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Les "Panama Papers" ont fait leur première victime de taille: le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugs...

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2016/04/0604:12
"Panama papers": le cabinet Mossack Fonseca a porté plainte

Le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au coeur du scandale des "Panama papers" qui a éclaté dimanche, a affirmé mardi avoir été victime d'un piratage informatique opéré depuis des serveurs étrangers et avoir porté plainte à ce sujet.

"Nous avons un rapport technique qui dit que nous avons été piratés depuis des serveurs étrangers", a déclaré à l'AFP Ramon Fonseca Mora, directeur et cofondateur du cabinet, en précisant avoir lundi "déposé plainte auprès du parquet".

"Personne ne parle du piratage" dans la presse qui abonde depuis deux jours sur les révélations, s'offusque M. Fonseca, alors que "c'est le seul crime qui a été commis", selon lui.

Panama Papers : le volume des documents

Il s'indigne également que les révélations sur les 11,5 millions de documents extraits du système informatique de son cabinet se concentrent sur ses clients les plus célèbres, au mépris du respect de la vie privée.

"Nous ne comprenons pas. Le monde est déjà en train d'accepter que la vie privée n'est pas un droit de l'homme", a-t-il commenté.

La déclaration de Ramon Fonseca Mora intervient deux jours après la révélation par des journaux du monde entier du scandale d'évasion fiscale dit des "Panama papers", basée sur quelque 11,5 millions de documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. L'enquête lève le voile sur un vaste système d'évasion fiscale impliquant hauts responsables politiques, sportifs ou milliardaires.

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2016/04/0522:01
Les dépenses militaires à nouveau en hausse en 2015

Les dépenses militaires dans le monde ont augmenté en 2015 après quatre années de recul du fait de la multiplication des tensions dans le monde, a indiqué mardi l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

Sur l'ensemble de l'année, les dépenses militaires se sont élevées à 1.676 milliards de dollars, une hausse de 1% sur un an.

Outre cette hausse globale, principalement portée par l'Europe de l'Est, l'Asie et le Moyen-Orient, le centre de recherches a constaté que la diminution des dépenses militaires en Occident avait ralenti.

Les États-Unis restent le pays qui dépense le plus, de très loin. Leur budget, de 596 milliards de dollars, est en repli de 2,4% par rapport à l'année précédente, soit moins que les années précédentes.

Sam Perlo-Freeman, chercheur du Sipri, a évoqué "des dépenses supplémentaires sur les théâtres extérieurs dues à la guerre contre" l'organisation État islamique (EI).

Le deuxième plus gros budget, celui de la Chine, est estimé à 215 milliards de dollars, suivi par celui de l'Arabie saoudite (87,2 milliards) qui a dépassé la Russie (66,4 milliards).

Sur une période de dix ans (2006-2015), alors que le budget des États-Unis a baissé (-4%), celui de la Chine a explosé (+132%), tandis que ceux de l'Arabie saoudite (+97%) et de la Russie (+91%) grimpaient rapidement.

La France, cinquième budget en 2014, est tombée à la septième place, derrière le Royaume-Uni et l'Inde.

Dans l'ensemble de l'Europe occidentale, les budgets baissent toujours, mais moins vite.

"Les raisons de ce changement de tendance sont la Russie, l'organisation EI et l'OTAN", selon M. Perlo-Freeman. Les membres de l'OTAN se sont engagés à respecter d'ici 2024 l'objectif de dépenses militaires correspondant à 2% du produit intérieur brut.

En Asie, la hausse des dépenses de l'Indonésie, des Philippines mais aussi du Japon et du Vietnam reflète les tensions, plus ou moins ouvertes, avec la Chine et avec la Corée du Nord.

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2016/04/0519:29
Le film de l'onde de choc "Panama Papers" depuis dimanche

Le film de l'onde de choc provoquée depuis dimanche par les révélations de l'opération "Panama Papers", qui lève le voile sur un vaste système d'évasion fiscale à l'échelle planétaire.

Ces révélations ont entraîné mardi la chute du Premier ministre islandais.

--DIMANCHE 3 AVRIL--

Panama Papers : le volume des documents

Une fuite massive de documents, révélée par plus de 100 journaux à travers la planète, met au jour des avoirs dans des paradis fiscaux de 140 responsables politiques, de stars du football ou de célébrités.

Parmi les quelque 11,5 millions de documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca apparaissent des noms de l'entourage des présidents russe Vladimir Poutine, chinois Xi Jinping, syrien Bachar al-Assad, le footballeur argentin Lionel Messi, Michel Platini, le cinéaste Pedro Almodovar...

Les acteurs de l'enquête, coordonnée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), promettent d’égrener les révélations au fil de la semaine.

--LUNDI 4 AVRIL--

- PANAMA: Le cabinet d'avocats Mossack Fonseca dénonce un "crime" et une "attaque contre le Panama" après la divulgation des documents.

- FRANCE: François Hollande promet des "enquêtes fiscales" et des "procédures judiciaires". La justice ouvre une enquête pour "blanchiment de fraudes fiscales aggravées".

Patrick Drahi, Pdg du groupe Altice (maison mère de SFR) reconnaît avoir eu recours à une société enregistrée au Panama, mais dément toute évasion fiscale.

- RUSSIE: Le Kremlin dénonce des "inventions" et "falsifications" ayant pour "cible principale" Vladimir Poutine et visant à "déstabiliser" le pays.

- UKRAINE: Des députés annoncent vouloir lancer une procédure de destitution à l'encontre du président Petro Porochenko, incriminé pour avoir créé une société dans les îles Vierges Britanniques au plus fort de la guerre avec les séparatistes prorusses. Le président affirme respecter la loi à la lettre.

Panama Papers : l'onde de choc

- SYRIE: Le régime a pu contourner les sanctions internationales et financer sa machine de guerre grâce entre autres à trois sociétés écrans basées aux Seychelles, selon le quotidien français le Monde, un des médias ayant participé à l'enquête.

- ESPAGNE: Le parquet et le fisc ouvrent des enquêtes respectivement pour blanchiment et évasion fiscale.

Le footballeur du FC Barcelone Lionel Messi assure que sa société au Panama n'a jamais eu de fonds.

- ALLEMAGNE: Une trentaine de banques, dont Deutsche Bank et Commerzbank, ont eu recours aux services de Mossack Fonseca, selon le Süddeutsche Zeitung, premier journal destinataire des documents.

- PAYS-BAS: Le fisc ouvre une enquête.

--MARDI 5 AVRIL--

- PANAMA: La justice ouvre une enquête sur "les faits décrits" dans des médias "sous l'appellation +Panama Papers+".

- SUISSE: L'avocat de Michel Platini assure que la "situation" de son client est "connue de l'administration fiscale suisse", où il réside.

- COREE DU NORD: Une société écran nord-coréenne utilisée pour financer le programme nucléaire de Pyongyang a figuré parmi les clients de Mossack Fonseca, selon la BBC et le Guardian, partenaires de l'ICIJ.

Chronologie de la crise en Islande après les révélations liées aux Panama papers concernant le Premier ministre

- FRANCE: Le Monde dévoile un "système offshore sophistiqué" élaboré par des proches de Marine Le Pen, présidente du Front National. Un des proches cité, Frédéric Chatillon, proteste de la "parfaite légalité" des opérations. Jean-Marie Le Pen, également épinglé via son majordome Gérald Gérin, nie toute implication.

La France va réinscrire le Panama sur sa liste des Etats et territoires non-coopératifs (ETNC) en matière fiscale. Le Panama annonce qu'il envisage des représailles économiques contre la France.

- PAYS-BAS: John Bredenkamp, un négociant d'armes, aurait eu "au moins 13 sociétés", dont "au moins cinq se sont retrouvées sur des listes internationales de sanctions pour son implication présumée dans la vente d'armes au président du Zimbabwe" Robert Mugabe (quotidien Trouw).

- ISLANDE: Le Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson fait savoir qu'il va démissionner, après les révélations sur ses placements offshore qui ont jeté dans la rue des milliers de manifestants.

- ARGENTINE: Le nom du président Mauricio Macri apparaît dans les registres d'une seconde société offshore, selon La Nacion, membre de l'ICIJ. Le chef de l'Etat, déjà incriminé, avait nié la veille toute irrégularité.

- PAKISTAN: Le Premier ministre Nawaz Sharif, dont la famille est mise en cause, annonce une commission d'enquête.

- GRANDES BANQUES: La banque britannique HSBC, les helvètes UBS et Crédit Suisse, ainsi que Société Générale font partie du top 5 des banques ayant créé le plus de sociétés offshore via Mossack Fonseca (Le Monde).

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2016/04/0518:44
Alexandre de Juniac, le redresseur d'Air France-KLM s'envole vers des cieux plus cléments

Pendant les trois ans passés à la tête du groupe Air France-KLM, son pugnace PDG, Alexandre de Juniac, a redressé mais parfois brusqué un groupe qui était à son arrivée à la limite du décrochage.

Arrivé avec l'ambition de hisser son groupe dans le trio de tête mondial de l'aviation commerciale, M. de Juniac s'apprête à le quitter avec la maigre satisfaction d'avoir redressé le manche d'une compagnie qui a renoué avec les profits en 2015, pour la première fois depuis sept ans.

"Redresser des boîtes, ça me plaît", confiait-il avec un naturel surprenant en juillet 2015, alors qu'il venait d'annoncer un énième train d'économies.

Un plaisir, donc, mais qui a son prix: sous sa férule, les tensions sociales ont atteint des sommets, surtout avec les pilotes. La grève de deux semaines en septembre 2014, qui a eu raison de son projet de filiale européenne à bas coûts Transavia Europe, est encore dans les mémoires.

Tout comme l'image, désastreuse et désormais mondialement célèbre, de Xavier Broseta, le directeur des ressources humaines, torse nu, chemise déchirée par des employés lors d'un comité d'entreprise en octobre dernier, après l'annonce de nouvelles suppressions de postes.

Ses détracteurs fustigent ses méthodes de redressement cavalières, taillant sabre au clair dans les effectifs: rien que chez Air France, 5.500 postes ont été supprimés durant son mandat.

"En termes de confiance et de dialogue social, on a vu plus efficace", déclare à l'AFP Véronique Damon, secrétaire générale du SNPL, premier syndicat de pilotes de la compagnie française.

"Alexandre de Juniac avait réussi à cristalliser sur son nom un certain nombre de ressentiments", confirme Béatrice Lestic, de la CFDT.

"D'entrée de jeu, on a vu que c'était un mercenaire qui n'avait pas le sentiment d'appartenance à l'entreprise", affirme pour sa part Miguel Fortea, numéro un de la CGT dans l'entreprise.

- l'ENA, Bercy, le piano et la voile -

Sa nomination début 2013 n'avait pourtant rien d'un parachutage: alors patron d'Air France depuis plus d'un an, il était le dauphin désigné de Jean-Cyril Spinetta, et s'est appliqué à mettre en oeuvre le plan de restructuration Transform 2015 voté sous son prédécesseur.

Le verbe franc, parfois sec, ce fils de diplomate passé par Polytechnique, l'ENA (promotion Michel de Montaigne) puis le Conseil d'Etat, a débuté au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, avant d'entamer une lente ascension dans l'aéronautique.

Après un passage chez Thomson SA (devenu Technicolor), il entre chez Sextant Avionique en 1997, puis rejoint en 1999 Thomson-CSF, peu après renommé Thales.

Il y restera dix ans, dirigeant à partir de 2004 la division "systèmes aériens" du groupe, puis à partir de 2008 l'ensemble des activités en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

En 2009, il revient à Bercy en tant que directeur de cabinet de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, poste qu'il occupe jusqu'en juin 2011, avant d'atterrir à Air France en novembre.

La Commission de déontologie de la fonction publique n'y avait pas vu d'obstacle, contrairement à sa candidature à la succession d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva, retoquée fin 2010 car jugée "incompatible" avec ses fonctions à Bercy.

En rejoignant avant le 1er août les cieux moins turbulents de l'association du transport aérien international (IATA), qui représente l'ensemble des compagnies aériennes de la planète, il s'éloignera pour la première fois du secteur public et parapublic français (l'Etat français détient un peu plus de 17% d'Air France-KLM).

Père de quatre enfants, passionné de piano, ce joueur de jazz et de rock s'est longtemps produit dans des soirées et sur les trottoirs du boulevard Saint-Germain à Paris pendant la Fête de la musique, au sein de l'orchestre "Limonart" - abréviation de "limonade artisanale".

Sur l'eau salée, il s'adonne à son autre grande passion, la voile, voguant au large des côtes varoises sur un bateau baptisé Péra, nom grec d'un quartier d'Istanbul signifiant "au-delà".

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2016/04/0517:40
Un ex-directeur de Natixis AM revendique le statut de "lanceur d'alerte"

Lanceur d'alerte "exemplaire" ou habile manipulateur agissant par "intérêt personnel"? Les Prud'hommes de Paris ont examiné mardi le dossier d'un ex-directeur de Natixis Asset Management (NAM) remercié après avoir dénoncé des commissions présumées occultes.

En tant que responsable de la conformité, du contrôle interne et des risques jusqu'à son licenciement en novembre 2014, Abdel B. était naturellement celui qui "devait mettre le doigt où ça fait mal", selon son avocat Me William Bourdon. L'homme chargé de "détecter des anomalies", "très compétent" et "rigoureux", selon son confrère représentant la société de gestion du groupe BPCE.

Sur le reste du dossier, deux versions se sont affrontées pendant 1h30 d'audience devant la 3e chambre de la section "encadrement" tant sur la nature, délictuelle ou pas, des commissions, que les conditions dans lesquelles ce cadre haut placé a été licencié.

Pour son avocat, Abdel B. est un cas de lanceur d'alerte "exemplaire", "caricatural, de collaborateur qui se retrouve châtié pour avoir fait son travail" avec "courage et naïveté", a souligné dans sa plaidoirie Me Bourdon en invoquant les dispositions protectrices votées en 2013 pour les lanceurs d'alerte, que la loi Sapin II doit venir renforcer.

Les commissions en question font l'objet d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF), a-t-il rappelé, évoquant un "système" de "double marge" sur des "fonds à formule" souscrits par des particuliers.

La démission en mars du directeur général de NAM, Pascal Voisin, est "évidemment en lien avec l'enquête de l'AMF" et "le parquet de Paris va bientôt être saisi", a-t-il lancé en ajoutant que "cette affaire aura des secousses sismiques lourdes".

Quelques semaines avant, le Crédit Suisse avait découvert des irrégularités dans des transactions avec Natixis AM sur d'autres produits financiers complexes ("produits structurés" pour professionnels). L'affaire avait été révélée en avril 2015 par Mediapart.

De l'autre côté, l'avocat de NAM a demandé au tribunal de "démêler le vrai du faux" et "différencier les lanceurs d'alerte de bonne foi, d'autres personnes qui agissent pour leur intérêt personnel". En l'espèce, accéder au comité de direction, a-t-il dit.

Les deux conditions requises pour définir un lanceur d'alerte, "la bonne foi" et la dénonciation "d'éléments susceptibles de caractériser un crime ou un délit" ne sont pas réunies, a fait valoir Me Jean-Marc Albiol en affirmant que NAM était "une société vertueuse".

L'ex-directeur, âgé de 52 ans et "cramé" dans la profession, demande à être réintégré. A défaut, il réclame 2 millions d'euros, dont 5 ans de rappel de salaire et près de 500.000 euros de dommages et intérêts pour les conditions "vexatoires" de son licenciement au motif, en relevant que la société avait dans la presse expliqué qu'il avait eu un "comportement inapproprié".

Le jugement sera rendu le 3 mai.

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2016/04/0516:04
Alexandre de Juniac quitte Air France-KLM, pour rejoindre l'IATA

Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, qui a engagé la compagnie sur la voie du redressement mais entretenait des relations houleuses avec les pilotes, va quitter le groupe l'été prochain pour prendre la tête de la prestigieuse IATA, l'association internationale du transport aérien.

M. de Juniac a informé le conseil d'administration de la compagnie franco-néerlandaise "de la proposition qui lui a été faite ce mardi 5 avril 2016 par le Conseil des gouverneurs de l'Association du Transport Aérien International (IATA) de devenir (son) prochain directeur général", a indiqué le groupe dans un communiqué mardi.

Il "a indiqué qu'il était disposé à accepter cette proposition", a ajouté le groupe. L'IATA tiendra son assemblée générale du 1er au 3 juin 2016 avec l'objectif d'une prise de fonction de M. de Juniac "au plus tard au 1er août 2016".

Le départ après trois ans de mandat de ce patron, charismatique pour les uns, trop clivant pour les autres, est une surprise.

Il quitte un groupe en voie de redressement mais encore fragile. Air France-KLM se trouve comme d'autres compagnies historiques prise en étau entre la concurrence féroce des low-cost en Europe, Ryanair et easyJet en particulier, et sur le long courrier de celle des compagnies du Golfe, Emirates ou Qatar Airways.

Face aux low-cost, il a cherché à développer la filiale Transavia d'Air France-KLM, et a opposé aux secondes une montée en gamme.

C'est sous sa houlette que la compagnie franco-néerlandaise a renoué avec les profits en 2015 pour la première fois depuis 2008, avec un bénéfice net de 118 millions, après 225 millions de pertes l'année précédente. Au prix d'importants efforts de productivité du personnel, avec une réduction des effectifs des personnels navigants et au sol, et d'une grève des pilotes d'Air France, en septembre 2014 qui fut l'une des plus longues de l'histoire de la compagnie, avec un impact financier négatif de 440 millions d'euros.

- Deux plans de restructuration -

Pour redresser le groupe, Alexandre de Juniac a engagé un premier plan de restructuration, "Transform 2015", en 2012, qui s'est notamment traduit par la suppression de 5.500 postes. Un second plan, baptisé "Perform 2020", lui a succédé, mais il a donné lieu à des négociations tendues avec les syndicats.

Des débordements ont eu lieu le 5 octobre 2015, quand le directeur des ressources humaines, Xavier Broseta a dû fuir des manifestants en colère, en escaladant un grillage devant le siège d'Air France à Roissy, la chemise déchirée.

"Nous avons opéré un redressement de la compagnie assez spectaculaire (...), fruit de la restructuration et des efforts fournis par les salariés en grande partie et, de manière minoritaire, du prix du carburant qui nous a aidés", avait reconnu M. de Juniac début avril à l'AFP, estimant que le groupe était "sorti de la zone de risques".

Son départ a également pris de court les syndicats internes.

"Il met tout le monde devant le fait accompli, y compris le conseil d'administration et le gouvernement", a déploré Béatrice Lestic de la CFDT Air France, assurant que "ce qui nous intéresse, c'est qui va le remplacer".

Pour Miguel Fortea, numéro un de la CGT Air France, de Juniac reste "l'homme de la stratégie de la division" entre les catégories de personnel et c'est "plutôt une bonne nouvelle qu'il parte", lui qui a mis en oeuvre "des milliers de suppressions d'emplois".

Le comité de nomination et de la gouvernance d'Air France-KLM a lancé, avec l'appui d'un cabinet international de recrutement, un processus "afin d'identifier le meilleur dirigeant à même de poursuivre la consolidation et le développement du groupe".

Selon Yan Derocles analyste chez Oddo Securities, il se pourrait qu'un intérim soit assuré par le patron d'Air France Frédéric Gagey, ou celui de KLM, Pieter Elbers. "A part les noms qui circulent depuis un an comme Louis Gallois (PSA), Guillaume Pepy (SNCF), ou Alexandre Bompard" (FNAC), il dit ne pas "voir quelqu'un d'envergure capable de prendre ce poste-là".

En outre, l'analyste ne "voit pas l'intérêt pour ces personnes-là d'accepter ce poste s'il y a eu vraiment des obstacles insurmontables" qui ont poussé M. de Juniac à partir.

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2016/04/0515:54
"Panama Papers": le riad des Balkany et les avoirs de Cahuzac mentionnés

Le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur des révélations "Panama Papers", a été utilisé pour domicilier dans des sociétés écrans offshore le riad au Maroc des époux Balkany et les avoirs de l'ancien ministre Jérôme Cahuzac, rapporte mardi Le Monde.

"Mossack Fonseca a enregistré, en juillet 2007, la société Hayridge Investments Group Corp, propriétaire indirect du riad (Dar Gyucy à Marrakech, Maroc, NDLR), à la demande de la fiduciaire suisse Gestrust, qui agissait elle-même pour le compte de Jean-Pierre Aubry - le bras droit du couple de Levallois-Perret", Isabelle et Patrick Balkany, détaille le quotidien.

Les documents du cabinet panaméen mettent aussi en cause l'avocat Arnaud Claude, qui a "téléphoné" à Gestrust pour lui "donner des instructions" au sujet de la société Hayridge, selon un échange entre le cabinet suisse et Mossack Fonseca.

La justice française enquête depuis 2013 sur le patrimoine du couple Balkany et notamment sur trois villas aux Antilles et au Maroc, non déclarées au fisc et saisies. M. Balkany est mis en examen dans cette affaire pour fraude fiscale, corruption passive, blanchiment de fraude fiscale et déclaration mensongère de patrimoine.

MM. Aubry et Claude sont également mis en examen, ce dernier étant soupçonné d'avoir mis au point le réseau de sociétés écrans pour éviter que le couple n'apparaisse comme le véritable propriétaire de la villa marocaine.

Selon Le Monde, l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac a lui aussi eu recours aux services de Mossack Fonseca en 2009, pour mettre à l'abri des regards ses avoirs cachés jusqu'ici placés dans la banque suisse UBS, via un montage complexe de sociétés écrans immatriculées aux Seychelles et au Panama.

L'entourage de l'ancien ministre, dont le procès pour fraude fiscale a été reporté au mois de septembre, a toujours fait valoir qu'il n'avait jamais été associé aux montages financiers conçus par ses conseillers, rappelle le quotidien.

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2016/04/0515:48
Panama Papers: chute du Premier ministre islandais

Les "Panama Papers" ont fait leur première victime de taille : le Premier ministre islandais a démissionné mardi, emporté par la pression de la rue outrée par les révélations sur ses placements dans des paradis fiscaux.

C'est le premier "scalp" obtenu par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont les membres dévoilent depuis dimanche les pratiques financières et fiscales opaques de personnalités, chefs d'Etat, entrepreneurs, sportifs, banques... tout un éventail de clients du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans la domiciliation offshore d'entreprises.

Sigmundur David Gunnlaugsson faisait face à la bronca depuis dimanche et les révélations sur des millions de dollars qu'il a détenus via une société ayant son siège aux îles Vierges britanniques, appelée Wintris, avec son épouse Anna Sigurlaug Palsdottir, fille d'un riche concessionnaire automobile.

Des milliers de manifestants - une mobilisation massive à l'échelle de l'Islande - avaient réclamé sa démission lundi en jetant du "skyr", un fromage blanc local, devant le Parlement.

-Des manifestants contre l'ex-Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson à Reykjavik, le 4 avril 2016 la veille de sa démission

L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, pendant lesquelles un secteur financier euphorique ainsi que ses dirigeants et ses cadres usaient et abusaient des sociétés écrans. L'économie s'était retrouvée terrassée par la crise financière en 2008, provoquant une envolée du chômage et une intense colère populaire.

Le Premier ministre démissionnaire sera remplacé par le ministre de l'Agriculture Sigurdur Ingi Johannsson.

Depuis dimanche, les médias participant à l'ICIJ distillent les noms des clients qu'ils ont trouvés en épluchant plus de 11 millions de documents confidentiels de Mossack Fonseca, provoquant des remous dans le monde entier. Jusqu'ici, seules des personnalités tout à fait secondaires (un cadre politique local hongrois, le responsable de l'antenne chilienne de l'ONG de lutte contre la corruption Transparency) avaient été emportées par ces révélations.

- "Un énorme problème" -

Le Premier ministre britannique le 5 avril 2016

Le Premier ministre britannique David Cameron était aussi sous pression mardi, mais dans des proportions bien moindres. Son père Ian ayant dirigé un fonds d'investissement dont le siège est aux Bahamas et dont les profits ont échappé au fisc britannique à la suite d'un montage effectué via Mossack Fonseca, le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a demandé "une enquête indépendante".

Le Premier ministre Pakistanais, Nawaz Sharif, dont la famille est éclaboussée par les révélations, a quant à lui annoncé mardi la création "une commission judiciaire de haut niveau dirigée par un juge à la retraite de la Cour Suprême", qui "tranchera sur la réalité et sur le poids de ces allégations".

Réagissant à ces tombereaux de révélations, le président américain Barack Obama considère pour sa part que "la question de l'évasion fiscale est un énorme problème", insistant sur la nécessité de durcir les législations en vigueur et de renforcer la coopération internationale sur ce thème.

A cet égard, le gouvernement français a annoncé mardi qu'il réinscrivait le Panama sur sa liste des paradis fiscaux.

Panama Papers : l'onde de choc

En France, le quotidien français Le Monde, un des participants à l'opération de l'ICIJ, a mis en cause l'entourage de Marine Le Pen, la présidente du Front National (extrême droite), l'un des principaux partis politiques français. L'un des proches cités par le journal, Frédéric Chatillon, a protesté de la "parfaite légalité" des opérations.

Aux Pays-Bas, le quotidien Trouw affirme que parmi les centaines de Néerlandais qui ont fait appel aux services du cabinet panaméen pour créer des sociétés dans des paradis fiscaux, figure l'ancien footballeur international Clarence Seedorf.

Le Monde a en outre placé la banque française Société Générale, dans le top 5 des banques qui ont eu le plus recours à Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore (une pratique qui n'est pas illicite), derrière HSBC, UBS, Crédit Suisse.

- Programme nucléaire -

Certains noms font en revanche planer un nuage plus sulfureux sur les "Panama Papers".

Selon Trouw, John Bredenkamp, un négociant d'armes, a eu "au moins 13 sociétés" via Mossack Fonseca, dont "au moins cinq se sont retrouvées sur des listes internationales de sanctions pour une implication présumée dans la vente d'armes au président du Zimbabwe" Robert Mugabe.

Les médias britanniques BBC et The Guardian font aussi état d'activités allant au-delà de la simple évasion fiscale, affirmant qu'une société écran nord-coréenne utilisée pour financer le programme nucléaire de Pyongyang a figuré parmi les clients de Mossack Fonseca.

DCB Finance, domiciliée à Pyongyang, a été enregistrée dans les Iles Vierges britanniques en 2006 et fut légalement constituée par Mossack Fonseca, qui a cessé de la représenter en 2010. La DCB a été visée à partir de juin 2013 par des sanctions de Washington qui la soupçonnait d'avoir, à compter de 2006, fourni des services financiers à deux entités nord-coréennes jouant un "rôle central" dans la mise au point des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

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2016/04/0515:13
"Panama papers" : le nom du président argentin cité dans une seconde société offshore

Le nom du président argentin Mauricio Macri apparait dans les registres d'une seconde société offshore, Kagemusha, créée en 1981 au Panama, a révélé mardi le quotidien argentin La Nacion, membre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Le président de centre-droit, 57 ans, élu en novembre en promettant de lutter contre la corruption, s'est défendu lundi de toute irrégularité alors que son nom et celui de son père ont été cités dans l'affaire des "Panama papers" pour une première société (Fleg Trading Ltd) domiciliée aux Bahamas, entre 1998 et 2008.

Le père de Mauricio Macri, Franco Macri, un homme d'affaires milliardaire, figure comme président de la société Kagemusha, dotée d'un capital de 10.000 dollars. Enregistrée en 1981, elle serait toujours active, selon la presse.

A cette époque, Mauricio Macri avait 22 ans et travaillait pour le Groupe Macri, fondé par son père.

"Je n'ai rien fait de mal, je suis tranquille", a affirmé lundi M. Macri.

Le chef du gouvernement argentin Marcos Pena a déclaré mardi matin qu'il n'y avait "rien à cacher".

"Il est important de préciser, car il y a de la confusion dans les informations, que le président n'a ni comptes, ni actifs non déclarés. Ni au Panama, ni ailleurs", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Les députés du Front pour la victoire (FPV, gauche), coalition de l'ex-présidente Cristina Kirchner et principale force d'opposition, ont demandé "la création d'une commission d'enquête parlementaire".

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2016/04/0515:04
Grande-Bretagne: sous pression des "Panama papers", David Cameron se défend

Sommé de rendre des comptes sur sa fortune familiale, son père Ian s'étant retrouvé mentionné dans le scandale de fraude fiscale des "Panama papers", le Premier ministre britannique David Cameron s'est défendu mardi en affirmant "n'avoir aucun fonds offshore".

Selon le quotidien The Guardian, Ian Cameron dirigeait un fonds d'investissement basé aux Bahamas, Blairmore Holding, dont les profits ont échappé au fisc britannique pendant trente ans grâce à un montage compliqué via le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.

"Je n'ai aucune action, aucun trust offshore, aucun fonds offshore, rien de tout cela", a déclaré David Cameron mardi, lors d'un déplacement à Birmingham (centre de l'Angleterre) en réponse à un journaliste l'interrogeant pour savoir si l'actuelle fortune familiale était encore placée dans ce fonds offshore.

"J'ai le salaire de Premier ministre et j'ai quelques économies, sur lesquelles je perçois des intérêts, et j'ai une maison, dans laquelle nous vivions mais qui est actuellement louée pendant que nous sommes à Downing Street (la résidence des Premiers ministres britanniques, ndlr) et c'est tout ce que j'ai", a-t-il détaillé.

David Cameron n'a toutefois pas répondu pour sa famille au sens large. Son porte-parole avait indiqué auparavant qu'il s'agissait là d'une "affaire privée", répétant la réponse donnée en 2012 lorsque les premières informations sur les placements offshore de son père Ian, décédé en 2010, étaient apparues.

Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a répliqué en réclamant une enquête indépendante. "C'est une affaire privée dans la mesure où il s'agit d'intérêts privés, mais ce n'est plus une affaire privée si aucun impôt n'a été payé. Il doit donc y avoir une enquête indépendante", a souligné M. Corbyn.

Le leader du Labour a également appelé David Cameron à "cesser de tourner autour du pot" et à agir contre l'évasion fiscale.

-"Des milliards récupérés"-

"Aucun gouvernement, aucun Premier ministre n'a fait davantage pour lutter contre l'évasion fiscale et l'optimisation fiscale agressive à la fois au niveau national et au niveau international", s'est défendu David Cameron depuis Birmingham.

"Nous avons récupéré des milliards de livres dans notre pays en changeant la législation en matière d'impôts", a-t-il ajouté.

Depuis 2010, la lutte contre l'évasion fiscale a rapporté 2 milliards de livres tandis que les changements législatifs ont permis de collecter 12 milliards de livres supplémentaires, selon les chiffres du gouvernement britannique.

"Nous aurons en juin un registre public des propriétés effectives (des entreprises) afin que tout le monde puisse voir qui détient quoi au Royaume-Uni", a ajouté le dirigeant qui doit présider le mois prochain à Londres un sommet anti-corruption et prône régulièrement la lutte contre la corruption et l'amélioration de la transparence.

Ces sujets sont récurrents en Grande-Bretagne, où les territoires d'Outre-Mer de la Couronne britannique sont régulièrement accusés d'être des paradis avant tout fiscaux.

Sous des noms qui font rêver --Anguilla, Bermudes, Îles vierges, Montserrat, Îles Turques-et-Caïques--, ces confettis ont une force de frappe financière insoupçonnée. Les Îles vierges, par exemple, avec leurs quelques dizaines de milliers d'habitants, se placent dans le top 5 des destinations prisées par les investisseurs en Russie et en Chine, selon des chiffres de l'OCDE de 2014.

Selon le Guardian, membre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) en possession des Panama papers), le fonds de Ian Cameron employait une cinquantaine de personnes basées aux Bahamas qui signaient des papiers et jouaient le rôle de trésorier et secrétaire, un arrangement qui n'est pas à proprement parler illégal.

Les "Panama papers" ont mis à jour un vaste système d'évasion fiscale impliquant de hauts responsables politiques, sportifs ou milliardaires à travers le monde, grâce à quelque 11,5 millions de fichiers provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.