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Airbus a enregistré 10 commandes nettes d'avions entre le 1er janvier et le 31 mars, dont deux de son vaisseau amiral...

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2016/04/1111:18
Une hirondelle ne fait pas (encore) le printemps (sur les marchés)…
Le mois de mars a été marqué par les décisions audacieuses et les discours des deux banques centrales européenne et américaine, par un rebond de l’euro, des devises émergentes et une hausse, encore hésitante, du pétrole et des matières premières. L’environnement économique s’est amélioré modestement et les craintes sur le ralentissement global de l’économie ont continué à s’apaiser. Tous ces événements ont été plutôt rassurants. Le mois de mars a été assez positif pour toutes les classes d’actifs grâce à l’action des banques centrales et à la poursuite de la réduction des doutes concernant l’environnement économique. L’activité s’est améliorée modestement et éloigne les risques de ralentissement global de l’économie. Un scénario d’une croissance peu vigoureuse mais assez stable s’est mis en place, entretenu par les Banques Centrales qui aimeraient que des réformes prennent le relai au Japon ou dans certains pays d’Europe. Les risques géopolitiques n’ont malheureusement toujours pas disparu (référendum anglais sur une sortie de l’Union Européenne en juin, montée du populisme, attentats, etc…) L’endettement des entreprises américaines ou chinoises reste un sujet de préoccupation à moyen terme, mais cela n’a pas empêché les marchés du crédit de se redresser sensiblement. En Europe, la reprise de l’octroi de crédits aux entreprises et aux ménages se poursuit et sera encouragée par la politique de la BCE. Le contexte a donc été plutôt favorable. Pourtant il n’est pas encore suffisant pour lever les derniers doutes des investisseurs et permettre au marché américain de reprendre une allure haussière. Par ailleurs, les multiples interrogations sur la situation européenne pèsent plus aux yeux des investisseurs que l’important potentiel de reprise économique ou de rattrapage des résultats de nos entreprises. Vincent Guenzi Cholet Dupont
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2016/04/1110:59
Sidérurgie: Tata Steel vend son acier long et confirme son désengagement du Royaume-Uni

Le géant indien de la sidérurgie Tata Steel a annoncé lundi la vente de ses activités acier long en Europe et donné le coup d'envoi de son désengagement du Royaume-Uni avec la mise en vente de sa filiale locale.

Alors que la sidérurgie européenne est confrontée à une crise profonde, Tata Steel a signé un accord avec le fonds britannique Greybull Capital pour lui céder ses activités acier long pour la somme symbolique d'une livre.

Cette division, qui comprend une usine en France, à Hayange (Moselle), et une autre dans le nord de l'Angleterre, à Scunthorpe, emploie actuellement 4.800 personnes, dont 4.400 à Scunthorpe.

Le fonds a annoncé qu'il allait consacrer 400 millions de livres (495 millions d'euros) à un plan d'investissements et de financement de l'entreprise, qui sera relancée sous le nom British Steel. Une nouvelle saluée par le secrétaire général du syndicat Community, Roy Rickhuss, car garantissant selon lui "l'avenir de l'activité acier long" au Royaume-Uni.

Quant à Tata Steel UK, "le processus formel (de vente) a démarré aujourd'hui", lundi, a annoncé le groupe, moins de deux semaines après avoir décidé de se défaire de tout ou partie de ces activités acquises il y a près d'une dizaine d'années, faute de pouvoir les rentabiliser selon lui.

Principale raison invoquée pour expliquer ce retrait: la concurrence déloyale de l'acier chinois, exporté à un prix bradé. Mais Tata Steel a aussi mis en cause des coûts de fabrication élevés, la faiblesse de la demande sur le marché domestique et une monnaie volatile.

Sa décision, rendue publique le 29 mars, a entraîné une pluie de critiques contre le gouvernement de David Cameron, accusé d'avoir laissé venir la crise malgré les alertes du secteur. Et d'avoir au final privilégié ses relations commerciales avec la Chine.

Londres est en effet accusé de s'être opposé aux efforts de l'Union européenne pour renforcer ses barrières tarifaires afin de protéger son acier, notamment face aux importations chinoises.

Une critique reprise lundi par le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron après une rencontre à Strasbourg avec des eurodéputés et la commissaire en charge de l'Industrie, Elzbieta Bienkowska.

"Je constate que l'on ne peut pas s'indigner chez soi des effets de la crise sidérurgique et ne pas prendre toutes les mesures que l'on peut prendre pour répondre à ce que sont des comportement inacceptables qui fragilisent notre industrie sans raison", a lancé M. Macron devant des journalistes.

Ce dernier doit participer lundi prochain avec notamment le secrétaire d’État aux Entreprises du Royaume-Uni, Sajid Javid, et la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, à une réunion à Bruxelles organisée par l'OCDE sur les excédents de capacité dans le secteur de l’acier.

-Une grosse opération-

M. Javid avait rencontré la semaine dernière en Inde le patron de Tata, Cyrus Mistry, afin de s'assurer que le document de vente stipulerait bien "que le gouvernement britannique ait un rôle vis-à-vis de tout repreneur potentiel".

Lundi, M. Javid a déclaré devant les députés britanniques "être en contact avec des acheteurs potentiels", à qui il a signifié "que le gouvernement est prêt à aider, ce qui inclut co-investir avec un acheteur" pour tenter de préserver les milliers d'emplois directs concernés, dont 4.000 sur le site géant de Port Talbot (Pays de Galles).

Pour l'instant le seul groupe à avoir publiquement exprimé un intérêt pour la filiale britannique de Tata Steel est Liberty House, propriété du magnat indien Sanjeev Gupta.

Usines de Tata Steel au Royaume-uni et vente de ses activités acier long

Ce dernier, que M. Javid doit rencontrer mardi, avait suggéré qu'il pourrait éventuellement redresser l'activité sans suppressions d'emploi, en la réorientant en partie.

"Je voudrais le faire mais je ne peux pas m'y engager, a-t-il toutefois atténué dimanche dans le Sunday Telegraph. "C'est une trop grosse opération pour faire n'importe quoi. Cela pourrait mettre en péril l'entreprise dans son ensemble".

Lundi, il a répété dans le Times qu'il voulait prendre le temps de la réflexion même si Tata, qui affirme perdre un million de livres par jour, est pressé de vendre.

Ces annonces sont intervenues alors que 45.000 salariés allemands de la sidérurgie manifestaient lundi à travers l'Allemagne à l'appel du syndicat IG Metall pour clamer leur inquiétude.

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2016/04/1110:57
Sidérurgie: Tata Steel vend ses activités au Royaume-Uni et plusieurs usines européennes

Le géant indien de la sidérurgie Tata Steel a annoncé lundi avoir enclenché le processus de vente de ses activités au Royaume-Uni, où il emploie quelque 15.000 personnes, ainsi que la vente de plusieurs usines européennes spécialisées dans l'acier long.

"Le processus formel a démarré aujourd'hui (lundi)" concernant Tata Steel UK, a annoncé dans un communiqué le groupe, qui avait décidé fin mars de se désengager de ses activités britanniques face aux difficultés du secteur, notamment plombé par le dumping pratiqué sur ses produits par la Chine.

Cette annonce avait fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le pays et enclenché une pluie de critiques contre le gouvernement, accusé d'avoir laissé venir la crise et préféré privilégier ses relations commerciales avec la Chine au détriment de cette industrie.

Pour tenter de rattraper le coup et montrer l'implication du gouvernement à trouver le meilleur repreneur possible, le ministre des entreprises Sajid Javid s'était rendu en Inde la semaine dernière pour rencontrer le patron du groupe Tata, Cyrus Mistry.

"Je veux m'assurer que lorsque la documentation (sur la vente) sera publiée, il apparaisse clairement que le gouvernement britannique a un rôle vis-à-vis de tout repreneur potentiel et que nous sommes bien coordonnés avec Tata", avait-il expliqué.

Sajid Javid doit aussi rencontrer mardi à Londres le magnat indien du secteur Sanjeev Gupta, dont l'entreprise Liberty House fait figure de sauveur potentiel pour les sites menacés, dont l'usine géante de Port Talbot au Pays de Galles, qui emploie 4.000 personnes.

Sanjeev Gupta a suggéré qu'il pourrait éventuellement redresser l'activité sidérurgique aujourd'hui dans les mains de Tata, sans suppressions d'emploi, en réorientant une partie de l'activité.

Par ailleurs, dans un communiqué distinct, Tata Steel a annoncé lundi avoir signé un accord pour la vente au fonds d'investissement Greybull Capital de ses activités acier long en Europe, dont l'usine française d'Hayange, en Moselle.

Les deux partenaires étaient entrés en négociations exclusives en décembre pour le rachat de cette activité, qui emploie 4.800 personnes, dont 400 en France et 4.400 au Royaume-Uni.

Greybull Capital, un fonds britannique, a annoncé qu'il allait consacrer 400 millions de livres (495 millions d'euros) à un plan d'investissements et de financement de l'entreprise, qui sera relancée sous le nom de British Steel.

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2016/04/1110:37
Air France: le projet d'accord ouvert à la signature jusqu'au 2 mai

La direction d'Air France a transmis aux syndicats de pilotes un projet d'accord, ouvert à la signature jusqu'au 2 mai, proposant une augmentation de la productivité, des mesures de flexibilité et l'embauche de 600 pilotes d'ici à fin 2020.

"Hier (dimanche) on a transmis au SNPL (syndicat majoritaire, ndlr) notre projet d'accord" qui sera ouvert à la signature "jusqu'au 2 mai", a indiqué le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, lundi lors d'une conférence de presse téléphonique.

Selon M. Gagey, le projet d'accord "propose des voies qui conduisent à une façon plus efficace de coller à la saisonnalité de notre activité". Il comprend aussi "des règles qui touchent à certains calculs de la rémunération" et "l'augmentation des cadences -le nombre d'heures de vol que les pilotes effectuent".

La direction assure qu'une baisse de la rémunération à l'heure de vol sera compensée par l'augmentation du temps de travail. La part variable des pilotes repose en effet sur le nombre d'heures effectuées.

"Grâce à la croissance, la rémunération des pilotes ne baissera pas", a insisté le directeur des ressources humaines, Gilles Gateau.

Le SNPL, qui ne pouvait être joint lundi, juge un tel principe "inacceptable" en raison des efforts déjà consentis par les pilotes sous le précédent plan de restructuration, "Transform" (début 2012-fin 2014), avait-il indiqué vendredi à l'AFP.

D'après M. Gagey, la "marge de productivité" des pilotes libérée à travers les différentes mesures proposées dans l'accord "varie de 5 à 10%" selon le type d'avion.

"On est loin de ce qu'était la proposition initiale" d'un effort de productivité de 17%, réclamé aux pilotes dans le cadre d'un premier projet de compétitivité "Perform 2020" rejeté par les syndicats à l'automne, a-t-il ajouté.

L'accord apporte par ailleurs "des garanties" sur l'emploi avec l'objectif d'atteindre "plus de 3.900 pilotes à fin 2020", contre près de 3.700 anticipés mi-2016, par le biais de "plus de 600 embauches" dans l’intervalle, dont "au moins 50" avant la fin d'année, selon M. Gagey.

Le texte comprend aussi "des mesures de simplification qui n'ont aucun impact sur le temps de travail et la rémunération mais qui permettent à l'entreprise d'améliorer sa recette", a assuré M. Gateau, citant comme exemple la reconfiguration des cabines.

Contacté lundi, le second syndicat de pilotes représentatif, le Spaf (21%), s'est déclaré "assez pessimiste" sur l'issue des négociations, évoquant un projet "pas signable" en l'état.

La direction est restée sur le "dogme" d'une baisse de rémunération, alors qu'il y avait pourtant "énormément de pistes, sur les règles d'utilisation principalement", qui "permettent à l'entreprise de mieux utiliser les pilotes", a commenté un porte-parole du Spaf.

Le syndicat craint également que les embauches de pilotes se fassent essentiellement au sein de Transavia France, la filiale low cost du groupe, et non de la compagnie historique Air France.

La direction et les organisations de pilotes avaient ouvert le 10 mars un nouveau cycle de négociations dans une ambiance apaisée, plus de cinq mois après l'échec des précédentes discussions.

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2016/04/1110:35
Panama Papers: Oudéa devant la présidente de la commission des Finances du Sénat mardi

La présidente de la commission des Finances du Sénat Michèle André (PS) a annoncé lundi à l'AFP qu'elle a invité mardi le responsable de la Société Générale Frédéric Oudéa, dont le témoignage devant des sénateurs est sujet à caution.

"Je veux me faire une opinion", a-t-elle dit. "Après on verra".

"Les informations divulguées dans le cadre des Panama papers ont fait apparaître qu’un certain nombre d’institutions financières avaient eu recours à des sociétés offshore, pour leur compte propre ou celui de leurs clients, pouvant avoir pour objectif de dissimuler des avoirs ou des opérations dans des territoires dits +non coopératifs+, possiblement à des fins fiscales", indique par ailleurs la commission des Finances dans un communiqué.

"La commission des Finances procédera à l’audition d’institutions financières et des autorités chargées de la régulation financière et du contrôle fiscal, et ce afin de mieux appréhender les montages identifiés par les Panama papers ainsi que les lacunes juridiques susceptibles de les avoir rendus possibles et d’en tirer les conséquences utiles", ajoute la commission. "En préambule de ce travail", Mme André rencontrera M. Oudéa, précise-t-elle.

Mercredi, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Éric Bocquet (Communiste, républicain et citoyen, CRC), avait annoncé que son groupe allait "saisir le bureau du Sénat" en vue de poursuivre en justice M. Oudéa pour faux témoignage. "A l’évidence, les informations qui nous parviennent cette semaine contredisent fondamentalement" les déclarations qu'avait faites en 2012 sous serment M. Oudéa devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux.

Un faux témoignage devant une commission parlementaire est passible jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

"La Société Générale a fermé ses implantations dans les pays qui figuraient sur cette liste grise, mais aussi dans ceux que désignait la liste des États non coopératifs, c'est-à-dire en pratique, pour nous, à Panama", avait alors déclaré M. Oudéa.

"En réalité, 979 entités offshore ont été créées par la Société Générale via la société panaméenne Mossack Fonseca, dont elle est l'un des principaux clients. Les deux tiers d'entre elles l'ont été via un établissement de la banque sis à Luxembourg, au cœur de l'Union européenne", avait détaillé M. Bocquet.

Pour sa part, Philippe Dominati (Les Républicains), qui présidait la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, a demandé au président du Sénat Gérard Larcher "de soumettre au bureau du Sénat la tenue d’une séance d’audition exceptionnelle pour entendre de nouveau M. Oudéa".

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2016/04/1110:17
"Panama Papers": Cameron contre-attaque avec de nouvelles mesures contre l'évasion fiscale

Les "Panama Papers" continuaient lundi à poursuivre le Premier ministre David Cameron, qui doit contre-attaquer en présentant des mesures contre l'évasion fiscale mais ne pourra pas éviter les questions des députés sur ses propres finances dans l'après-midi.

Au cours du week-end, M. Cameron, dans la tourmente depuis qu'il a été contraint d'avouer avoir détenu des parts dans la société offshore de son père Ian, décédé en 2010, a déjà tenté de reprendre la main en jouant la transparence sur ses impôts.

Il a publié ses avis d'imposition des six dernières années, soit depuis qu'il est à la tête du gouvernement britannique.

Mais cette transparence inédite au Royaume-Uni appelle de nouvelles questions, a jugé le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn. Une donation exonérée d'impôts de 200.000 livres, reçue par David Cameron de sa mère en 2011, est notamment ciblée, bien qu'elle soit légale.

Les affaires personnelles de Cameron risquent donc de dominer la session du Parlement de retour de vacances lundi, alors que le dirigeant doit présenter à partir de 14H30 GMT des mesures pour rendre pénalement responsables les sociétés qui favorisent l'évasion fiscale.

"Ce gouvernement en a fait plus que tout autre pour agir contre la corruption sous toutes ses formes mais nous irons plus loin", doit dire M. Cameron devant les députés, selon un communiqué diffusé lundi matin par ses services.

"C'est pourquoi nous légifèrerons cette année pour que les sociétés qui ne parviennent pas à empêcher leurs employés de faciliter l'évasion fiscale soient tenues pénalement responsables", doit-il ajouter, alors qu'il présidera le mois prochain à Londres un sommet international contre la corruption.

Ces mesures cibleront à la fois les sociétés ayant des mécanismes de surveillance laxistes et celles favorisant délibérément l'évasion fiscale.

Dans le cadre de sa contre-offensive, David Cameron avait déjà annoncé ce week-end la création d'un "groupe de travail" pour enquêter sur les révélations des "Panama Papers", réunissant les meilleurs experts de la lutte contre le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale et chapeauté par le service des impôts et des douanes (HMRC).

Mais le quotidien The Guardian révèle lundi que le directeur d'HMRC, Edward Troup, a été associé du cabinet Simmons & Simmons, qui a compté parmi ses clients la société offshore du père de David Cameron.

- Regagner la confiance du public -

Samedi, quelques centaines de manifestants ont réclamé la démission de David Cameron devant Downing Street, la résidence des Premiers ministres britanniques, au moment où ce dernier avouait qu'il aurait "dû mieux gérer cette histoire".

Bien que tardif, son effort de transparence a poussé d'autres dirigeants politiques britanniques à publier leur déclaration d'impôts, comme Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise et chef du parti nationaliste écossais SNP, ou à le faire prochainement, comme Jeremy Corbyn.

Et la pression montait lundi sur le chancelier de l'Échiquier George Osborne, bras droit de David Cameron et l'un de ses potentiels successeurs, pour qu'il fasse de même.

"Ses revenus sont simples et publics: son salaire, ses revenus locatifs d'une propriété à Londres et une participation dans l'entreprise de son père, Osborne & Little", a indiqué une source du Trésor.

A terme, tous les députés seront obligés de publier leur avis d'imposition, a jugé lundi sur la BBC le député conservateur Jacob Rees-Mogg, membre de la commission parlementaire des Finances.

"Il est très clair que d'ici un an ou deux tous les députés vont publier leur déclaration d'impôts", a-t-il déclaré. "C'est dommage de dévoiler notre vie privé mais d'un certain côté c'est la faute des hommes politiques parce que nous avons perdu la confiance du public".

En France, les déclarations de patrimoine des députés et sénateurs, sont consultables depuis l'été dernier, en application des lois qui ont suivi la démission en mars 2013 du ministre du Budget Jérôme Cahuzac, accusé d'avoir dissimulé des fonds en Suisse.

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2016/04/1109:56
Panama Papers: quand Mossack Fonseca proposait ses services aux autorités chinoises

Bien avant les révélations des "Panama Papers", le cabinet Mossack Fonseca était déjà bien connu du gouvernement chinois, coopérant étroitement avec les autorités et des banques étatiques pour aider à concrétiser des investissements à l'international, selon des ressources en ligne consultées par l'AFP.

Présent depuis l'an 2000 en Chine, le cabinet panaméen, spécialiste des domiciliations offshore au coeur du récent scandale, a établi de solides connexions institutionnelles au plus haut niveau dans la deuxième économie mondiale, montrent d'anciennes versions archivées de son site internet.

Il dispose aujourd'hui d'une implantation à Hong Kong et de sept bureaux en Chine continentale, mais avait ouvert sur les 16 dernières années au moins onze bureaux dans le pays, son principal marché, dont certains ont depuis fermé.

Pourtant, avant que n'éclate le scandale, le nom même de la firme restait largement inconnu des cabinets internationaux d'avocats d'affaires en Chine, selon des professionnels interrogés par l'AFP.

Le nombre de leurs bureaux "est stupéfiant", souligne l'avocat Edward Lehman. En 29 ans d'activités en Chine, il assure "n'avoir pas eu recours une seule fois à leurs services, et n'avoir jamais été en contact".

-Favoriser des acquisitions-

En revanche, Mossack Fonseca était très bien introduit au sommet de l'Etat: il a ainsi organisé des "conférences d'investisseurs" pour le ministère du Commerce et le think-tank qui lui est rattaché (Chinese Academy of International Trade and Economic Cooperation), selon des pages de son site aujourd'hui non visibles.

En 2014 encore, des agences gouvernementales invitaient des représentants de Mossack Fonseca à expliquer à des entreprises comment des sociétés offshore pouvaient faciliter leurs investissements à l'étranger.

De son côté, le China Economic Weekly --magazine dépendant du Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste-- avait publié en 2007 un entretien avec Zhang Xiaodong, "responsable des activités Asie" du cabinet panaméen.

Il y dévoilait les avantages de domiciliations offshore pour contourner des restrictions imposées par certains pays, en dissimulant l'origine des fonds investis.

M. Zhang citait en particulier l'échec du pétrolier chinois CNOOC à s'emparer de la firme énergétique américaine Unocal, pour des raisons invoquées de sécurité nationale.

"Les sociétés offshore permettent d'échapper à ce type de risque (...) Il est difficile pour un tiers de déterminer si les investisseurs viennent seulement de Chine", commentait-il.

Sans citer de noms, Zhang racontait ensuite comment Mossack Fonseca avait aidé un client chinois à racheter une entreprise européenne en passant pas un montage complexe comprenant société offshore, fondation et firme domiciliée au Luxembourg.

-Banques étatiques-

Dans une lettre d'informations de novembre 2008, Mossack Fonseca insistait aussi sur ses "bonnes relations" avec deux établissements financiers étatiques: Chinese Merchants Bank et Shanghai Pudong Development Bank, qu'il aidait à superviser les comptes de clients "offshore".

Entre janvier 2007 et septembre 2009, à au moins cinq reprises, des représentants du cabinet panaméen ont formé des employés des banques ou participé à des conférences qu'elles sponsorisaient, ajoutait la lettre.

Selon le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), plus de 16.300 sociétés offshore établies par Mossack Fonseca, soit un tiers de ses firmes offshore "actives" en 2015, l'ont été pour le compte de clients à Hong Kong et en Chine continentale. La plupart étaient domiciliées aux Îles Vierges britanniques.

Or, les investissements de Chine populaire vers la juridiction caribéenne, paradis fiscal notoire, se sont envolés de 1,88 milliard de dollars en 2007 à presque 4,57 milliards en 2014, selon des chiffres gouvernementaux chinois.

Des sociétés offshore ne sont pas nécessairement illégales en soi, et Mossack Fonseca n'était pas le seul à proposer des services de domiciliation à des clients chinois, également courtisés par des cabinets mieux connus comme OIL, Sovereign Trust et OCRA.

Mais Mossack Fonseca "n'est pas un cabinet que j'ai vu associé une seule fois à de véritables acquisitions", observe Paul Gillis, professeur à l'Université de Pékin, expert de l'audit.

L'objectif des firmes offshore était "probablement de sortir de l'argent de Chine, de sorte qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à la source", insiste-t-il.

De quoi en faire un canal privilégié pour des gains mal acquis: la banque centrale chinoise avait reconnu en 2011 que plus de 120 milliards de dollars avaient été placés à l'étranger par des officiels corrompus.

L'ICIJ a par ailleurs révélé que des proches de huit membres, actuels ou anciens, du tout-puissant comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, l'organe dirigeant du pays, avaient possédé des avoirs dans des paradis fiscaux.

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2016/04/1109:54
Valls donne des gages aux jeunes, satisfaits mais toujours opposés à la loi travail

Des CDD davantage taxés, des bourses prolongées après le diplôme: Manuel Valls a annoncé lundi des mesures pour l'insertion des jeunes applaudies par leurs syndicats, qui restent opposés à la loi travail, mais décriées par le patronat.

Matignon évalue entre 400 et 500 millions d'euros par an le coût de ces mesures, présentées aux organisations de jeunesse, dont plusieurs font partie de l'intersyndicale contre le projet de loi depuis plus d'un mois - l'Unef (premier syndicat étudiant), l'UNL, le SGL et la FIDL (lycéens).

"Parce que les jeunes se sont mobilisés et ont relevé la tête, ils ont réussi à obtenir des mesures fortes", a estimé le président de l'Unef William Martinet, exprimant sa "satisfaction".

Lilia Le Bas et William Martinet (Unef) à leur arrivée le 11 avril 2016 à Matignon à Paris

"Ça va dans le bon sens", a approuvé l'Union nationale lycéenne (UNL). La Fage, deuxième syndicat étudiant qui n'est pas opposé à la loi travail, a salué "des mesures vraiment structurelles pour les jeunes".

Toutefois, "ça ne lève pas tous les désaccords, notamment sur la loi travail", a poursuivi William Martinet. L'Unef reste donc "solidaire de l'intersyndicale" qui appelle, comme les organisations lycéennes, à manifester le 28 avril aux côtés des syndicats de travailleurs.

Parmi les revendications satisfaites, la prolongation des bourses dès la rentrée 2016 pour les jeunes d'origine modeste, après obtention de leur diplôme, pour quatre mois maximum.

Manuel Valls et Myriam El-Khomri face à William Martinet (Unef) le 11 avril 2016 à Matignon à Paris

Est aussi prévu un renchérissement des taxes sur le CDD pour favoriser l'embauche en CDI, suivant un barème défini par les partenaires sociaux. Cette mesure hérisse le patronat: la CGPME a dénoncé "un coup de poignard porté dans le dos des entreprises", menaçant de quitter la négociation sur l'assurance chômage, tandis que le Medef a fustigé "une longue tradition consistant à créer une nouvelle taxe pour chaque problème rencontré".

Par ailleurs, un quota de places en IUT sera réservé aux bacheliers technologiques et le nombre de places en BTS sera augmenté, pour favoriser la poursuite d'études des bacheliers professionnels. La rémunération des apprentis sera améliorée.

Des étudiants manifestent contre la loi travail du gouvernement, le 9 avril 2016 à Paris

"Ces mesures, que nous saluons avec enthousiasme" ne "peuvent faire oublier notre désaccord avec la loi travail", a indiqué le Mouvement des jeunes socialistes.

"Pour nous rien n'a changé", a prévenu la Coordination nationale étudiante, qui regroupe les représentants des assemblées générales des facultés mobilisées contre la loi travail. Elle se "désolidarise des stratégies de négociations de certaines directions syndicales, Unef en tête".

"Au lieu de sortir le carnet de chèques pour amadouer les manifestants, le gouvernement ferait mieux de réformer vraiment le marché de l’emploi", a estimé l'ancien Premier ministre LR François Fillon.

- 'Répondre à des inquiétudes' -

Zoia Guschlbaeur et Alex Pellier (FIDL) à leur arrivée le 11 avril 2016 à Matignon à Paris

Les annonces gouvernementales seront intégrées au projet de loi égalité et citoyenneté présenté mercredi ou feront l'objet d'un amendement au projet de loi travail.

Elles ne visent pas à "éteindre une contestation" mais à "répondre à des inquiétudes profondes qui nécessitent une réponse dans la durée", selon le Premier ministre.

La rencontre avait été décidée dès la mobilisation du 31 mars contre le projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri, la plus réussie à ce stade (390.000 manifestants en France selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs).

Travail : mesures pour l'insertion des jeunes

Samedi, les cortèges ont été marqués par une moindre affluence. Et la mobilisation risque d'entrer dans un creux d'ici la manifestation du 28 avril et la reprise des débats début mai à l'Assemblée nationale.

"Les formes de mobilisation vont changer" en raison des vacances scolaires et des examens universitaires qui débuteront dans la foulée, a reconnu William Martinet.

Le rendez-vous de lundi était stratégique pour le gouvernement alors que les organisations de jeunesse, parfois débordées par des coordinations plus spontanées, étaient jusqu'ici très actives dans la mobilisation, dans la rue et via des blocages de lycées ou de facs, avec des risques d'incidents.

Plusieurs lycéens ont été ainsi interpellés lundi en banlieue parisienne, pour des jets de projectile et outrage envers des forces de l'ordre.

Les jeunes sont aussi nombreux dans les rassemblements citoyens "Nuit debout", nés il y a une dizaine de jours place de la République à Paris et qui ont essaimé dans plusieurs dizaines de villes. Bien au-delà de la seule contestation de la loi travail.

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2016/04/1108:50
Le chinois HNA veut racheter le suisse Gategroup

Le conglomérat chinois HNA va lancer une offre publique d'achat sur le suisse Gategroup, un prestataire de services à bord notamment pour le transport aérien, le valorisant à 1,4 milliard de francs suisses (1,2 milliard d'euros), a annoncé ce dernier lundi.

Le conseil d'administration de Gategroup a recommandé à ses actionnaires d’accepter l'offre de HNA, qui propose 53 francs suisses par titre pour racheter le groupe suisse, soit une prime de 20,9% par rapport au cours de clôture vendredi et de 37% par rapport à la moyenne des 60 derniers jours en incluant le dividende prévu pour 2015, a indiqué Gategroup dans un communiqué.

Le conseil d'administration de Gategroup considère que HNA est un investisseur à long terme résolu à soutenir ses projets définis jusqu'à l'horizon 2020, dont son expansion sur des marchés de croissance, a fait valoir le groupe suisse, coté en Bourse.

Gategroup est une ancienne filiale de Swissair, la compagnie aérienne suisse qui avait fait faillite en 2001. La société, qui emploie 28.000 personnes, est spécialisée dans les services à bord et la logistique, en particulier les plateaux repas proposés dans les avions.

L'an passé, Gategroup avait vu ses comptes plonger dans le rouge, essuyant une perte nette de 63,4 millions de francs suisses sous le poids des charges de restructuration et de la force du franc suisse.

A l'issue de l'offre, Gategroup sera retiré de la Bourse, selon les projets de HNA, mais le siège social restera en Suisse et la société continuera son activité de manière indépendante.

Connu à l'origine comme la maison mère de la compagnie Hainan Airlines, HNA est désormais un gigantesque conglomérat, avec des intérêts dans l'aéronautique, la finance, le tourisme et la logistique, qui compte quelque 180.000 salariés dans le monde et a réalisé 29 milliards de dollars de chiffre d'affaires l'an dernier.

Poursuivant à marche accélérée ses efforts de diversification et d'internationalisation, HNA a multiplié les annonces de transactions en 2015.

Il a ainsi pris 20% du loueur d'avions basé en Irlande Avolon, avant de racheter en novembre 24% de la compagnie aérienne brésilienne low cost Azul. Il avait précédemment mis la main sur la société suisse de services aéroportuaires Swissport.

Dans le secteur du tourisme, le français Pierre et Vacances-Center Parcs, spécialiste des résidences de tourisme, a entériné début 2016 l'entrée de HNA dans son capital à hauteur de 10%.

Le géant chinois a aussi acquis en 2015 l'un des plus gros distributeurs mondiaux de produits électroniques et informatiques, l'américain Ingram Micro, pour 6 milliards de dollars.

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2016/04/1107:41
Secteur du rail: syndicats et entreprises entrent dans le vif des négociations

Les négociations sur un cadre social harmonisé pour le secteur du rail entrent cette semaine dans le vif, avec l'ouverture mardi et mercredi du délicat volet de l'organisation du travail, sous la menace de nouvelles grèves en avril et mai.

Les discussions entre syndicats et entreprises du rail doivent aboutir d'ici fin juin à une convention collective commune pour les salariés du secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé) afin que l'ouverture totale à la concurrence, prévue par étapes d'ici à 2026, se déroule dans de bonnes conditions (de sécurité et sans dumping social).

Les syndicats de la SNCF réclament que la future convention de branche s'aligne sur les conditions de travail actuelles du groupe public. Parallèlement, ils bataillent avec la SNCF, qui a ouvert avec eux des discussions pour revoir son organisation du temps de travail, dans l'objectif de faire des gains de coût.

L'Union des transports publics et ferroviaires (UTP, qui regroupe SNCF et entreprises privées) a transmis le 5 avril son projet. Celui-ci a été très mal accueilli, y compris par les syndicats les plus réformistes.

"Ce projet augure d'une entrée en négociation difficile", estime Roger Dillenseger (Unsa). Pour André Fermis (CFDT), ces propositions sont un "copier-coller" des règles minimales posées par le gouvernement et posent de "gros problèmes" sur la rémunération des astreintes et l'encadrement du travail de nuit.

L'Unsa et la CFDT doivent se prononcer avant mercredi sur une éventuelle grève commune le 26 avril avec la CGT et SUD, après un précédent mouvement unitaire du 9 mars. Ils avaient refusé de s'associer à la deuxième grève lancée le 31 mars par les deux autres syndicats représentatifs pour éviter de "mélanger" la mobilisation des cheminots avec celle des opposants au projet de loi travail.

Au vu du projet présenté par l'UTP, "très éloigné de la réglementation du travail à la SNCF", SUD a appelé à un rassemblement mercredi à 11H00 à Paris près de la gare Montparnasse. Une étape vers une "grève reconductible" dans les semaines à venir, espère le syndicat, qui a déposé en mars un préavis de grève pour couvrir toute initiative jusqu'au 31 mai.

Ce texte patronal est une "première version" amenée à être "complétée et enrichie" au cours des "cinq séances programmées jusqu'à début juin", explique à l'AFP le délégué général de l'UTP Claude Faucher.

Mais "toute évolution favorable aux salariés qui se traduirait par un surcoût serait une contrainte de compétitivité" pour un secteur qui subit déjà la forte "concurrence de la route et du low-cost aérien", prévient-il.