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Wall Street a légèrement baissé lundi, tirée vers le bas par une forte baisse des cours pétroliers, à l'issue d'une s...

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2016/04/0413:12
"Panama papers": comment les protagonistes sont passés entre les mailles du filet ?

Montages offshore, sociétés écran, actions au porteur... Le scandale du "Panama papers" met en lumière la sophistication des stratégies d'évasion fiscales utilisées par les fraudeurs. Comment fonctionnent ces instruments ? Sont-ils illégaux ? Sont-ils suffisamment combattus ?

Quels sont les mécanismes utilisés?

Au coeur des stratégies pour dissimuler des avoirs figurent les sociétés écrans, utilisées pour cacher l'identité du propriétaire réel d'un compte ou d'une société.

Parmi elles, on dénombre les "trusts", des structures juridiques "offshore" - autrement dit basées à l'étranger et bien souvent dans des paradis fiscaux - administrées par des personnes qui apparaissent comme les responsables de ces structures. Ce qui permet de passer sous silence l'identité des véritables bénéficiaires, qui échappent à l'impôt de leur pays d'origine.

Selon Daniel Lebègue, président de Transparency International France, interrogé par l'AFP, "il y a des centaines de milliers de trusts dans le monde", à Panama, mais aussi à Guernesey, aux Bahamas ou encore dans les Iles vierges britanniques.

Les fondations sont une autre forme de structure opaque, très utilisée par certains Etats comme le Liechtenstein, précise M. Lebègue.

Le scandale des "Panama papers" met aussi en lumière l'omniprésence, dans les stratégies d'évasion fiscale, des "actions au porteur", ou "bearer shares", des titres permettant de ne pas divulguer l'identité de leur propriétaires, à la différence des actions nominatives.

Sont-ils illégaux?

Recourir à des sociétés "offshore" n'est pas illégal en soi. En France, par exemple, ces sociétés sont autorisées si elles sont déclarées au fisc.

Mais pour M. Lebègue, "derrière ces structures opaques, il y a de l'argent très noir, issu d'activités criminelles (comme le trafic de drogue, le grand banditisme, ou encore le terrorisme), de l'argent noir (issu par exemple de la corruption), et de l'argent gris (tout ce qui tourne autour de l'optimisation fiscale)."

"Il peut y avoir aussi sur ces comptes de l'argent correspondant à des activités autorisées, par exemple dans le financement d'avions, ou de navires, pour des raisons de simplicité administrative", nuance-t-il.

De même, les actions au porteur ne sont pas illégales en soi. "Si la législation d'un pays prévoit une action au porteur, par définition ça n'est pas illégal", souligne à l'AFP Pascal-Saint Amans, qui coordonne la lutte contre les paradis fiscaux à l'OCDE. "En revanche, c'est contraire aux standards internationaux. Non pas l'action au porteur elle-même, mais de ne pas savoir qui est derrière".

Que manque-t-il pour éradiquer l'évasion fiscale?

De nombreux efforts ont été réalisés depuis 2009, sous l'impulsion du G20. Ce processus s'est traduit par un affaiblissement du secret bancaire (90 pays se sont engagés à échanger automatiquement leurs informations financières d'ici 2018) et par un plan de lutte contre l'optimisation fiscale des multinationales, le "BEPS", adopté en novembre, qui les oblige à déclarer leurs activités pays par pays.

Panneau à l'entrée du Liechtenstein en février 2008 à Vaduz. D'après une liste de la Commission européenne publiée en juin, 30 juridictions sont encore jugées insuffisamment coopératives. Parmi elles, le Liechtenstein

Ces efforts n'ont pas tout réglé. Certains pays ne sont pas encore passés aux actes. Même au sein de l'UE, plusieurs offrent la possibilité de créer des sociétés avec des prête-noms. "Le G20 s'est mis d'accord sur l'objectif et le principe" mais tous "n'ont pas encore pris les mesures nécessaires pour ce faire", souligne Daniel Lebègue.

Plus globalement, les pays peinent à mettre un terme à l'opacité, en raison du manque de coopération de certaines juridictions, et de la complexité des techniques utilisées. "Les fraudeurs s'adaptent", explique à l'AFP Antoine Bozio, directeur de l'Institut des politiques publiques (IPP), pour qui "la lutte contre la fraude fiscale se joue notamment sur les techniques financières".

Quels pays posent encore problème?

D'après une liste de la Commission européenne publiée en juin, 30 juridictions sont encore jugées insuffisamment coopératives. Parmi elles, de nombreuses îles des Caraïbes, comme Anguilla et Antigua-et-Barbuda, mais aussi les Seychelles ou le Liechtenstein. L'OCDE, quant à elle, recense 38 juridictions devant faire des progrès.

Un pays concentre les critiques: le Panama, considérée par les ONG comme un mouton noir de la lutte anti-corruption, en raison notamment de son grand nombre de sociétés offshore (près de 100.000) et de sa réticence à rendre plus transparentes les fameuses "actions aux porteurs".

"Le +black money+ s'est concentré dans les juridictions qui restaient les plus opaques, et la plus opaque d'entre toutes, c'est Panama", souligne Pascal Saint-Amans, qui évoque une "ligne de front": "Plus on avance, plus les fraudeurs se concentrent sur les pays qui n'ont pas fait de progrès".

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2016/04/0412:41
Wall Street, prudente, vers une ouverture en légère hausse

La Bourse de New York s'orientait vers une ouverture en légère hausse lundi, restant prudente tout en surveillant les cours du dollar et du pétrole avant de nouvelles informations sur la politique monétaire américaine.

Vers 12H25 GMT (14H25 à Paris), le contrat à terme sur l'indice Dow Jones Industrial Average, qui donne une indication sur son évolution future, prenait 0,03% lors des échanges électroniques, celui sur le Nasdaq 0,09% et celui sur le S and P 500 0,12%.

Wall Street avait fini en hausse vendredi, rassurée par de bons indicateurs sur l'économie américaine qui ont permis de passer outre les accès de faiblesse du pétrole et des autres Bourses.

Les marchés d'actions américains "semblent prêts à reprendre où ils en étaient vendredi alors que les investisseurs attendent la diffusion au courant de la semaine des minutes de la dernière réunion de politique monétaire" de la banque centrale américaine, remarque Mickael Hewson de CMC Markets.

La semaine dernière, les investisseurs ont été particulièrement sensibles aux propos de la président de la Réserve fédérale Janet Yellen, qui a prévenu que l'institution ne relèverait ses taux qu'à un rythme très progressif, maintenant ainsi la perspective d'une politique prolongée de soutien à l'économie.

En attendant lundi, les contrats à terme sur les indices américains "évoluent en légère hausse dans le sillage de la baisse de l'euro face au dollar et d'une digestion des statistiques économiques américaines de vendredi", estime également John Plassard de Mirabaud Securities.

Les cours du pétrole, qui hésitaient lundi après avoir fortement reculé vendredi, restent aussi dans le viseur des courtiers.

A l'agenda des indicateurs figurent les chiffres sur les commandes industrielles en février.

Sur le front des valeurs, la compagnie aérienne Virgin America bondissait de 40,36% dans les échanges électroniques après l'annonce de son rachat par Alaska Air (-4,28%) dans une opération la valorisant à 4 milliards de dollars.

Le fabricant de voitures électriques Tesla, qui a indiqué dimanche avoir enregistré 276.000 commandes en trois jours pour son futur modèle d'entrée de gamme (Model 3), gagnait 4,17%.

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2016/04/0412:40
Le Premier ministre islandais dans la tourmente des "Panama papers"

Le jeune Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson se retrouve dans la tourmente des "Panama papers", enquête journalistique qui révèle ses avoirs dans un paradis fiscal, et qui pourrait provoquer sa chute.

Selon des documents publiés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), M. Gunnlaugsson, 41 ans, a possédé avec sa femme une société dans les îles Vierges britanniques, jusqu'à ce qu'il lui cède ses parts fin 2009 pour un dollar symbolique.

Quand il a été élu député pour la première fois en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine.

L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique et ses dirigeants et cadres usaient et abusaient des sociétés écran.

La défense du chef de gouvernement est simple: lui n'a jamais caché d'argent à l'étranger, et sa femme est en règle avec le fisc islandais. "Elle n'a jamais utilisé de paradis fiscal, et on ne peut pas dire non plus que sa société est une société offshore dans le sens où elle paierait des impôts à l'étranger plutôt qu'en Islande", a-t-il écrit sur son site internet.

"Je n'ai pas envisagé de démissionner à cause de cela et je ne démissionnerai pas à cause de cela", a-t-il insisté lundi, interrogé par la chaîne Stöd 2.

Lors d'un entretien avec la télévision suédoise SVT réalisé le 11 mars et diffusé pour la première fois dimanche, il s'était montré très mal à l'aise, au point de quitter la pièce quand les questions sont devenues pressantes. "On rend suspect quelque chose qui ne l'est pas", s'agaçait-il.

Fils de député et à l'origine journaliste, M. Gunnlaugsson était censé incarner une rupture avec la classe politique, y compris celle de son parti, qui avait fermé les yeux sur la frénésie d'expansion des banques islandaises. Celle-ci s'est terminée par une crise financière historique, une récession, et un sauvetage du Fonds monétaire international.

L'épouse du Premier ministre, Anna Sigurlaug Palsdottir, 41 ans également, est la fille d'un homme d'affaires qui a fait fortune en étant concessionnaire des voitures Toyota dans le pays.

Le 15 mars, c'est elle-même qui avait rendu publique sur Facebook l'existence de la société que le couple a créée en 2007, appelée Wintris, pour gérer la fortune dont elle a hérité. Elle y expliquait qu'avec l'aide du cabinet de conseil KPMG, elle avait fait en sorte de payer tous ses impôts en Islande.

- Manifestations prévues -

Depuis, l'opposition réfléchit au dépôt d'une motion de défiance. Cela devrait être fait lundi, pour un vote selon toute vraisemblance soumise dans la semaine.

L'opposition de gauche devrait certainement l'appuyer, tandis que le parti du chef de gouvernement, le Parti du progrès, devrait s'y opposer. Dans ce cas, le sort du gouvernement serait décidé par la deuxième formation de la coalition gouvernementale, le Parti de l'indépendance (droite), qui apparaît divisé sur la question.

Que M. Gunnlaugsson se soit rendu coupable d'évasion fiscale reste à prouver. Mais politiquement, sa position est devenue intenable.

L'ancienne chef du gouvernement islandais, Johanna Sigurdardottir, à Berlin, le 11 juillet 2011

"Le Premier ministre doit immédiatement démissionner" car il "a fait preuve de sa méfiance envers la monnaie et l'économie islandaises en plaçant son argent dans un paradis fiscal", a lancé dimanche soir l'ancienne chef de gouvernement, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir.

Plus gênant peut-être: Wintris a détenu des créances auprès des banques islandaises en faillite. Or M. Gunnlaugsson a percé en politique après avoir mené un mouvement de fronde, couronné de succès, contre les conditions drastiques auxquelles l'Islande était censée rembourser d'autres pays lésés par la faillite de ces banques.

"C'est triste que ceux qui veulent et affirment montrer l'exemple disent que le fondement c'est de croire en l'Islande, et ensuite décident qu'il vaut mieux placer leur argent ailleurs", a commenté l'historien et intellectuel Gudni Johannesson auprès de la télévision publique RUV.

La commission constitutionnelle du Parlement se réunissait lundi.

Des manifestations sont prévues dans la semaine à Reykjavik, la première lundi en fin de journée. Plus de 24.000 personnes, dans un pays de 320.000 habitants, avaient signé dans l'après-midi une pétition en ligne appelant à la démission du Premier ministre.

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2016/04/0412:18
Paradis fiscaux: Vladimir Poutine est la "cible principale" de l'enquête journalistique

Le président russe Vladimir Poutine est la "principale cible" des "Panama papers", qui s'attaquent notamment à ses proches, a dénoncé lundi le Kremlin, évoquant une enquête journalistique pleine d'"inventions" et de "falsifications" visant à "déstabiliser" le pays.

"Poutine, la Russie, notre pays, notre stabilité, les prochaines élections sont la cible principale. Il s'agit de déstabiliser" le pays, a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes.

"Je sais qu'il y a d'autres noms (incriminés dans l'enquête), mais il est clair que la cible principale de ces attaques est notre pays et son président", a-t-il poursuivi.

"Il n'y a rien de concret ou de nouveau sur Poutine, il n'y a pas de détails, et tout le reste se fonde sur des spéculations", a encore estimé M. Peskov, en ajoutant que Moscou n'avait pas l'intention de poursuivre en justice les auteurs de l'enquête.

"Nous connaissons bien cette soi-disant communauté journalistique. Il y en a de nombreux parmi eux dont le journalisme n'est pas l’activité principale. Beaucoup sont d’anciens employés du Département d’État, de la CIA, d’autres services secrets", a-t-il affirmé.

Selon les révélations des "Panama papers", enquête réalisée par une centaine de journaux dont le russe Novaïa Gazeta, des associés du président russe auraient détourné jusqu'à deux milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés écrans, obtenant ainsi de l'influence auprès des médias et de l'industrie automobile.

L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par l'enquête est son ami d'enfance Sergueï Roldouguine, dont les sociétés auraient racheté d'immenses pans de l'économie russe à travers d'autres compagnies offshore, par un savant jeu de poupées russes.

"Roldouguine et de nombreuses autres personnes font toujours partie des amis de Poutine. Poutine a énormément d'amis en Russie et à l'étranger", s'est contenté de répondre M. Peskov, interrogé sur les liens entre le violoncelliste et le président russe.

"Il est évident que le niveau de poutinophobie a atteint un tel niveau qu'il est impossible de dire quoique ce soit de positif à propos de la Russie", a-t-il affirmé.

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2016/04/0411:31
Royaume-Uni: discussions sous tension autour de possibles repreneurs de Tata Steel

Les discussions s'intensifiaient lundi pour trouver des repreneurs aux activités de Tata Steel au Royaume-Uni, tandis que les syndicats maintenaient la pression sur un gouvernement accusé d'avoir fermé les yeux sur cette crise historique de la sidérurgie britannique.

Le Royaume-Uni restait sous le choc, cinq jours après l'annonce par le géant indien qu'il envisageait de vendre ses activités britanniques qui emploient environ 15.000 personnes.

L'ensemble de la filière et sa cinquantaine de milliers de salariés est depuis plongé dans une crise ouverte, particulièrement bruyante dans un pays où la sidérurgie garde une place à part dans les cœurs depuis la révolution industrielle qui assit la prospérité du pays et dont elle fut un des fers de lance.

Des médias mettaient en avant l’approfondissement de négociations entre des repreneurs potentiels et Tata Steel, le tout sous l'égide du gouvernement conservateur de David Cameron, qui cherche à redorer son blason dans cette affaire.

Le ministre des Entreprises Sajid Javid (d) face à des ouvriers de l'acier à Port Talbot au pays de Galles, le 1er avril 2016

La présence à Londres d'un magnat indien du secteur, Sanjeev Gupta, était notamment évoquée, la BBC affirmant qu'il avait entamé des discussions préliminaires avec les autorités pour la reprise d'une partie des activités, y compris du site symbole de Port Talbot au Pays de Galles.

Jointe par l'AFP, l'entreprise de M. Gupta, Liberty House, n'a souhaité faire aucun commentaire. Cette firme, spécialisée dans les activités "aval" de la sidérurgie comme la transformation et la distribution, a récemment repris deux petites usines de Tata Steel en Ecosse.

Le quotidien The Guardian assurait pour sa part qu'une firme d'investissement, Greybull Capital, était sur le point de boucler la reprise des activités de "produits longs" de Tata Steel à Scunthorpe, une vaste usine du Lincolnshire (est de l'Angleterre). Dans ce cadre, elle pourrait redonner vie à la marque British Steel, la société nationale de la sidérurgie britannique privatisée à la fin des années 1980 sous Margaret Thatcher.

- Barrières tarifaires européennes -

En première ligne avec Port Talbot (4.000 emplois directs), le Pays de Galles a convoqué pour sa part son assemblée en urgence, où devait être entendu le Premier ministre du gouvernement régional, le travailliste Carwyn Jones.

Interrogé sur BBC Radio Wales, M. Jones a reproché au gouvernement central de Londres de s'être opposé aux efforts de l'Union européenne (UE) pour élever ses barrières tarifaires afin de protéger son acier, particulièrement face aux importations chinoises.

"L'Europe pourrait le faire, mais le gouvernement britannique les en a empêchés", a-t-il lancé, reprenant des accusations lancées vendredi, notamment par le lobby européen de l'acier, comme quoi Londres aurait laissé sa sidérurgie s'enfoncer dans la crise pour maintenir de bonnes relations avec Pékin.

Photo prise le 17 octobre 2015 de l'usine Tata de Scunthorpe (nord-est de l'Angleterre)

Le bouillant maire de Londres Boris Johnson, qui fait campagne pour un départ du Royaume-Uni de l'UE à l'occasion du référendum du 23 juin prochain, a lui même convenu du fait que "le Royaume-Uni a été l'un des pays qui ont fait du lobbying contre des taxes" européennes face au dumping.

Dans ce contexte, le gouvernement conservateur promet de faire le maximum pour permettre à l'activité de perdurer, laissant miroiter une incitation financière à d'éventuels repreneurs, tout en se disant peu favorable à une nationalisation.

"Tata va bientôt publier une offre (...). Nous allons aussi offrir un soutien pour conclure (un accord avec) l'acheteur et donner à cette usine sidérurgique un futur viable et de long-terme", a expliqué dimanche le ministre aux Entreprises Sajid Javid, lui-même mis en cause pour s'être absenté en Australie au moment où Tata Steel décidait, à Bombay, d'un pan de l'avenir sidérurgique britannique.

Les syndicats du secteur entendaient bien maintenir la pression à son endroit et réunissaient leurs représentants de tout le pays lundi dans la capitale.

"La confusion et l'absence de politique claire ces jours derniers nous poussent à demander un rappel d'urgence du Parlement et une prise en main par le Premier ministre", a souligné Tony Burke, du syndicat Unite.

Le Parti travailliste a aussi appelé à une réunion en urgence de la Chambre des communes, actuellement en pause pascale, mais le pouvoir l'a refusée.

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2016/04/0411:19
Séries télé: Studiocanal (Canal+) entre dans la cour des grands

Jusqu'ici tourné vers le cinéma, Studiocanal, la société de production de Canal+, est entré au capital du premier studio indépendant espagnol, Bambu, et de deux studios britanniques, pour devenir "un des premiers producteurs européens de séries", ont annoncé ses dirigeants lundi au MIPTV de Cannes.

Studiocanal a acquis 33% (avec possibilité à terme de devenir majoritaire) de Bambu Producciones, le studio espagnol qui vient d'être choisi par Netflix pour produire sa première série originale en Espagne. Bambu produit aussi des séries en anglais avec la BBC, entre autres.

Studiocanal a aussi pris 20% de Urban Myth, studio britannique créé notamment par les créateurs des séries internationales "Merlin" et "Misfits". La filiale de Canal+ a enfin acquis 20% de Sunny March TV, la société de production créée par Benedict Cumberbatch (acteur de "Sherlock", "Imitation Game"...), avec le producteur Adam Ackland.

Grâce à ces rachats, Studiocanal, jusqu'ici très majoritairement centré sur le cinéma, veut désormais se consacrer presqu'autant aux séries. Le groupe vise des ventes mondiales de séries ancrées dans la culture européenne, créées par des auteurs et réalisateurs reconnus qui garderont leur indépendance.

"Studiocanal est le premier producteur de films en Europe. Nous voulons maintenant nous développer davantage dans la télé", a résumé le président du studio, Didier Lupfer, lors d'une conférence de presse au MIPTV.

Actuellement, Studiocanal réalise 15% de son chiffre d'affaires dans la télévision (contre 60% pour le cinéma). Mais il souhaite monter à 25% en télévision, avec environ 20 séries par an, sur un chiffre d'affaires en croissance (600 millions d'euros en 2015), a précisé Romain Bessi, son directeur général.

Avec ces rachats, Studiocanal renforce son réseau européen. Déjà en 2013, le groupe avait acquis le studio britannique Red et l'allemand Tandem, et créé en Scandinavie SAM avec les auteurs des séries "Borgen" et "The Killing", Adam Price et Soren Sveistrup. Il vient aussi d'annoncer début mars un partenariat avec le romancier américain Harlan Coben, qui s'est lancé dans la production de séries télé.

"Avec nos sept sociétés partenaires, dont quatre britanniques, nous avons plus d'une centaine de projets en développement en télévision", a précisé Didier Lupfer.

Studiocanal veut poursuivre ses partenariats : "Nous sommes complètement ouverts à une extension de notre réseau, et si cela fait sens, y compris en Italie, nous le ferons", a souligné Didier Lupfer, qui vise d'abord l'Europe.

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2016/04/0411:14
Paradis fiscaux: après le choc des "Panama papers", plusieurs pays ouvrent des enquêtes

Plusieurs pays ont ouvert des enquêtes pour blanchiment dans la foulée des révélations de l'opération "Panama papers", qui lève le voile sur un vaste système d'évasion fiscale impliquant hauts responsables politiques, sportifs ou milliardaires.

Séisme politique en Islande, lancement d'enquêtes en France, en Espagne et en Australie, indignation de la Russie, démentis en cascade: les répercussions de la divulgation par une centaine de journaux dans le monde de quelque 11,5 millions de documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca ont été immédiates.

La justice panaméenne a annoncé lundi soir l'ouverture d'une enquête sur les "faits décrits sous l'appellation +Panama papers+", qui devra établir si des infractions ont été commises, par qui, et identifier les éventuels dommages financiers. Le gouvernement de ce pays, régulièrement mis en cause pour l'opacité de son système financier, avait assuré dimanche qu'il "coopérerait vigoureusement" avec la justice.

Des noms de l'entourage des présidents russe Vladimir Poutine, chinois Xi Jinping, syrien Bachar al-Assad ou du roi marocain Mohammed VI, apparaissent dans ces documents, ainsi que ceux de sportifs célèbres comme Michel Platini ou Lionel Messi.

Ce dernier, réfutant des "accusations injurieuses", a démenti toute évasion fiscale affirmant que la société panaméenne créée par d'anciens conseillers fiscaux de sa famille n'avait même jamais eu de fonds.

A Moscou, la réplique a été cinglante, visant directement les Etats-Unis: l'enquête a été menée notamment par des "anciens employés du département d'Etat, de la CIA et des services secrets" et compte plein d'"inventions", a accusé un porte-parole.

La "cible principale" de l'enquête, selon laquelle des proches de Vladimir Poutine auraient détourné jusqu'à 2 milliards de dollars, serait la Russie et son président dans le but de "déstabiliser" le pays, a-t-il assuré.

- Enquêtes du fisc -

Panama Papers : le sport professionnel épinglé

Le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson, qui aurait créé une société dans les îles Vierges britanniques pour y cacher des millions, est aussi dans la tourmente: il a exclu de démissionner, malgré les milliers de manifestants à Reykjavik lundi soir. Une motion de censure a été déposée par l'opposition, qui sera soumise au vote à une date indéterminée.

Alors que recourir à des sociétés "offshore" n'est pas illégal en soi, plusieurs personnalités évoquées dans les "Panama papers" ont tenté de se dédouaner.

En Ukraine, sans nier l'existence de comptes aux îles Vierges Britanniques, le président Petro Porochenko a ainsi assuré respecter la loi à la lettre.

En Argentine, le président Mauricio Macri, cité comme directeur d'une entreprise basée aux Bahamas, a lui aussi nié toute irrégularité.

Également mise en cause pour des biens immobiliers à Londres gérés via le cabinet panaméen, la famille du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s'est défendue de tout acte illégal.

Panama Papers: 9 mois d'enquête sur l'évasion fiscale

Plusieurs gouvernements ont déjà engagé des procédures. La justice française a ouvert une enquête pour "blanchiment de fraudes fiscales aggravées", les pratiques dévoilées étant "susceptibles de concerner des résidents fiscaux français".

En Espagne, la justice mais aussi le fisc ont ouvert des enquêtes, et le fisc néerlandais promet de s'intéresser aux possibles cas d'évasion fiscale. L'Australie a lancé des investigations sur 800 clients de Mossack Fonseca.

Près d'une trentaine de banques allemandes, parmi lesquelles Deutsche Bank et Commerzbank, auraient eu recours aux services de Mossack Fonseca, selon le Süddeutsche Zeitung, le quotidien qui a obtenu le premier les documents cryptés, transmis par un lanceur d'alerte dont l'identité est secrète.

- 'Côté obscur' -

Plusieurs ONG anti-corruption ont appelé à l'interdiction pure et simple des sociétés écrans anonymes, à l'instar de Transparency International pour qui elles représentent "le côté obscur du système financier mondial".

Les détails continuaient à affluer lundi alors que les journaux promettent d'égrener les révélations au fil des jours.

Le président argentin M. Macri, le Cheikh Khalifa émir d'Abou Dabi et président des E.A.U., le roi d'Arabie saoudite Salman bin Abdulaziz, le président ukrainien Petro Porochenko et le Premier ministre islandais, Sigmundur D. Gunnlaugsson

Sur la liste hétéroclite du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), au-delà des responsables politiques, figurent aussi des célébrités comme l'acteur hong-kongais Jackie Chan, le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, des personnalités du sport comme le golfeur Nick Faldo et même un membre de la commission d'éthique de la Fifa.

Le quotidien Le Monde s'est engagé à divulguer le nom d'un "grand parti politique français".

L'émission télévisée française Cash Investigation promet aussi de dévoiler des informations sur plusieurs personnalités, dont l'homme d'affaires Patrick Drahi, mais aussi sur les pratiques de la banque Société Générale.

A travers le monde, plus de 214.000 entités offshore sont impliquées dans les opérations financières dans plus de 200 pays et territoires selon les révélations du consortium, qui couvrent une période de près de 40 ans allant de 1977 à 2015.

Pour le cabinet d'avocats Mossack Fonseca, leur publication est un "crime" et une "attaque" contre le Panama.

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2016/04/0410:33
Trains de nuit: Transdev s'interroge sur les intentions de l'Etat

L'opérateur français de transports en commun Transdev a mis en doute lundi la volonté du secrétaire d'Etat aux Transports de permettre à de nouveaux opérateurs d'exploiter les lignes de trains de nuit déficitaires dont l'Etat va se désengager.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a publié vendredi "l'appel à manifestation d'intérêt" (AMI) qui doit permettre à des opérateurs concurrents de la SNCF de proposer une solution pour reprendre l'exploitation commerciale des six lignes de nuit que l'Etat ne financera plus.

Dans un communiqué, Transdev, repreneur potentiel, analyse le texte de l'AMI et estime qu'il suscite "essentiellement doutes et réserves".

"Deux mois seulement sont laissés aux entreprises ferroviaires pour présenter une offre complète répondant à l'ensemble des problématiques sociales, industrielles et commerciales", regrette ainsi Transdev.

Par ailleurs, l'opérateur souligne que le ministère "n'assure ou ne garantit ni le transfert du personnel ni la mise à disposition du matériel roulant", ce qui devrait limiter les velléités de reprise.

Il s'interroge aussi sur le fait que des "données fondamentales telles que les résultats de trafic et le niveau de charges par ligne actuels" ne sont pas fournies par le ministère.

- "Erreurs grossières" -

Il relève par ailleurs des "erreurs grossières" dans la description des lignes concernées par l'AMI, citant par exemple "les tensions d'électrification dans le sud-est du pays".

Alain Vidalies, ministre des Transports, le 25 mars 2016 à Tarbes

Enfin, "la possibilité pour les collectivités territoriales de répondre à l'AMI et de se substituer à l'Etat dans le financement des trains de nuit n'est même plus mentionnée".

"Face à ce constat, Transdev ne peut dès lors que s'interroger sur la volonté du secrétaire d'Etat aux Transports de permettre réellement à de nouveaux opérateurs ferroviaires de proposer des schémas d'exploitation alternatifs de nature à assurer la pérennité, voire le développement des trains de nuit", conclut le communiqué.

L'opérateur était pressenti par les experts du secteur comme l'un des acteurs susceptibles de reprendre l'exploitation de lignes de nuit.

Il avait déjà dénoncé "une ouverture en faux semblants pour des lignes en très grande difficulté, voire condamnées", lorsque l'Etat avait annoncé son désengagement le 19 février dernier.

Dans un communiqué, l'Association française du rail (Afra), dont fait partie Transdev, a, elle, jugé "décevant" l'appel à manifestation d'intérêt.

"Force est de constater que les choix opérés ne sont pas favorables au ferroviaire alors même que 79% des Français considèrent l'arrivée de nouveaux opérateurs dans le transport de voyageurs comme une bonne chose", souligne l'association, qui milite pour une ouverture à la concurrence du secteur.

"L'Afra demande donc au secrétaire d'Etat chargé des Transports (...) de donner tous les éléments utiles pour que les nouveaux entrants puissent faire des offres performantes", poursuit le communiqué.

Les trains de nuit représentent en moyenne 25% du déficit des trains Intercités alors qu'ils ne transportent que 3% des passagers.

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2016/04/0410:32
Fusion entre les compagnies Alaska Air et Virgin America

La compagnie aérienne américaine Alaska Air va acquérir Virgin America, valorisée 4 milliards de dollars, créant ainsi la cinquième compagnie aérienne aux Etats-Unis, ont annoncé les deux groupes lundi.

Cette transaction se fera à un cours de 57 dollars par action de Virgin America, ce qui porte sa valorisation à 4 milliards de dollars compte-tenu de sa dette et de la valeur de sa flotte.

Vendredi à la clôture, le titre Virgin s'échangeait à 38,56 dollars. Lundi, il prenait près de 42% à 55,22 dollars, se rapprochant du prix de l'offre.

Le nouveau groupe issu de ce rapprochement va permettre de créer la première compagnie aérienne de la côte ouest des Etats-Unis, avec 1.200 départs quotidiens pour un total de plus de 175.000 passagers, ont affirmé les deux transporteurs.

Il concentrera ses activités sur la côte ouest, de la Californie à l'Alaska, avec des liaisons au départ de Seattle, San Fransisco et Los Angeles, et visera à augmenter celles vers la côte est, principalement Washington et New York.

- Coup aux ambitions de Richard Branson -

Cette fusion met fin à un bras de fer entre JetBlue et Alaska qui cherchent à augmenter leur taille pour rivaliser avec les "big four" - Southwest Airlines, United Airlines, Delta Air Lines et American Airlines. Ces quatre compagnies se partagent le marché aérien régional aux Etats-Unis.

Elle porte en outre un coup aux ambitions dans le ciel américain de l'homme d'affaires britannique Richard Branson, qui avait fondé Virgin America en 2007 et espérait bousculer la hiérarchie avec l'aide du boom des prix du kérosène.

"En 2007, quand la compagnie est entrée en service, 60% de l'industrie était déjà consolidée. Aujourd'hui, les quatre principales compagnies aériennes contrôlent plus de 80% du marché américain. La consolidation est malheureusement une tendance qui ne peut être stoppée" a reconnu lundi M. Branson.

Le milliardaire, dont la principale société, Virgin Group, est basée à Londres, était par ailleurs limité par la législation américaine qui interdit à un étranger de détenir plus de 25% d'une compagnie aérienne opérant aux Etats-Unis.

Cette règle avait forcé Richard Branson à introduire en Bourse Virgin America en novembre 2014. Au terme de cette opération, l'homme d'affaires et le fonds américain Cyrus Capital Partners détenaient ainsi ensemble 54% du capital.

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2016/04/0409:33
Des viticulteurs de l'Aude vident des cuves de vin espagnol à la frontière

Plus d'une centaine de viticulteurs ont installé lundi un barrage filtrant au péage du Boulou (Pyrénées-Orientales), à une dizaine de km de la frontière franco-espagnole, déversant du vin pour dénoncer les importations à bas prix en provenance des pays du sud, a constaté un photographe de l'AFP.

Les viticulteurs, partis du département voisin de l'Aude et rejoints par une quinzaine de vignerons des Pyrénées-Orientales, bloquaient les camions-citernes espagnols contenant du vin, en vidaient partiellement ou totalement les cuves sur le tarmac.

Les citernes de deux camions ont ainsi été déversées, créant une rivière de vin sur l'autoroute. Trois autres camions ont pu repartir avec les cuves à moitié vides, avec l'inscription "vin non conforme" tracée sur la remorque.

Des viticulteurs ont ouvert le robinet d'un camion-citerne espagnol créant une rivière de vin sur l'autoroute à Boulou (Pyrénées-Orientales), à une dizaine de km de la frontière franco-espagnole, le 4 avril 2016

"On protège notre production" contre la concurrence de vins à bas prix venus d'Espagne et d'Italie, a déclaré à l'AFP Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons de l'Aude, soulignant que ce type d'opération, dont c'était la première lundi matin, devrait se multiplier dans les prochaines semaines.

Les petits producteurs du Languedoc-Roussillon subissent de plein fouet "un record historique" d'importations sur le sol français de vins à 32 euros l'hectolitre contre 78 euros pour le vrac dans l'Aude: 7,2 millions d'hectolitres ont ainsi été importés en 2015, dont 5,6 d'Espagne, selon les chiffres de M. Rouanet.

"On protège notre prix", a ajouté le président des vignerons de l'Aude, sinon "ça va entraîner une dégringolade de notre production".