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Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, va proposer un plan "en dix points" destiné à lutter contre les...

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2016/04/1016:08
Près de 2 Français sur 3 ont une mauvaise opinion du Medef

Près de deux Français sur trois déclarent avoir une "mauvaise opinion" du Medef, le syndicat patronal dont l'image se dégrade, tout comme celle de son président, Pierre Gattaz, selon un sondage BVA pour Orange et iTÉLÉ, publié dimanche.

64% des personnes interrogées disent avoir "globalement" une mauvaise opinion du Medef, soit 7 points de plus qu'un an auparavant, tandis que 31% affirment en avoir une "bonne opinion" et 5% ne se prononcent pas.

Un an plus tôt, le syndicat patronal recueillait encore 37% d'opinions favorables.

Parmi les sondés sympathisants de gauche, seuls 8% affirment avoir une bonne opinion du Medef, contre 59% des sympathisants de droite.

Quant au président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz, il voit lui aussi son image se dégrader: 57% des Français déclarent avoir une "mauvaise opinion" de lui, soit 8 points de plus qu'un an auparavant.

Seuls 15% des Français en ont une "bonne opinion" (-2 points).

Toutefois, 27% des personnes interrogées affirment "ne pas le connaître assez" pour pouvoir se forger une opinion.

Seulement un tiers des Français (33%) souhaite que le gouvernement tienne davantage compte des revendications du Medef, un résultat en baisse de 8 points sur un an.

A l'opposé, 61% des Français ne le souhaitent pas (+8 points), et 6% ne se prononcent pas.

L'institut de sondage a également interrogé son panel sur "deux mesures proposées par Pierre Gattaz".

Il en ressort que six Français sur dix (60%) se disent "plutôt favorables" à l'idée de "fixer à l'avance", pour les CDI, "les modalités et les indemnités du salarié en cas de séparation (d'avec l'employeur, ndlr) pour éviter le conseil de prud'hommes".

En revanche, les deux tiers des sondés (66%) affirment être "plutôt opposés" à la "suppression du principe de précaution pour favoriser le progrès technologique, la recherche scientifique et l'économie".

Sondage réalisé selon la méthode des quotas, du 7 au 8 avril, auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1.003 personnes âgées d'au moins 18 ans, recrutées par téléphone, puis interrogées par internet.

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2016/04/1015:01
Les pays du Golfe doivent emprunter massivement d'ici 2020

Les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) doivent emprunter entre 250 et 342 milliards d'euros d'ici 2020 pour financer leurs déficits budgétaires résultant de la chute des cours du pétrole, estime un rapport publié dimanche.

Les six pays, qui dépendent lourdement des revenus pétroliers, doivent cumuler un déficit de 318 milliards de dollars (279 milliards d'euros) pour les seules années 2015 et 2016, selon ce rapport du Kuwait Financial Centre (Markaz).

Le CCG comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Qatar, Oman et le Koweït.

Ces pays tiraient plus de 80% de leurs revenus du pétrole mais ont vu leurs finances publiques lourdement affectées par la chute des cours du brut, qui ont perdu plus de 60% depuis la mi-2014.

Selon le Markaz, ces pays vont, en plus des emprunts, puiser dans leurs réserves pour combler leurs déficits.

L'année dernière, l'Arabie saoudite a emprunté 26 milliards de dollars (22,8 milliards d'euros) et dépensé quelque 100 milliards de dollars (88 milliards d'euros) sur ses réserves qui étaient de 732 milliards de dollars fin 2014, selon le centre koweïtien.

A l'exception de Bahreïn et d'Oman, les autres membres du CCG disposent d'énormes réserves et d'une faible dette qui leur permettent de mobiliser des emprunts sur le marché intérieur et à l'international, selon la même source.

Les pays du CCG ont enregistré en 2015 un déficit total de 160 milliards de dollars (140 milliards d'euros) contre un excédent global de 220 milliards de dollars (193 milliards d'euros) en 2012.

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2016/04/1012:52
Fessenheim: la France et l'Allemagne réfléchissent ensemble à la reconversion du site

La France et l'Allemagne réfléchissent ensemble à la reconversion industrielle du site de Fessenheim, consécutive à la fermeture programmée de la centrale nucléaire prévue d'ici deux ans, qui pourrait accueillir soit une usine de voitures électriques Tesla, soit la production de batteries, a annoncé dimanche Ségolène Royal.

"J'ai demandé aux Allemands, qui l'ont accepté, que nous puissions travailler ensemble à la mutation du site", lors d'une rencontre "il y a deux jours, avec le ministre de l'Industrie allemand et la ministre de l'Environnement, en présence d'(u ministre de l'Economie) Emmanuel Macron", a déclaré la ministre de l'Environnement et de l'Energie.

"Ce que les Allemands ont proposé, c'est de travailler sur la valorisation du territoire pour installer une usine Tesla ou une usine de construction de la troisième génération de batteries", a-t-elle indiqué dans l'émission du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

Un "groupe de travail commun" entre Allemands et Français va donc être mis en place pour travailler sur ces deux options, ainsi qu'une troisième: "la création d'un site pilote de démantèlement de centrales", une activité pour laquelle il existe un "marché mondial", a souligné la ministre.

Mme Royal rencontrera "dans une dizaine de jours" le patron de Tesla Elon Musk, qu'elle aimerait convaincre de s'implanter sur ce bassin industriel proche de la frontière franco-allemande, comme elle l'a évoqué début mars. La procédure de fermeture de la centrale nucléaire, qui emploie 1.100 personnes en direct, doit être enclenchée d'ici l'été par décret, en vue d'une fermeture effective en 2018.

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2016/04/1010:48
L'Allemagne place les femmes aux postes de direction à la vitesse de l'escargot

"Si l'on me disait que j'ai ce poste car je suis une femme, j'en pleurerais". L'Allemagne oblige depuis début 2016 ses grandes entreprises à nommer des femmes à leur tête, un pis-aller tardif qui ne convainc pas les principales intéressées.

"La loi s'attaque seulement à la partie visible de l'iceberg, nous devons en faire plus que cela", lance à l'AFP Bélen Garijo, membre du directoire du laboratoire allemand Merck KGaA.

Cette Espagnole de 55 ans est la première femme à accéder à un tel poste au sein du groupe de Darmstadt (sud-ouest). Elle préfère parler compétences, aménagements du travail quotidien et des carrières, plutôt que quotas féminins.

"Une loi n'amène rien, les entreprises doivent comprendre, que la diversité est un avantage compétitif", renchérit Claudia Nemat, membre du directoire de Deutsche Telekom, "il nous faut des hommes, des femmes, de l'expérience internationale, des vieux et des plus jeunes...".

Merck et Deutsche Telekom font figure de pionniers dans un pays où le plafond de verre est tenace. Outre des femmes à des postes de direction, les deux groupes en ont aussi plus au conseil de surveillance que les 30% demandés aux grandes entreprises depuis le 1er janvier 2016, en vertu d'une loi imposée par son partenaire de coalition social-démocrate à la chancelière conservatrice Angela Merkel.

Le texte oblige plus d'une centaine d'entreprises cotées en Bourse à se conformer aux 30%. Si elles ne trouvent pas de femmes pour leur organe de contrôle, qui a la main sur les salaires et les conditions de travail, les sièges resteront vides.

- 'Course d'escargots' -

En fixant des quotas, l'Allemagne a suivi les traces de la Norvège, pionnière en la matière, et de nombreux voisins comme la France, l'Espagne et les Pays-Bas.

Les grandes entreprises doivent également fixer des objectifs volontaires concernant la proportion de femmes dans leur direction - le directoire, cercle restreint autour du patron -, et rendre compte de leurs avancées. Cette obligation vaut aussi pour 3.500 petites et moyennes entreprises (PME).

"Il y a du progrès, mais espérons que cela aille plus vite que la course d'escargots" actuelle en Allemagne, commente Elke Host, directrice de la recherche sur le genre à l'institut économique DIW, qui compile depuis dix ans un baromètre sur les femmes à la tête des 200 plus grandes entreprises d'Allemagne. Fin 2015, celles-ci comptaient 6% de femmes dans leurs directoires, et un peu moins de 20% dans leurs conseils de surveillance.

"La situation s'est un peu améliorée, mais très peu dans les directoires", résume Mme Host. On cherche en vain des femmes dans les cercles rapprochés du pouvoir chez Commerzbank, Volkswagen ou Beiersdorf, fabricant de la crème Nivea.

Si l'Allemagne continue au même rythme, la parité ne sera pas atteinte avant le siècle prochain pour les organes dirigeants, et pas avant 2040 dans les conseils de surveillance, calcule la chercheuse.

- 'Eduquer' -

Et sans sanction prévue pour ceux qui ne remplissent pas leurs objectifs, la nouvelle loi pourrait s'avérer être un "tigre de papier", déplore Mme Host du DIW.

Mais les dirigeantes elles-mêmes rejettent l'idée de sanctions. "Eduquer est plus important que punir", pour Erica Mann, première femme à intégrer le directoire du laboratoire Bayer.

Cette Sud-Africaine a grandi avec la culture des quotas et concède qu'ils permettent "de prendre conscience d'un problème". Mais elle pointe aussi leurs effets pervers: "Personne ne veut être étiqueté comme une femme-quota".

"Ceux qui continuent à dire qu'ils ne trouvent pas de femmes pour occuper des postes à responsabilité ont un gros problème. Soit leur recrutement est inefficace, soit c'est une excuse", assène Mme Garijo chez Merck.

Mais les entreprises allemandes avaient déjà accepté en 2001 de se fixer volontairement des objectifs et "cela n'a tout simplement pas marché", rappelle Mme Host.

La faute selon elle à la culture de la femme au foyer héritée de l'Allemagne de l'Ouest, et qui structure encore l'économie.

"La réalité a changé, mais les têtes ont encore du chemin à faire", conclut-elle, en souhaitant aussi des politiques fiscale et familiale plus incitatives.

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2016/04/1010:16
Panama Papers: la Société générale perquisitionnée

Une perquisition a eu lieu mardi à la Société générale, l'une des banques épinglées dans le scandale des Panama Papers pour avoir ouvert près de 1.000 sociétés offshore via le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Le siège du groupe à La Défense a été perquisitionné par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), a indiqué cette source, confirmant une information du Journal du Dimanche. "Des documents, notamment informatiques, ont été saisis", a-t-elle ajouté.

Cette perquisition est intervenue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier pour "blanchiment de fraudes fiscales aggravées" le 4 avril, le lendemain des premières révélations sur cette affaire d’évasion fiscale à l’échelle mondiale.

Selon Le Monde, la Société générale est la quatrième banque derrière HSBC, UBS, Credit Suisse à avoir eu le plus recours à Mossack Fonseca: elle aurait crée 979 sociétés offshore, via le cabinet d'avocats panaméens, pour le compte de clients.

Le groupe français assure que seules quelques dizaines d'entre elles sont encore en activité et qu'elles sont gérées de façon "totalement transparente".

Le directeur général de Société Générale, Frédéric Oudéa, le 11 février 2016 à la Défense

En 2012, devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion de capitaux, son directeur général, Frédéric Oudéa, avait déclaré sous serment que la banque avait fermé ses implantations dans les pays figurant sur la liste grise des paradis fiscaux, ainsi que dans les États jugés non coopératifs, comme le Panama.

Le sénateur LR Philippe Dominati, ex-président de cette commission d'enquête, a souhaité jeudi que M. Oudéa soit de nouveau auditionné.

Quant au régulateur des banques françaises, il leur a demandé des informations "complémentaires" concernant leurs activités dans les paradis fiscaux.

Depuis la publication des "Panama Papers", la Société générale est la cible de multiples critiques.

Son ex-trader Jérôme Kerviel, avec qui elle s'affronte sur le terrain judiciaire depuis plusieurs années, l'a taxé de "multirécidiviste des infractions", tandis que le dirigeant du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a estimé que ses dirigeants étaient des "menteurs" qui devaient "être châtiés".

La banque a annoncé qu'elle allait engager des poursuites en diffamation contre les deux hommes et contre l'avocat de Jérôme Kerviel, Me David Koubbi.

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2016/04/1006:11
Loi travail: "Nuit Debout" partout en France après des manifestations émaillées de violences

Le mouvement citoyen des Nuits Debout a essaimé samedi soir dans près de 60 villes, avec notamment une tentative de manifestation aux abords du domicile parisien de Manuel Valls, à l'issue d'une nouvelle journée de mobilisation contre la loi travail, marquée par une moindre affluence et des violences.

Après une sixième journée d'action en un mois, pour demander le retrait de ce projet, plusieurs milliers de personnes ont entamé une "Nuit debout", mouvement né il y a dix jours à Paris et dépassant la seule opposition à la loi travail.

"Quelque chose est en train de se lever", a lancé à Paris face à la foule l'économiste Frédéric Lordon.

Affrontements entre manifestants et policiers à l'issue du défilé contre la loi travail le 9 avril à Nantes

En fin de soirée, plusieurs centaines de personnes ont décidé d'aller "prendre l'apéro chez Valls", convergeant vers le domicile parisien du Premier ministre, actuellement en visite officielle en Algérie, avant d'être bloquées par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

"Paris, debout, soulève-toi", scandaient les manifestants.

De bon enfant au départ, la situation s'est tendue, quelques dizaines de personnes jetant des projectiles sur le commissariat du XIe arrondissement, action visiblement désaprouvée par la plupart des manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP.

Incidents en marge de la manifestation contre la loi travail le 9 avril 2016 à Paris

Plus tard, après la dispersion, une dizaine de vitrines de banques ou d'assureurs ont été brisées à coups de pied ou de barre de fer par des casseurs visage masqué.

Place de la République, l'un des membres de Nuit debout soufflait "ces gars-là, ils n'ont rien à voir avec nous".

Aucune interpellation n'était signalée vers 0H30. En revanche, dix personnes ont été interpellées après des heurts en marge du cortège de l'après-midi, ou trois policiers ont été légèrement blessés.

Des heurts ont eu lieu à Nantes et Rennes. Au total, 27 interpellations ont été recensées en France.

Après avoir manifesté dans la journée, Gérard, 62 ans, intéressé par "ces types de mouvements citoyens", "en dehors des partis", a rejoint la cinquième "Nuit debout" à Nantes et ses quelque 300 participants, ses barnums, ses banderoles, ses prises de parole.

- Une centaine de personnes à Tulle -

"Occuper la place de nuit, c'est aller contre le couvre-feu intellectuel. C'est aussi le seul temps restant dans nos vie modernes pour parler des problèmes de notre société. Et rester debout, c'est ne pas demeurer assis, courbé, prostré", fait observer à Reims Antoine Farcette, 23 ans, étudiant en droit.

A Tulle, en Corrèze, fief du chef de l'Etat, une centaine de personnes se sont rassemblées. "J'étais là le 6 mai 2012, ce n'est pas pour la politique qu'il mène qu'on a élu François Hollande", explique Stéphanie, une quadragénaire venue participer aux débats.

A Toulouse, les "Nuit Debout" se sont retrouvées sur la place du Capitole, tandis qu'à Marseille, le mot d'ordre était de ne pas rentrer chez soi et de "faire tourner le micro" au sein de ce mouvement qui s'assume sans leader.

Dans la journée, les autorités ont recensé 120.000 manifestants dans toute la France, dont 18.000 à 20.000 à Paris (110.000 selon les organisateurs dans la capitale). Loin des 390.000 à 1,2 million de personnes, selon les sources, du 31 mars. La mobilisation avait lieu pour la première fois un week-end, en période de vacances scolaires.

Une nouvelle mobilisation est prévue le 28 avril.

- 'Le peuple se réveille' -

Partout la baisse de participation était patente (sauf à Paris selon les syndicats), y compris dans les zones où les vacances n'ont pas commencé, comme à Toulouse où les manifestants étaient entre 8.000 selon la police et 20.000 d'après la CGT, contre 20.000 à 100.000 le 31 mars.

Manifestation contre la loi travail le 9 avril 2016 à Lille

Les cortèges ont réuni également quelques milliers de manifestants à Lyon (4.000), Marseille (3.800), Nantes et Grenoble (environ 2.500), Lille et Rennes (1.700), selon les chiffres des autorités.

"Ce qu'a réveillé la loi, c'est le refus de la précarisation et du bizutage social", a déclaré le président de l'Unef, William Martinet, qui sera reçu lundi avec les autres organisations étudiantes et lycéennes par Manuel Valls.

À Paris, parmi les slogans on pouvait lire "Game over - le peuple se réveille".

"Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère. De cette société, on n'en veut pas!" criait une jeune femme au haut-parleur dans la manifestation lyonnaise.

A Lille, Gérard, un retraité de l'enseignement, lâchait: "Il y en a marre de l'exploitation capitaliste qui ne fait que s'aggraver".

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2016/04/0922:10
L'Egypte et l'Arabie saoudite créent un fonds d'investissement de 16 milliards de dollars

L'Egypte et l'Arabie saoudite ont signé samedi différents accords dont un portant sur un fonds d'investissement de 16 milliards de dollars, à l'occasion d'une visite au Caire du roi Salmane d'Arabie saoudite.

La télévision publique égyptienne a montré en direct l'annonce des différents accords signés, en présence du roi Salmane et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dans un palais du Caire.

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2016/04/0921:40
"Nuit debout": des centaines de personnes tentent de manifester vers le domicile de Valls

Plusieurs centaines de personnes qui participaient à la "Nuit debout" à Paris ont tenté samedi soir de manifester vers le domicile du Premier ministre Manuel Valls, avant d'être bloquées par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après avoir décidé de "prendre l'apéro chez Valls", de nombreux participants qui se trouvaient place de la République ont, d'un pas rapide, pris le chemin du domicile parisien du chef du gouvernement, qui se trouve actuellement en Algérie pour une visite officielle.

Ils ont d'abord été bloqués non loin de la place de la République, avant de parvenir à poursuivre leur route par un autre chemin. Ils ont ensuite à nouveau été bloqués par un dispositif policier à proximité du domicile de Manuel Valls, dans l'est parisien.

Des projectiles ont été jetés sur le commissariat du XIe arrondissement, par un petit groupe de quelques dizaines de personnes, dont les actions violentes étaient visiblement désapprouvées par la plupart des manifestants.

Des poubelles ont également été brûlées.

Vers 00H30, les manifestants étaient en cours de dispersion, a-t-on affirmé de source policière. Aucune interpellation n'était signalée, mais des dégradations ont eu lieu, notamment au commissariat du XIe, a-t-on ajouté.

Ces incidents interviennent après une nouvelle journée de manifestations contre la réforme du code du travail, qui ont rassemblé 120.000 personnes, selon les autorités, dans toute la France. Certaines manifestations, à Paris, Rennes ou Nantes, ont été émaillées d'incidents.

Des "Nuits debout", mouvement citoyen né il y a dix jours à Paris, dépassant la seule opposition à la loi travail, étaient organisés samedi soir dans près de 60 villes.

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2016/04/0921:36
A Marseille, la Nuit debout se tourne vers "les privés de parole"

Marion, Tom et Gérald, comme 200 à 300 Marseillais, prolongent samedi soir la manifestation contre la loi Travail de l'après-midi par une "Nuit debout", au coeur de la ville. Tous trois affirment que le mouvement prend de l'ampleur et touche ici des gens "habituellement privés de parole".

En fin d'après midi, Marseille est encore baignée de cette belle lumière blanche lorsque la première oratrice prend la parole dans le quartier de La Plaine, ce creuset alternatif marseillais. "Le mot d’ordre de ce soir: ne rentrez pas chez vous", dit une grande jeune fille brune, le visage à demi masqué par d'énormes lunettes noires. L'ambiance est festive, le public plutôt jeune, et l'on ressent une certaine effervescence.

L'oratrice explique que c'est un mouvement sans leader et "que le micro doit tourner". "Ici c'est la réappropriation de l'espace public", lance-elle, au milieu d'une petite foule. Certains une bière à la main, d'autres accompagnés de jeunes enfants, de chiens, et quelques "vieux militants" juchés sur des gradins en bois montés pour l'occasion brandissent des pancartes hostiles à la loi El Khomri.

Les participants à la Nuit Debout lèvent les mains à Marseille pour signifier leur approbation lors d'une prise de parole, dans le quartier de la Plaine, le 9 avril 2016

Un trentenaire barbu détaille ensuite d'une voix assurée ce qui se passe en coulisse : les deux AG par semaine dont "la prochaine (le lendemain) aux Réformés", autre place du centre ville.

Un troisième intervenant donne les codes de participation, ceux désormais des Nuits debout de Toulouse ou d'ailleurs : mains agitées en l'air pour signifier qu'on est d'accord, bras en croix pour le mécontentement, moulinets lorsqu'on trouve que la parole s'enlise...

- rendre l'espoir aux jeunes -

Gérald, quarante ans, enseignant dans le secondaire, est l'une des figures de cette Nuit debout méditerranéenne. Pas un leader mais un "animateur de la page Facebook +Nuit debout Marseille+", souligne-t-il.

Les participants à la Nuit Debout à Marseille, sous un écriteau qui détaille les gestes à faire pour prendre part au débat, le 9 avril 2016

"Il manquait un lien collectif pour beaucoup de gens qui sont seuls, dans leur pratique professionnelle, comme les aides à domicile, les femmes de ménages, les youtubeurs, les auto-entrepreneurs... On a pu recréer un espace démocratique et d’expression politique pour ces gens", explique ce militant qui s’enthousiasme pour cette nouvelle façon "de faire du syndicalisme".

Gérald affirme que, même si le mouvement s'est déroulé à bas bruit au départ, il a déjà eu des répercussions intéressantes comme, cette rencontre, "le 31, entre des femmes de ménages en lutte d'un quatre étoiles marseillais et des étudiants". Ils ont fait des collectes, un repas solidaire pour financer leur combat. "Avec les quelques centaines d'euros réunis, elles ont pu tenir et obtenir gain de causes sur leurs revendications", affirme le quadra.

Marion, 21 ans, étudiante en science et humanités, dit vivre sa première expérience d'engagement militant. Elle explique avoir vécu son enfance à Paris "dans le XVIIIe, un endroit où les enfants qui allaient à l'école croisaient les drogués qui se piquent". Elle espère que la Nuit debout pourra casser l'indifférence, recréer du lien social.

Des participants à la Nuit Debout à Marseille, prennent part aux débats, le 9 avril 2016

Comme elle, Tom, 30 ans, graphiste, auteur de BD et précaire, a rejoint la Nuit debout par le biais du mouvement "13 en lutte", une coordination née début mars dans les AG de la fac du quartier Saint-Charles près de la gare.

"On peut dire que la Nuit debout espère +un mai 68+, moi j'attends autre chose. Si l'on n'obtient pas le retrait de cette loi, on aura perdu mais si on l'obtient, on aura gagné des tas d'autres choses". Il précise qu'il faut rendre l'espoir aux jeunes face à la perspective "d'être condamnés à faire moins bien que leurs parents".

Et pour les animateurs des Nuits debout, l'espoir passera par les quartiers nord. Ils annoncent le 23 avril une "Nuit debout", cité des Flamants, dans le 14e arrondissement de Marseille.

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2016/04/0916:33
Le gouverneur de la Banque de France veut un ministre des Finances eu ropéen

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, réclame la nomination d'un ministre européen des Finances, pendant politique selon lui indispensable au travail de la Banque centrale européenne (BCE), dans un entretien samedi au quotidien italien La Repubblica.

"Le pilier monétaire existe et il est solide, la BCE fait son travail. Ce qui manque terriblement est le second pilier, une meilleure coordination des politiques économiques", explique-t-il en réponse à une question sur la solidité de l'eurozone.

"C'est pourquoi je propose la nomination d'un ministre des Finances européen", qui pourrait être nommé de la même manière que l'a été la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, ajoute le gouverneur français.

"Depuis 2011, l'absence de gouvernance a coûté 2 à 5 points de PIB à l'eurozone et donc des millions d'emplois", a-t-il fait valoir tout en assurant: "Nous ne sommes pas en train de proposer plus de Bruxelles mais plus de croissance et d'emplois".

Interrogé pour savoir si la France était prête à renoncer à une part de souveraineté sur sa politique économique, M. Villeroy de Galhau a préféré parler "de partage de souveraineté".

"L'union financière doit être un parcours réalisé par étapes", a-t-il ajouté en soutenant la proposition du ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan d'"une intégration sur la base du volontariat et progressive".

Le nouveau ministre européen "serait membre de la commission (européenne), président de l'eurogroupe et à la tête d'un Trésor européen composé des services économiques de la commission et du Mécanisme européen de stabilité", a précisé le responsable français.

Il serait chargé d'élaborer la stratégie collective de l'eurogroupe et de veiller à son application, "via des incitations et des sanctions".

Interrogé sur le projet de réforme du travail en France, il a relevé qu'en 2015, la croissance avait été plus forte en France qu'en Italie (1,2% contre 0,6%) mais que parallèlement, l'Italie avait créé 270.000 emplois contre seulement 82.000 en France.

"Une des explications est l'approbation du Jobs Act", la réforme italienne du marché du travail entrée en vigueur début 2015. "La France ne peut pas rester l'un des seuls pays européens où le chômage ne baisse toujours pas. Le statu quo n'est pas une solution", a-t-il insisté.