'avenir du nucléaire aux Etats-Unis, l'administration Trump semblant privilégier la relance du charbon comme source d'énergie.

        "Cela pourrait être le coup de grâce" à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux Etats-Unis, estime Charles Fishman du cabinet d'analyse financière Morningstar.

        Le nucléaire ne constitue que 9% de la production d'énergie aux Etats-Unis (mais 19% de celle d'électricité), loin derrière le gaz naturel (32%), le pétrole (28%) et le charbon (21%). Le secteur reste marqué par l'accident de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) en 1979 et aucune centrale n'a été raccordée au réseau entre 1996 et 2016. Seulement quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

        Cela n'empêche pas les Etats-Unis d'être encore le premier producteur d'énergie nucléaire au monde grâce aux investissements consentis dans les années 1960 et 1970 qui font que 99 réacteurs sont actuellement en fonctionnement, répartis sur une soixantaine de sites.

        Mais avec le dépôt de bilan de Westinghouse, peu d'opérateurs ont maintenant les reins financiers assez solides pour se lancer dans la construction de nouvelles centrales. C'est d'ailleurs la mauvaise évaluation des coûts liés aux chantiers en cours qui a plombé en partie Westinghouse, racheté par Toshiba en 2006.

        Westinghouse doit achever deux d'entre-eux, l'un en Caroline du sud (sud-est), appelé Summer, et l'autre, Vogtle, dans l'Etat voisin de Georgie.

        "Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et historiquement ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan", souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux Etats-Unis.

        L'organisation écologiste Greenpeace veut l'abandon de ces deux projets: "les réacteurs ne sont achevés qu'à 40% (Vogtle) et 31% (Summer). Il n'y a aucune chance que ces projets soient terminés d'ici 2019/2020 comme prévu. Cela devrait plutôt être en 2025/2030 avec un coût annuel de 1,5 à 2 milliards de dollars. Arrêter les projets, qui dès le départ n'étaient pas viables, serait l'option la plus logique", affirme-t-elle.

         La centrale nucléaire de Peach Bottom, en  Pennsylvanie, le 25 mars 2011

        Les prix de l'énergie en baisse depuis plusieurs années, non seulement ceux du pétrole mais aussi du gaz naturel qui a perdu aux Etats-Unis quelque 64% en dix ans, ne favorisent pas la production d'énergie nucléaire, qui reste chère et dont les coûts sont peu compressibles.

        Un autre groupe américain, General Electric --aussi associé au géant japonais Hitachi-- travaille sur des réacteurs de nouvelle génération qui pourraient entrer en service dans les années 2030. Mais il faudrait pour cela que les pouvoirs publics américains manifestent leur volonté de relancer ce mode d'énergie aux Etats-Unis ce qui est loin d'être le cas.

        - Nouvelles technologies -

        L'accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 n'a rien fait pour améliorer l'image du nucléaire aux Etats-Unis. Selon un sondage Gallup publié ce mois-ci, 46% des Américains seulement souhaitent un développement de l'énergie nucléaire, 50% s'y opposant.

        Le Congrès américain étudie actuellement une loi visant à encourager le développement et la construction de réacteurs plus petits utilisant des nouvelles technologies. Soutenue par des parlementaires tant républicains que démocrates, elle a été votée par la Chambre des représentants en janvier et attend maintenant d'être soumise au Sénat.

        Selon le centre de réflexion American Action Forum, le coût des procédures administratives nécessaires pour obtenir le droit de construire un réacteur nucléaire aux Etats-Unis s'élève à 8,6 millions de dollars par an, la durée moyenne du traitement d'un dossier atteignant plus d'une dizaine d'années.

        Lignes à très haute tension reliées à la centrale Peach Bottom, en Pennsylvanie, le 25 mars 2011

        Le développement d'un nouveau cadre de régulations simplifiées pour des technologies nucléaires d'avant-garde pourrait contribuer à relancer l'industrie nucléaire aux Etats-Unis, estime le représentant Bob Latta, à l'origine de la loi actuellement soumise au Congrès.

        Autre obstacle, si elle ne contribue pas au réchauffement climatique en ne dégageant pas de CO2, l'énergie nucléaire pose la question du stockage et du recyclage des déchets.

        Donald Trump a relancé dans son projet de budget 2018 le financement d'un centre de stockage des déchets nucléaires à Yucca Mountain dans le Nevada (ouest). Ce projet languit depuis 30 ans, victime de l'opposition des environnementalistes et du sénateur local, Harry Reid, jusqu'à tout récemment chef des démocrates au Sénat.

        C'est, jusqu'ici, le signe le plus tangible de l'intérêt de l'administration Trump pour le nucléaire et la ligne budgétaire n'est que de 120 millions de dollars.

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        2017/03/3009:05
        La Bourse de Paris stable dans un marché calme

        La Bourse de Paris était stable jeudi matin (+0,06%), le marché restant à des niveaux élevés, peu perturbé par le lancement officiel du Brexit mercredi.

        A 09H21 (07H21 GMT), le CAC 40 grignotait 3,21 points à 5.072,25 points, continuant de progresser sur ses plus hauts depuis août 2015. La veille, l'indice avait fini en hausse de 0,45%.

        Les investisseurs restent essentiellement tournés vers les Etats-Unis, dans l'attente d'éclaircissements sur les futures mesures de l'administration Trump, qui a échoué la semaine dernière à faire passer sa réforme de la loi sur la santé +Obamacare+.

        "Force est de constater que le momentum haussier est toujours bien présent, ce qui a notamment évité aux marchés américains de perdre pied hier soir malgré l'incertitude des investisseurs quant à la capacité de Donald Trump de mettre en place ses réformes", ont estimé dans une note les experts de Mirabaud Securities Genève.

        Par ailleurs, la question de la vitesse du resserrement monétaire aux Etats-Unis revenait sur le devant de la scène. Mercredi, Eric Rosengren, un membre de la Réserve fédérale américaine connu jusqu'ici pour ses positions ultra-accommodantes, a en effet estimé que la Fed devrait relever les taux quatre fois en tout cette année, un rythme plus rapide que celui prévu par l'ensemble des participants au Comité monétaire.

        - Inflation -

        Le Brexit, officiellement lancé mercredi, ouvrant ainsi la voie aux négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, semblait en revanche peu peser sur le moral des investisseurs.

        "Tout ceux qui s'attendaient à un feu d'artifice pour le déclenchement de l'article 50, hier, ont dû être plutôt déçus par les événements", a ainsi commenté Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

        Du côté des indicateurs, la publication de la confiance économique en zone euro en mars est à l'agenda.

        En Espagne, l'inflation a connu un net recul en mars, les prix à la consommation progressant de 2,1% sur un an. L'inflation en Allemagne sur la même période est également attendue.

        Les Etats-Unis publieront de leur côté la troisième estimation du PIB au quatrième trimestre, ainsi que les demandes hebdomadaires d'allocation chômage.

        Sur le front des valeurs, Airbus grignotait 0,07% à 71,67 euros. L'Indonésie a signé une lettre d'intention avec le constructeur aéronautique en vue de l'acquisition d'avions de transport militaire A400M. Par ailleurs, les pays partenaires de ce programme se réunissent ce jeudi à Madrid avec Airbus pour évoquer les difficultés de l'avion.

        Soitec gagnait 1,73% à 40,64 euros. Le fabricant français de matériaux semi-conducteurs et Silicon Genesis Corporation (SiGen) sont parvenus à mettre un terme au litige les opposant concernant l'importation et la vente aux Etats-Unis de certaines plaques de silicium sur isolant (SOI) par Soitec, a communiqué Soitec mercredi.

        Veolia s'appréciait (+1,50% à 17,30 euros), poussé par un relèvement de recommandation à "surperformer" contre "neutre" auparavant par Exane.

        Comme la veille, Neopost continuait d'être dopé (+3,59% à 35,45 euros) par ses résultats supérieurs aux attentes.

        Areva reculait (-0,52% à 4,42 euros), après avoir bouclé la cession d'une filiale de propulsion nucléaire, Areva TA.

        TF1 était mal orienté (-2,46% à 11,08%), souffrant de l'abaissement de sa recommandation par Natixis à "neutre" contre "acheter" précédemment.

        Le Noble Age était soutenu (+1,54% à 42,90 euros) par le doublement de son bénéfice net en 2016, notamment porté par les ouvertures de lits.

        Séché environnement prenait 2,27% à 26,99 euros. Le groupe a annoncé l'acquisition auprès du groupe Befesa de deux sociétés spécialisées dans les déchets dangereux des secteurs des mines et de l'énergie en Amérique Latine, confirmant sa stratégie d'expansion à l'international.

        SFR cédait 0,21% à 29 euros. Le nombre de plaintes de consommateurs des télécoms a bondi de 50% en 2016, selon l'Association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) qui désigne pour la deuxième année consécutive l'opérateur SFR comme le mauvais élève.

        AB Science s'envolait (+8,10% à 17,81). La société pharmaceutique a annoncé mercredi le succès de l'analyse de non-futilité à deux ans de son étude du masitinib dans les formes primaires et secondaires de sclérose en plaques progressive.

        Stallergenes Greer gagnait 2,33% à 32 euros, sans sembler être pénalisé par une perte nette sévère de 60,5 millions d'euros en 2016, victime des déboires de son usine d'Antony, dont la production avait dû être suspendue plusieurs mois durant.

        Naturex baissait de 0,47% à 83,85 euros. Le groupe d'ingrédients naturels d'origine végétale a publié un bénéfice net annuel de 17,9 millions d'euros, contre à peine 0,6 million en 2015.

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          2017/03/3008:56
          Le marché du cannabis en pleine croissance aux Etats-Unis

          A peine a-t-on ouvert la porte du dispensaire de cannabis médical de Brett Vapnik à Los Angeles que l'odeur entêtante de la petite feuille étoilée vous accueille.

          A l'intérieur, on passe devant les plantations maisons de Vapnik, copropriétaire, avant d'entrer dans la boutique à la propreté clinique où sont exposés des jarres de fleurs de cannabis, des pipes et accessoires, du chocolat ou des biscuits au cannabis pour ceux qui ne fument pas, et des cosmétiques.

          Pour acheter, il faut montrer une pièce d'identité et un permis délivré par un docteur spécialement habilité à certifier que le "patient" a des raisons médicales (douleurs, anxiété, insomnies, etc) de consommer.

          Le cannabis aux Etats-Unis

          Le va-et-vient n'arrête pas dans le dispensaire, fréquenté chaque jour par près de deux cents personnes de tous âges, et dont le chiffre d'affaires annuel avoisine 4 millions de dollars.

          Brett Vapnik compte sur un triplement de ses ventes à partir de l'an prochain grâce à la légalisation de la marijuana à usage récréatif, votée en novembre et qui va encore dynamiser ce marché en pleine expansion.

          Seule ombre au tableau: les incertitudes générées par l'élection du président républicain Donald Trump.

          Près de 60% de la population américaine vit à présent dans un Etat où la vente et la consommation de marijuana a été au moins partiellement légalisée: 29 Etats plus la capitale fédérale Washington DC. Le gouvernement fédéral, toutefois, ne considère toujours pas l'herbe euphorisante comme une substance licite.

          "Selon eux, je suis un trafiquant de drogue", s'offusque M. Vapnik, interrogé par l'AFP.

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          Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a notamment affirmé ces derniers jours qu'il "y a des lois fédérales qui doivent s'appliquer quand on parle de la marijuana récréative".

          A-t-il laissé entendre que le gouvernement fédéral allait lutter contre la légalisation au niveau local ?

          "Difficile à dire", répond Brett Vapnik, 44 ans, qui juge toutefois peu probable que l'agence de lutte contre les stupéfiants (DEA) se lance dans des opérations contre les centres de prescription et vente comme le sien car le Congrès a interdit des actions des forces de l'ordre dans les Etats où la marijuana a été légalisée.

          - Asphyxie -

          Il craint plutôt que l'administration Trump ne tente de les asphyxier en augmentant encore les impôts sur les bénéfices, qui atteignent déjà jusqu'à 70% sur les activités liées aux "ventes illégales de drogues". Une contorsion fiscale, et légale, du gouvernement qui fait lever les yeux au ciel les entrepreneurs du secteur.

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          "Ils sont bien contents de nous taxer à un taux plus élevé que toute autre activité, donc techniquement le gouvernement fédéral est notre partenaire dans le commerce de la drogue", argumente M. Vapnik.

          M. Trump s'était déclaré pendant sa campagne favorable à la marijuana à usage thérapeutique et respectueux des lois locales mais des membres de son cabinet, dont le très conservateur ministre de la Justice Jeff Sessions, sont en guerre ouverte contre la petite feuille étoilée.

          Troy Dayton, cofondateur et directeur du cabinet d'études spécialisé dans le marché du cannabis Arcview, se veut cependant optimiste: il anticipe d'ici 2021 un triplement du marché, qu'il évalue pour l'instant à 6,9 milliards de dollars.

          "A court terme, le pronostic est incertain mais, à long terme, ça n'a jamais été meilleur", résume-t-il, ajoutant qu'il est "raisonnable de penser que d'ici 2021 le Congrès aura levé l'interdiction fédérale" au vu des emplois et des impôts qui peuvent être générés.

          Il remarque que dans les Etats pionniers de la légalisation comme le Colorado, l'Oregon, et l'Etat de Washington, l'impact a été "très positif".

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          Il insiste que 60% des Américains soutiennent la légalisation et qu'il "va devenir de plus en plus difficile pour tout politicien, démocrate ou républicain, de soutenir la prohibition d'une substance plus sure que l'alcool", insiste M. Dayton.

          Avant l'entrée en vigueur de la légalisation l'an prochain, certains font déjà la fête en Californie, comme dans ce club de consommateurs de cannabis VIP. Ses membres paient jusqu'à 1.000 dollars par mois pour avoir accès à des soirées où fumer des "joints" top-qualité et recevoir des boîtes de produits luxueux à base de cannabis, notamment des boules effervescentes pour le bain ou des lotions.

          "Maintenant que nous pouvons sortir du placard vert (...) nous voulons éduquer les gens et leur montrer comment passer du bon temps" avec la petite plante controversée, explique la créatrice du club, "Mama" Sailene Ossman.

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          2017/03/3008:51
          L'UE et Londres en ordre de bataille pour négocier le Brexit

          En déclenchant le Brexit, le Royaume-Uni a dévoilé en partie son plan de bataille. Mais les deux années de négociations à venir avec l'UE s'annoncent très difficiles tant les priorités des uns et des autres sont éloignées, selon des analystes.

          La Première ministre britannique Theresa May a fait savoir mercredi, dans une lettre de six pages remise au président du Conseil européen Donald Tusk, que son pays déclenchait la procédure prévue par le Traité de Lisbonne pour quitter l'Union, conformément au résultat du référendum du 23 juin 2016.

          "Nous voulons rester des partenaires engagés et des alliés pour nos amis de tout le continent", a voulu rassurer Mme May.

          Mais elle a aussi pris le contrepied de l'UE à 27 en insistant dans sa missive sur la nécessité de mener en parallèle les discussions sur les modalités du retrait et celles sur le "partenariat étroit et spécial" qu'elle souhaite arracher pour la suite.

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          "C'est un vœu pieux", estime Janis Emmanouilidis, analyste à l'European Policy Center (EPC) à Bruxelles. "Ce qu'elle demande là est tout bonnement impossible".

          Comment, en effet, négocier avec le Royaume-Uni, qui restera membre à part entière de l'UE jusqu'au 29 mars 2019, un accord commercial et de coopération en matière sécuritaire comme s'il était déjà un pays tiers?

          Cet accord sans précédent devra être approuvé par l'ensemble des 27 Etats membres, et ratifié par leurs parlements nationaux et certaines assemblées régionales, soit près de 40 feux verts à obtenir, ce qui pourrait prendre des années, rappelle l'analyste.

          Angela Merkel a en tout cas immédiatement rejeté cette perspective. "Il va falloir d'abord clarifier dans les négociations comment délier les étroites imbrications" de l'UE et du Royaume-Uni, a dit la chancelière allemande, "et seulement une fois cette question clarifiée nous pourrons ensuite, (...) si possible assez vite, parler de notre relation future".

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          Les Européens veulent régler auparavant trois sujets "prioritaires": la facture à solder par Londres, les futurs droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques dans l'UE, ainsi que la question de la frontière nord-irlandaise.

          La missive de Mme May passe d'ailleurs complètement sous silence la question du "reste à liquider", la facture que le Royaume-Uni devra solder pour quitter l'UE, estimée autour de 55 à 60 milliards d'euros par la Commission.

          "C'est probablement un choix tactique", estime Vivien Pertusot, chercheur associé à l'Institut français de relations internationales (Ifri). Ce "sera un sujet extrêmement litigieux", y compris au sein du Parti conservateur de Mme May, abonde M. Emmanouilidis.

          - 'Trop tôt' -

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          Le négociateur en chef de l'UE, le Français Michel Barnier, a expliqué la semaine dernière qu'il était "trop tôt" pour négocier un "nouveau partenariat", tout en se montrant ouvert pour en "esquisser les contours" et élaborer des "arrangements transitoires".

          Pour Vivien Pertusot, Mme May semble surtout vouloir "ne pas perdre de temps" alors que l'accord de sortie doit être bouclé avant octobre 2018 pour laisser le temps aux capitales et au Parlement européen de le valider.

          Dans sa lettre, Theresa May semble aussi mettre en garde les Européens. Face aux "signaux d'une hausse des instincts protectionnistes dans le monde", comme aux Etats-Unis, et alors que "la sécurité en Europe est plus fragile aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été depuis la fin de la Guerre froide, affaiblir notre coopération pour la prospérité et la protection de nos citoyens serait une erreur coûteuse", écrit la Première ministre conservatrice.

          L'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt n'a guère apprécié, dénonçant une tentative de "marchandage". "La sécurité de tous les citoyens est un sujet bien trop grave pour que l'un soit troqué contre l'autre", a réagi M. Verhofstadt, le référent du Parlement européen pour les négociations du Brexit.

          Mais selon M. Pertusot, ce langage "vif" de Mme May traduit aussi la position de force de Londres, premier budget militaire européen de l'Otan et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. "On a bien compris des deux côtés de la Manche que le Royaume-Uni est un partenaire indispensable dans la lutte contre le terrorisme et pour défendre la place de l'Europe au sens large dans le monde", souligne-t-il.

          Les négociations risquent d'être un "processus exténuant", prévient Jonathan Eyal, du centre de réflexion londonien RUSI. Mais, dit-il, "les Britanniques pourraient s'y montrer plus flexibles que ce que l'on croit et les Européens moins fermes que ce que l'on prédit".